40 Eléphants - Tome 1 : Florrie, doigts de fée –  Une plongée plutôt réussie dans le syndicat du crime 100% féminin

25/01/2018

Titre : 40 Eléphants - Tome 1 : Florrie, doigts de fée

Auteur : Kid Toussaint & Virginie Augustin

Editions : Bamboo Édition

Prix : 14,90 €

Parution : 2 novembre 2017

Nombre de pages : 56 pages

Genre : Histoire, Polar

Résumé : Londres – 1920. Elles sont quarante. Voleuses, tueuses, kidnappeuses, cambrioleuses, proxénètes, … Issues des divers milieux de la société, elles ont fait du crime leur affaire et se sont associées pour plus d’efficacité.
Lorsqu’arrive Florrie « doigts de fée », jeune pickpocket talentueuse, toute l’organisation se révèle fragile et une lutte interne risque d’éclater. Le moment est mal choisi, car les éléphants doivent faire face à une police de plus en plus performante et à un gang masculin rival reconstitué et bien décidé à reprendre son territoire.

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Gangs of New York, Le Parrain, Scarface. Tous ces noms de films vous inspirent une chose : le  milieu du crime organisé. Un univers à la fois fascinant et méprisant, qui inspire aussi bien la crainte que l’admiration, avec ce sentiment d’impunité et de toute-puissance qui frise l’indécence. Un milieu très masculin, en tout cas c’est l’image qui en ressort peu importe l’époque ou le continent. Mais dans ce monde du grand banditisme, les hommes ne sont pas les seuls à semer la terreur. Les femmes ont leur lot de méfaits. On ne le sait pas toujours, mais les femmes ont été, et sont toujours, très actives à leur manière dans l’univers du crime. Que ce soit en tant que mères, épouses, maîtresses ou autres, elles jouent presque toujours un rôle capital dans ces affaires. Très souvent en arrière-plan comme des trophées, des êtres protégés ou comme complice de leur larcin, il est rare de les voir prendre part en première ligne à cette industrie du crime, ou même d’en diriger les opérations. Alors imaginez un Gang uniquement composé d’éléments féminins qui ferait régner la terreur, dans le Londres des années 20. Même si cela peut paraître inimaginable pour l’époque, ce groupe a vraiment existé et c’est l’histoire que le tandem Kid Toussaint et Virginie Augustin nous raconte à travers leur média à eux, la BD.

Je suis loin d’être une habituée de la BD. C’est un genre de lecture que j’affectionnais beaucoup étant enfant et jeune ado pour son côté imagé (moins il y avait de mot mieux je me portais), mais plutôt dans les délires humoristiques tels que Boule et Bill, Nathalie, etc. Mais j’ai délaissé ce genre au profit de son acolyte japonais : le manga. Découvrir 40 éléphants a donc été non seulement l’occasion de me remettre à ce média souvent considéré comme le neuvième art, mais aussi de découvrir l’histoire incroyable de ce gang composé uniquement de membres féminins dans les années 20.

Florrie est une jeune voleuse fraîchement débarquée dans la capitale. Ne connaissant pas les règles qui régissent le Londres des bas-fonds, elle se fait prendre la main dans le sac par une femme, Mari. Consciente des capacités de la jeune pickpocket, Mari décide de la prendre sous son aile et de lui faire intégrer les rangs des 40 Éléphants, une organisation criminelle uniquement constituée de femmes de divers horizons. Si l’intégration de Florrie passe comme une lettre à la poste, les tensions sont grandissantes dans la bande, surtout quand des bandes rivales et masculines empiètent sur leur territoire et que la police est aux aguets.

40 éléphants, c’est avant tout un contexte très intéressant dans lequel s’illustre cette bande de filles. A la sortie de la grande guerre, qu’on espère être la der des ders, la société a évolué et tend vers une libération des mœurs et une folle envie de profiter de la vie. Les femmes, qui ont participé activement à l’effort de guerre en investissant massivement toutes les strates de l’économie que ce soit dans l’industrie ou l’agriculture, ont découvert une liberté d’agir à leur guise qu’elles ne veulent pas abandonner au retour des hommes du front. Et que ce soit dans un travail honnête ou dans la criminalité, elles s’imposent de plus en plus.

La BD de Kid Toussaint mène bien son récit en prenant comme base ce gang de femmes qui a réellement existé. Comme souvent, il s’inspire de faits réels en incrustant des personnalités fictives. La découverte de cet univers se fait par le biais de Florrie, alias doigts de fée, jeune recrue des 40 Eléphants. Elle pose un regard neutre sur les événements auxquels elle participe et aux membres qu’elle découvre au fur et à mesure de son intégration. Les activités de ces dames sont variées : meurtre, vol à l’étalage, prostitution, rapt d’enfant, etc. Mais c’est dans le domaine de la razzia qu’elle excelle. La progression de l’intrigue est cohérente et réserve des retournements de situation auxquels je ne m’attendais pas. On part de l’intégration de Florrie pour ensuite prendre un virage qui nous mène dans une histoire beaucoup plus complexe et sordide. Pour un premier tome, Florrie est un bon personnage, passive au début, qui nous révèle ses véritables aspirations au fil des pages. On appréciera volontiers le tournant qu’elle prend à la fin du tome et qui la fait basculer sans possibilité de retour.

Comme le précise l’éditeur, l’auteur nous propose une galerie de personnages féminins ayant tous des personnalités et des motivations différentes, suffisamment intéressantes pour captiver l’attention du spectateur et qui promettent des histoires palpitantes pour les suites, avec à chaque fois un personnage mis sur le devant de la scène.

Pour ce qui est de l’illustration, le coup de crayon de Virginie Augustin n’est pas spécialement un style que j’affectionne, le trait est un peu trop souple et flou à mon goût mais cela reste plutôt agréable  à contempler. Par contre, l’organisation des vignettes et le rythme imposé à l’histoire font beaucoup penser au cinéma. J’ai trouvé en particulier la planche de la page 19 vraiment originale et ludique à suivre. Le travail des couleurs par le coloriste Hubert donne aussi cette impression cinématographique en travaillant la couleur et  la tonalité de l’image comme on travaillerait la lumière d’un film.

Le seul défaut que je peux trouver à cette BD, c’est le rythme un peu trop rapide la narration. On passe trop vite sur certaines personnalités ou situations qui auraient mérité plus d’intérêt à mes yeux pour renforcer notre immersion dans ce groupe. L’histoire aurait gagné en crédibilité et en intérêt en s’étalant davantage sur l’organisation du gang, leurs différentes spécialisations et sur Florrie. D’ailleurs, je trouve que l’introduction de Florrie dans la bande a été survolée. Elle y accède trop facilement et rapidement même si la méfiance était là. Et puis c’est bien trop court comme introduction à un univers.

Au final, le premier tome de 40 Éléphants consacré à Florrie « doigts de fée » est un récit prenant dans un contexte et un milieu du crime assez bien présenté. Kid Toussaint propose une histoire qui tient la route même si elle manque de bases solides. Même si je n’en parle pas dans la chronique, les thèmes de la violence chez les femmes et les revendications féministes sont distillés subtilement dans le récit. La manière de présenter Florrie, la première héroïne de cette saga, ainsi que les individualités qui se dégagent de ce groupe de filles, donne envie d’en savoir plus et de poursuivre l’histoire. Les planches et l’objet-livre en lui-même sont très jolis, même si le trait de Virginie Augustin est peu trop flou à mon goût. C’est une lecture que je vous conseillerai volontiers.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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