Le Souffle de Midas - Une lecture en dents de scie...

15/01/2018

Titre : Le Souffle de Midas

Auteur : Alison Germain

Editions : Le Chat Noir

Prix : 19,90 €

Parution : 1 novembre 2017

Nombre de pages : 272 pages

Genre : Fantastique

Résumé : Entre tes mains, fille d'Homère, brûle encore le pouvoir des Dieux. Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d'étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j'ai été le seul témoin, aucune trace du crime n'a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d'une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux. Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu'il en sait bien plus sur ce qui m'arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu'une malédiction…

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Tout comme Le Pacte d’Emma (qui avait totalement séduit Mylène), Le Souffle de Midas fait partie de ces projets inspirants qui montrent que chaque rêve peut se réaliser à partir du moment où l’on s’en donne les moyens. 
Je ne sais pas vous, mais en tant que fervent amateur de Booktube j’avais très hâte de découvrir l’histoire de Louise, d’autant plus que la première version, dont le début avait été publié sur Wattpad, me paressait déjà très prometteuse. Je dois avouer que c’est surtout l’univers qui m’a attiré au premier abord car étant passionné de mythologie, j’étais assez frustré de ne pas trouver une saga à la hauteur de Percy Jackson. C’est donc convaincu d’adorer que je me suis plongé dans Le Souffle de Midas. Et pour être honnête, j’ai adoré… une partie seulement du roman. Chose très bizarre, mon avis n’a pas cessé de changer d’une page à l’autre, voire même d’un paragraphe à un autre.
Même si je suis toujours un peu confus, je vais tâcher de vous expliquer mon ressenti en espérant que vous réussirez à le comprendre. Et bien évidemment je remercie chaleureusement les éditions du Chat Noir pour leur envoi.

Alors, par où commencer ? Disons le prologue.
Pourtant très enthousiaste avant d’entamer Le Souffle de Midas, j’ai dès les premières lignes eu du mal avec le style de l’auteur. Je l’ai effectivement trouvé beaucoup trop soutenu, regorgeant de métaphores et manquant cruellement de simplicité. Clairement, c’était laborieux à lire. Par la suite la narration devient, fort heureusement, plus fluide et le choix d’une telle entrée en matière plus clair. J’ai d’ailleurs remarqué pas mal de similitudes entre l’écriture d’Alison Germain et de Sophie Jomain, que ce soit au niveau de la forme (construction des phrases, mots employés) ou du fond (l’humour notamment). Si vous avez lu Les étoiles de Noss Head ou Felicity Atcock, vous voyez certainement de quoi je parle. 

En ce qui concerne les personnages, j’ai globalement apprécié Louise avec son caractère bien trempé et ses répliques sanglantes, même si plus d’une fois elle a eu le don de m’agacer. Quant à Angus, il plaira sans doute à la majorité des lecteurs bien que selon moi il ressemble à tous les autres protagonistes masculins de la littérature Young Adult. Disons que je n’y fais pas vraiment attention parce que je sais dans quoi je me lance, mais il est vrai que j’ai de plus en plus de mal à voir les mêmes héros stéréotypés qui en étant tous beaux, musclés, mystérieux sur les bords, hyper-protecteurs, gentils et altruistes, en deviennent interchangeables. 
Je ne peux pas vous parler des autres protagonistes car ils sont finalement nombreux pour un roman de 270 pages. La plupart n’ont pas une place très importante, et ceux qui en ont une auraient mérité d’avoir plus de visibilité.

C’est dommage parce que clairement, l’univers ne manque pas d’originalité. Même si l’auteur se base sur la mythologie déjà existante et, en somme, ne la crée pas réellement, sa façon de l’utiliser sort totalement de l’ordinaire. Je pense qu’il y encore énormément de possibilités à explorer et j’espère sincèrement qu’Alison Germain le fera dans la suite.

(Le paragraphe qui suit contient des spoilers. Si vous n’avez pas lu Le Souffle de Midas et que vous comptez le faire, je vous conseille de passer directement à la conclusion)

Passons maintenant aux points qui m’ont vraiment dérangé et je dirais même perturbé. Si je qualifie ma lecture d’avoir été en dents de scie c’est parce que, littéralement, mon avis changeait toutes les deux pages. A chaque fois que j’aimais une action, un rebondissement ou une révélation, un élément venait tout « gâcher ». 
Par exemple, le transfert du don de Lia à Louise. L’acte en lui-même m’a plu, la découverte du souffle également, mais ensuite Louise accepte trop facilement la situation à mon sens. Sa réaction est tout sauf crédible. Elle découvre qu’il y a tout un monde magique caché mais ça ne la choque pas plus que ça. 
Pareil lorsqu’à la fin du roman elle apprend que son père a toujours été au courant pour les homérides. Elle ne demande pas plus d’explications, ne semble pas vraiment étonnée. Réagit comme si c’était normal. 
En plus des incohérences, j’ai trouvé que l’auteur n’a pas su utiliser les twists comme elle aurait pu. Notamment celui de la fin, où O’Flammel déclare à Louise que la « méchante » dans l’histoire est en réalité Moira. Lorsque j’ai lu ça, je me suis dit : « oh trop cool, je ne l’avais pas vu venir celle-là ! ». Puis, deux pages plus loin, on se rend compte qu’il a menti et qu’en fait c’est lui le méchant… On aurait dit un soufflé qui retombe avant d’être mangé. Alors que l’auteur proposait une super alternative pour la suite, c’est finalement un événement relativement quelconque qui a pris le dessus. L’apparition de O’Flammel dans l’histoire a d’ailleurs été très mal amenée. Il intervient comme officier de police dont on ne sait rien et révèle soudain être le grand méchant. Ah d’accord. Aucune surprise donc puisqu’on ne le connaissait pas.
Et alors ce que je n’ai vraiment pas compris, c’est tout ce passage dans l’espèce de laboratoire où Louise se fait torturer pour on ne sait trop quelle raison. Bon à la rigueur, ce n’est pas grave de ne pas tout savoir tout de suite mais le fait est que, selon moi, cette scène tout droit tirée d’une oeuvre de science-fiction n’est absolument pas compatible avec le reste.

FIN DE LA PARTIE SPOILERS

En y réfléchissant, je pense que tous les bémols que je viens d’évoquer auraient pu être évités si le roman avait fait 200 pages de plus. Ainsi, l’auteur aurait été en mesure d’approfondir son intrigue, d’étoffer son univers et de s’attarder davantage sur ses personnages

Quoi qu’il en soit, je pense m’arrêter là en parlant brièvement de la fin qui donne quand même envie de connaître la suite (notamment la toute dernière phrase), bien que pour ma part je ne suis pas encore certain de vouloir la lire. Dans tous les cas, j’espère que l’auteur saura s’améliorer dans ses futures publications car on sent qu’il y a un vrai potentiel encore sous-exploité

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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