Red Queen, tome 3 : King's Cage - Un retour en bonne grâce plein de promesses

31/12/2017

Titre : Red Queen, tome 3 : King's Cage

Auteur : Victoria Aveyard

Editions : Editions du Masque (Msk)

Prix : 19,00 €

Parution : 26 avril 2017

Nombre de pages : 599 pages

Genre : Young Adult, Fantastique

Résumé : Mare Barrow a échangé sa liberté contre celle de ses amis. Retenue prisonnière par l’homme qu’elle aimait autrefois et désormais roi, Maven, elle est dans l’incapacité d’utiliser son pouvoir et subit maintes humiliations et mauvais traitements.
Pendant ce temps, la rébellion continue de s’organiser, de s’entraîner et d’étendre son influence, plus que jamais décidée à lutter contre l’oppresseur. Mais en l’absence de la faiseuse d’éclairs, qui mènera cette armée au bout de son ambition ?
Un troisième et avant-dernier tome tout en tension, où une simple étincelle peut provoquer le plus destructeur des incendies et où la moindre goutte de sang peut engendrer le plus terrible massacre.

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La taille d’une déception est souvent proportionnelle à l’attente qu’on porte à la personne. Cette citation s’applique aussi bien pour une personne que pour un livre. Alors que Red Queen avait fait forte impression avec son tout premier tome, le second, Glass Sword, nous avait complètement refroidis, en atteste la chronique postée l’an dernier par ma consœur dont je partage la déception. Une déception si grande que l’on était en droit de douter de la possibilité de retrouver l’entrain du premier opus dans les tomes suivants. Car loin d’être une trilogie, la saga sera finalement créditée d’un quatrième tome pour clôturer l’histoire imaginée par Victoria Aveyard. Mais avant de penser à ce futur tome 4 prénommé War Storm (un titre qui promet de belles choses), attardons-nous sur le 3ème tome : King’s Cage.
Que vaut-il ? Apporte-t-il quelque chose de neuf ? Et surtout, ce nouvel opus a-t-il réussi à me réconcilier avec la saga?

Déjà, premier point positif pour moi qui ai commencé la saga en version poche : j’ai été ravie de découvrir dans la version grand format une carte du monde de nos héros. C’est beaucoup plus concret d’avoir en tête un espace imaginaire et cela permet de mieux s’immerger dans le récit. Car pour moi, tout ce qui était en rapport avec les distances, les villes et autres était décidément bien flou. Si je me suis décidée à poursuivre cette lecture, c’est avant tout parce que les toutes dernières pages du tome 2 avaient attisé ma curiosité. Souvenez-vous, Mare la faiseuse d’éclairs au sang-neuf avait été contrainte de pactiser avec son pire ennemi, le prince Maven. En mauvaise posture, elle avait accepté à contrecœur d’échanger sa liberté contre celle de ses amis. Ainsi, Mare se retrouvait pieds et poings liés à la merci de son ancien fiancé dans sa cour où complots et trahisons menacent le jeune roi.

Un choix risqué puisqu’il est question encore une fois de captivité, motif déjà vu dans le tome 1, mais qui est abordé sous un autre œil puisque les enjeux et les personnages ont bien évolué. En effet, Mare connaît sa nature (sang-neuf), elle a une réputation (la dangereuse faiseuse d’éclairs) et surtout, elle est crainte par ses ennemis et adulée par le peuple. Le problème qu’aurait pu poser la captivité de Mare dans ce tome aurait pu venir du fait qu’on est plus axé sur le monde extérieur et les autres personnages. Mais là encore, l’auteur a eu la bonne idée de multiplier les points de vue avec en l’occurrence ceux de la provocante et fougueuse Cameron et de la piquante et vénéneuse Evangeline. Un choix assez critiqué sur les réseaux mais complètement justifié et logique après lecture. Nous nous retrouvons donc uniquement avec des points de vue féminins, qui apportent beaucoup à l’intrigue de base et qui complexifient notre rapport à eux, sur leur motivation, leurs questionnements et leurs dilemmes. Cela donne de l’épaisseur à l’ensemble des personnages et surtout, les sort du manichéisme que l’on voit trop souvent dans les récits.

Je me suis étonnamment pris d’affection pour Evangeline qui se dévoile comme jamais ici. Loin de la froideur à laquelle elle nous avait habitués, on découvre une facette plus sentimentale d’elle sans que ça ne dénature son caractère. Sa vision du monde et des enjeux enrichit grandement l’œuvre. Pour Cameron, c’est une autre paire de manches, c’est un personnage intéressant en tant que sang-neuf, qui m’a fait beaucoup penser à Malicia des X-Men, mais qui comme elle manque de piment. L’auteur l’efface rapidement une fois qu’elle a rempli son rôle, ce qui est regrettable au vu de sa personnalité. Bien sûr, beaucoup auraient voulu avoir accès à l’intériorité de Farley, qui jouit d’une grande popularité dans cette série, ou de Cal, mais pour la première les mystères qui l’entourent son révélés dans un hors-série en VO (malheureusement) qui lui est consacré sur Internet, et pour le second, en apprendre plus sur le prince n’a pas de grand intérêt ici.

Mais qu’en est-il de Mare ? Et bien le personnage, qui était très agaçant dans le tome précédent, est beaucoup plus supportable ici. Je peux même affirmer que ce petit tour en prison lui a remis les pieds sur terre. Je réaffirme qu’il y a beaucoup de Katniss en elle, mais qu’elle reste en deçà de l’héroïne de Suzanne Collins. Encore meurtrie par la mort prématurée de son frère et par les mauvais traitements de sa captivité, on retrouve l’héroïne dans un état proche de la dépression (comme Katniss). Par cette expérience, le personnage se recentre sur elle et ses objectifs, et en ressort plus mûre et surtout bien décidée à briser ses chaînes. J’ai aimé cette Mare-là. Une Mare courageuse mais pas téméraire, blessée mais pas abattue, qui reste fidèle à ses principes.

Mais la véritable révélation du livre, c’est Maven. Ce personnage est juste parfait, un méchant comme je les aime car notre rapport à lui est ambigu. Oui on le déteste pour ses manigances, sa cruauté et sa trahison à l’encontre de Mare et de Cal, mais on l’adore pour sa psychologie, ses tourments, son background et surtout cette obsession irraisonnable pour Mare. A un point tel que dans un moment de faiblesse, on aimerait le voir triompher. Car au fond, que ce soit en tant que monarque ou simple homme, ce n’est pas un mauvais bougre ; juste un mec brisé de la pire des manières (genre Dark Vador, le côté obscur de la force, toi-même tu sais). Les scènes où il interagit avec Mare, que ce soit en public ou en privé, sont intenses et chargées en émotion. C’est comme assister à un drame shakespearien. C’est définitivement mon personnage préféré, à côté de lui Cal fait pâle figure. Tout ce qu’il fait est prévisible car il ne sort pas du stéréotype du gentil héros amoureux de l’héroïne. D’ailleurs, l’auteur ne lui apporte rien, il stagne dans son évolution, ce qui est dommage car il a du potentiel qui je pense nous sera révélé dans la suite. Les autres personnages, plus ou moins secondaires pour certains, tiennent la route, mais je n’en dirai pas plus pour que vous puissiez vous forger votre propre opinion sur eux. Tout ce que je peux affirmer, c’est qu’il y a pas mal de nouveaux très intéressants à suivre.

Concernant la structure du livre, le récit est divisé en deux parties avec trois points de vue comme dit en amont. Si la première est géniale à suivre et bien rythmée malgré quelques petites longueurs, la seconde m’a un peu rappelé la manière dont l’action est racontée dans le tome 2, et par conséquent cela a ralenti ma lecture. Après trois livres lus de cette auteure, j’ai l’impression que lorsqu’il s’agit de narrer les actions ou les batailles, son style devient lourd et difficile à suivre. Selon moi, il est beaucoup plus aisé de la lire lorsqu’elle parle d’une situation calme ou des sentiments d’un personnage. Résultat : le final épique qu’elle nous propose à la fin, je l’ai lu en diagonale comme le tome 2, ce qui est dommage.

Enfin, je terminerai par l’intrigue. Si la fuite de la Garde Écarlate et leur quête de sangs-neufs m’avaient laissée de marbre, ici j’ai retrouvé des enjeux plus passionnants à suivre. Il est question de politique, de stratégies et d’alliances d’une part pour délivrer Mare, de l’autre pour combattre les Argents. Il y a aussi le danger à la cour de Norta, où les différentes maisons montrent leur vrai visage concernant leur allégeance au trône et à son roi. On en découvre un peu plus sur la mise en place des castes rouge, argent ainsi que la découverte des sangs-neufs. On a aussi des éléments sur la création du royaume de Norta et sur leur rapport avec les royaumes voisins, de quoi étendre l’univers de ce monde fictif. Malheureusement, la réflexion sur la ségrégation ou les réseaux d’influence sur la population est faible. C’est d’ailleurs ce que je reproche à la saga : se concentrer exclusivement sur la Garde Écarlate ou la couronne de Norta, mais oublier de donner une voix assez forte au peuple. Oui, il y a des allusions à la propagande, mais pas assez marquées pour qu’on y prête vraiment attention.

En conclusion, King’s Cage me réconcilie avec la saga de Victoria Aveyard. J’y ai retrouvé tout ce qui me plaisait dans le premier tome. L’intrigue est captivante et réserve quelques surprises. L’auteur développe et complexifie de plus en plus son univers et les enjeux qui vont avec. Mais le véritable point fort de cet opus, ce sont les personnages, avec une héroïne plus mature et des ennemis plus surprenants que jamais. Malgré tout, je regrette une écriture trop lourde sur les séquences d’action et des longueurs à certains moments. Alors si comme moi vous aviez été déçus par Glass Sword, laissez une petite chance à King’s Cage, c’est un risque qui en vaut la peine. 

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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