Tortues à l'infini ou invraisemblances à gogo !

13/12/2017

Titre : Tortues à l'infini

Auteur : John Green

Editions : Gallimard

Prix : 21,00 €

Parution : 10 octobre 2017

Nombre de pages : 352 pages

Genre : Young Adult

Résumé : Aza Holmes, 16 ans, a tout pour être aimée et avoir un bel avenir, mais elle a grandi avec une pathologie psychique. Qui est-elle, où est-elle, lorsque la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles s'empare d'elle ? Vous aimerez Aza, qui raconte sa propre histoire, vous aimerez sa meilleure amie Daisy la tornade, et son peut-être amoureux Davis, fils d'un milliardaire mystérieusement disparu. Un trio improbable qui va mener l'enquête, et trouver en chemin d'autres mystères et d'autres vérités...

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Depuis le succès de Nos étoiles contraires, John Green s’était fait discret. Six longues années durant lesquelles ses fans du monde entier s’impatientaient en attendant des nouvelles de celui qui leur avait brisé le cœur. L’annonce de la sortie de Tortues à l’infini en a donc réjoui plus d’un et comme beaucoup, je sautillais littéralement sur place à l’idée de découvrir l’histoire d’Aza. Encensé par la critique, « Le roman le plus époustouflant de John Green » (The New York Times) avait tout pour me plaire ; d’où ma déception d’ailleurs… Je remercie tout de même Gallimard pour leur envoi mais vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé Tortues à l’infini et je vais tout de suite vous expliquer pourquoi. 

Le sujet de base semblait très prometteur. Une jeune fille atteinte d’une pathologie psychique qui l’empêche de mener son existence d’adolescente comme les autres. Hypocondriaque sur les bords, Aza se pose sans arrêt des questions sur elle en tant qu’être vivant. D’ailleurs n’est-elle qu’un seul être vivant sachant qu’une nuée de bactéries partagent son corps avec elle ? Elles vivent en elle, se nourrissent en elle, se reproduisent en elle, meurent en elle. Alors au fond, pourquoi le corps d’Aza n’appartiendrait-il qu’à Aza ?
Son esprit, quant à lui, ne fait que suivre des règles pré-établies sans jamais prendre de décisions véritables, celles-ci étant le fruit de paramètres externes hors de contrôle de celui qui les subit. Si son corps et son esprit ne lui appartiennent donc pas vraiment, Aza existe-elle réellement ?
Et puis finalement, qui est-elle dans cet univers immense, perdu au milieu d’une galaxie parmi d’autres galaxies ? 
Voilà à quoi ressemble le quotidien d’Aza, constamment déstabilisée par des pensées qui l’envahissent et sur lesquelles elle n’a strictement aucune emprise. C’est cette partie de l’intrigue (25% du bouquin) qui vaut au roman la note de 2/5, puisqu’il s’agit là du seul intérêt de l’histoire. On sent un véritable investissement de la part de John Green dans la volonté de faire comprendre à son lecteur ce qu’une personne comme Aza peut vivre. La quantité de recherches est par ailleurs impressionnante ; j’ai vraiment eu la sensation d’apprendre en lisant, chose que j’ai particulièrement appréciée. 

Autant vous dire que le reste du roman (à savoir les autres 75%) ne sert strictement à rien. Et je pèse mes mots. L’histoire n’a ni queue ni tête. Les personnages sont superficiels à souhait. Les dialogues dépassent tout entendement (enfin, aucun adolescent ne parle comme ça !). Et alors les invraisemblances ! Je crois que je n’en ai jamais vu autant de toute mon expérience de lecteur ! 
Dès le départ je n’ai pas compris pourquoi l’auteur a souhaité intégrer cette affaire de disparition (à moitié bâclée soit dit en passant) qui, à part créer le prétexte de la rencontre entre Aza et Davis, n’apporte absolument rien à l’intrigue. L’enquête que vont mener les personnages m’a paru totalement inintéressante en plus d’être criblée de maladresses et manquant cruellement de détails. Et puis la fin… Clairement, je me suis dit : « tout ça pour ça ?« .

Bref, je vais m’arrêter là. D’après les bons retours que j’ai pu voir ici et là, il est possible que je fasse partie de la minorité qui est passée totalement à côté de Tortues à l’infini (même le titre je le trouve ridicule, c’est pour vous dire…).
Quoi qu’il en soit, pour un roman que John Green a mis six ans à écrire, je pense qu’il aurait pu largement mieux faire ! 

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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