Jumanji : Bienvenue dans la Jungle - Un film sympathique et drôle mais frustrant

16/01/2018

Titre : Jumanji : Bienvenue dans la jungle

Réalisateur : Jake Kasdan

Avec : Dwayne Johnson, Jack Black, Kevin Har, Karen Gillan, ...

Genre : Action, Aventure, Fantastique

Durée : 1h59

Nationalité : Américain

Sortie : 20 décembre 2017

Résumé : Le destin de quatre lycéens en retenue bascule lorsqu’ils sont aspirés dans le monde de Jumanji. Après avoir découvert une vieille console contenant un jeu vidéo dont ils n’avaient jamais entendu parler, les quatre jeunes se retrouvent mystérieusement propulsés au cœur de la jungle de Jumanji, dans le corps de leurs avatars. Ils vont rapidement découvrir que l’on ne joue pas à Jumanji, c’est le jeu qui joue avec vous… Pour revenir dans le monde réel, il va leur falloir affronter les pires dangers et triompher de l’ultime aventure. Sinon, ils resteront à jamais prisonniers de Jumanji…

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Alors qu’on approche doucement mais sûrement de la fin de ce que j’appellerais les années 2010, on est forcé de constater que le cinéma, même s’il se renouvelle technologiquement, peine à oser de nouvelles choses. Certes le cinéma depuis toujours puise sa force dans des scénarios inspirés d’œuvres littéraires, d’histoires vraies ou autres, mais depuis les années 70, le cinéma a basculé vers une industrie plus de producteurs que de réalisateurs. Oui, c’est triste à dire mais la mise en marche d’un projet, c’est avant tout pour rapporter des sous aux studios plutôt que d’offrir de vrais spectacles visuels et audacieux. C’est ce qui est symptomatique du cinéma de ces 15 dernières années. La mode est à la nostalgie. Parfois ça marche, comme nous le prouvent certaines productions comme Mad Max Fury road, mais trop souvent ça foire pour diverses raisons.

Désormais, si les fans deviennent méfiants à l’annonce d’une adaptation, ils le sont encore plus pour un reboot, et surtout quand il s’agit de s’attaquer à un monument de la pop culture. Les studios sont conscients du potentiel de tels projets, de l’espoir qu’ils suscitent chez le fan et du filon qu’ils peuvent rapporter. Parce que la majorité d’entre nous, jeunes adultes nés dans les années 90,  sommes de grands consommateurs de produits nostalgiques d’une époque révolue, avec sa culture et ses codes passés. Nous qui sommes à la recherche de cette d’âme d’enfant qui nous échappe, on est plus que friand des réadaptations. Oui mais voilà, on est peut-être nostalgique mais on n’en reste pas moins exigeant (voire même un peu trop).

Jumanji fait partie de ces produits culturels que le public voulait voir renaître. L’annonce du reboot a été globalement bien accueillie par les fans, mais une fois les premières images révélées, l’enthousiasme est vite retombé comme un soufflé. Et on s’est souvenu que les studios avaient cette fâcheuse tendance à briser nos films préférés. Beaucoup ont crié au scandale, que le film dénaturerait le concept, l’essence même du Jumanji originel. Même parmi la rédaction de NiNehank, on n’était pas forcément convaincu du résultat (et je pèse mes mots). Mais pour certains comme moi, cette bande-annonce annonçait plein de bonnes choses. Et je ne me suis pas trompée. Enfin presque.

Le film démarre avec le postulat suivant. 4 jeunes lycéens se trouvent pour diverses raisons en heure de colle. Bien décidé à leur faire la leçon, le proviseur les charge de nettoyer une salle remplie de vieilleries afin qu’elle devienne une salle d’informatique. Bon gré mal gré, les 4 jeunes s’exécutent, jusqu’à ce qu’ils tombent sur un vieux jeu vidéo rétro appelé Jumanji. La tentation de jouer est trop grande. Après avoir sélectionné chacun un personnage, la partie commence. Sauf que sans prévenir, le jeu les aspire. Les 4 jeunes adolescents se retrouvent dans une jungle hostile et dans des corps qui leur sont étrangers. Pour parvenir à sortir du jeu, ils vont devoir faire équipe et surtout rester en vie, au risque de disparaître pour toujours.

Tout d’abord, comme on pouvait s’en douter, le film n’est pas une suite du Jumanji originel (d’ailleurs, si vous ne le saviez pas, Jumanji est à la base une œuvre littéraire), vous ne verrez donc pas Judy, Peter et Alan revenir pour une nouvelle partie (en même temps, qui aurait envie de le faire ?). C’est donc une nouvelle aventure avec de nouveaux personnages. Le film reprend l’univers du Jeu mais en s’adaptant à notre génération avec le motif du jeu vidéo. Une initiative qui est loin d’être bête car si on y réfléchit bien, le véritable personnage principal de cette histoire, c’est le jeu Jumanji, c’est lui le fil conducteur. C’est un objet vivant, doué d’une volonté qui lui est propre, sa raison d’être est d’attirer des joueurs, et j’ai beaucoup apprécié que le film mette en avant cette adaptation à un nouveau public en passant du jeu de société au jeu vidéo, ce que le film fait très bien. Mais cette fois-ci, au lieu d’investir l’espace du quotidien comme dans la version de 1995, le jeu aspire ses victimes (oui, je suis désolée mais ce sont des victimes). Si pour certains ce choix n’avait pas de sens, il faut rappeler que le livre de 1981 se déroulait de cette manière, c’est donc un retour aux sources tout à fait légitime.

Le film fonctionne très bien, il est rythmé, on ne s’ennuie jamais et on passe véritablement un bon moment. Ce qui prime dans le récit, c’est le ton qui lui est donné. Il n’est plus question d’aventures et d’énigmes à résoudre comme pouvait l’être un Indiana Jones ou La Momie qui flirtait avec le mystère, la peur et le suspens, mais de rire. Jumanji joue la carte de la comédie comme c’est la mode de le faire ces derniers temps, avec des situations cocasses et surtout de l’autodérision de la part des acteurs, qui au passage maîtrisent bien leurs personnages. Mention spéciale à Dwayne Johnson et Jack Black qui sont vraiment hilarants dans leurs rôles. L’idée de prendre des adolescents dans un milieu hostile au lieu d’enfants tient aussi la route, car il est toujours question de se dépasser et de devenir ce que l’on désire être. Une jolie morale assez simpliste mais racontée de manière efficace.   

C’est un film avec beaucoup de potentiel, d’idées bien pensées mais seulement en surface. Le problème, c’est qu’il ne marque pas les esprits. C’est un film qui n’a pas l’ambition de redonner vie à Jumanji, d’étendre son univers comme pouvait le faire la série animée, mais qui s’en sert comme de toile de fond. On s’en rend rapidement compte à cause du scénario. Il est basique et pourrait complètement exister indépendamment de Jumanji. Côté mise en scène, il n’y a rien à dire. C’est efficace pour ce que c’est, à savoir une comédie familiale, mais il n’y a pas de véritablement de prise de risque, de vision ou d’ambition particulière de la part du  réalisateur. Juste une formule de base pour ce genre de film qui a fait ses preuves. Cela se sent tellement que je pourrais presque dire que le film est quelconque. La narration du film investit le domaine du jeu vidéo avec l’élément du Game Play, il en reprend les codes, s’en moque, le détourne et en fait une arme pour ses personnages, ce qui donne lieu à des comiques de répétition ou de situation vraiment amusants (les morts à répétition, les spécificités des avatars, leur faiblesse, etc.). On sent que les scénaristes maîtrisent le sujet et qu’ils ne tombent pas dans le piège de vouloir introduire l’élément jeu vidéo comme s’il nous était étranger, car c’est un média acquis par les spectateurs.

Il y a donc des niveaux jusqu’au boss final. Un Big Boss qui pose problème car il est sans envergure et presque ridicule. Je n’ai pas eu peur ou même craint pour la vie de nos héros lorsqu’ils étaient confrontés à lui. On se demande pourquoi le jeu lui-même ne serait pas l’ennemi à affronter à la fin comme on peut le voir avec XANA, l’entité virtuelle de la série Code Lyoko. Cela aurait été plus intense et surtout plus logique dans la volonté d’étendre l’univers de Jumanji et d’en découvrir plus sur les origines du jeu par exemple. De plus, après avoir bien digéré le film, je constate que les niveaux manquent d’imagination. Souvenez-vous de vos jeux de Game Boy, de DS ou autres dans le genre Super Mario, on avait droit à des univers différents (sous-marin, jungle, cité antique, etc.), alors qu’ici la réalisation va au strict minimum syndical en se limitant à la jungle, ce qui est vraiment dommage. Et si je cherchais vraiment la petite bête, je pourrais aussi faire remarquer que le film se repose trop sur ses acteurs, ils portent littéralement tout le film. Car les personnages en eux-mêmes ne sont pas originaux et ils rentrent dans des cases préétablies (le geek, l’intello, le sportif, la jolie fille), seul le fait d’apporter du contraste entre ce qu’ils sont dans la vraie vie et leurs avatars dans le jeu a vraiment de l’intérêt.

Alors en conclusion, quel sentiment je garde de ce film ? Jumanji : Bienvenue dans la jungle est un excellent divertissement, sans prise de tête et fun. C’est drôle, très drôle, les acteurs sont géniaux et l’aspect jeu vidéo repris par le film est bien pensé de manière générale. J’ai passé un agréable moment et je ne regrette pas d’avoir dépensé mes sous pour le voir sur grand écran. Mais je trouve que le film n’est pas très ambitieux et qu’il n’apporte rien de nouveau, que ce soit pour Jumanji en lui-même ou pour le genre dans lequel il s’inscrit. Quand je pense à la dernière scène du film, qui m’a horrifiée (mais je ne vais pas spoiler), j’ai l’impression que les studios et la machine Hollywood se sont servi, ont pris ce qu’il y avait à prendre et l’ont balancé aux oubliettes. Je me console en me disant que le seul Jumanji qui vaille d’être vu et revu, c’est l’original, et que lui je ne l’oublierai pas de sitôt.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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