Sirius - Gros coup de cœur pour ce roman post-apocalyptique !

11/01/2018

Titre : Sirius

Auteur : Stéphane Servant

Editions : Rouergue

Prix : 16,50€

Parution : août 2017

Nombre de pages : 474 pages

Genre : Science-fiction, post-apocalyptique

Résumé : Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever son petit frère, Kid. Réfugiés au coeur d'une forêt, ils se tiennent à l'écart des villes et de la folie des hommes... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route. Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livré au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius.

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Il faut savoir que dans l’ensemble, je ne lis pas vraiment de road-trip. Je sais que c’est un genre qui rencontre un franc succès, mais je crois qu’il ne me convient pas. Je me suis frottée quelques fois au genre et vraiment, je n’accroche pas. Par contre, j’adore me plonger dans les univers post-apocalyptiques : rappelez-vous, un de mes coups de cœur de 2016 appartenait justement à ce genre-là.

Quand j’ai commencé à entendre parler de Sirius, j’étais donc mi-figue, mi-raisin : oui ce roman avait tout pour me plaire, mais en même temps, il avait aussi tout pour ne pas me plaire. Mais bon, au bout d’un certain nombre de fans de l’ouvrage dans mon entourage, il fallait bien se rendre à l’évidence : ce roman avait beaucoup trop de potentiel pour que je n’essaye pas de m’y frotter un peu.

Et verdict, Sirius, ça donne quoi ?

Ce roman est une petite pépite, et je suis ravie de commencer mon année 2018 par un roman de cet acabit. Moi qui n’étais pas sûre d’apprécier le roman à cause de sa dimension road trip, je dois dire que je suis vraiment contente de l’avoir lu.

Stéphane Servant nous dépeint un univers où les humains comme les animaux sont devenus stériles, où la nourriture a commencé à manquer et où des groupes extrémistes commettent des actes de barbarie gratuits et presque quotidiens. La vie n’est plus que survie, puisque – dans la mesure où la reproduction est impossible – tous les êtres vivants sont condamnés à moyen terme.

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur nous fait comprendre, tout en subtilité, comment chacun est obligé de se trouver un moteur pour continuer à avancer malgré le destin qui pèse sur l’humanité. Pour certains c’est la haine qui sera ce moteur, pour d’autres la soif de connaissance, la volonté de découvrir ce que l’humain a réussi à produire de beau. Pour Avril, l’un des personnages principaux du roman, c’est de s’occuper de Kid, son petit frère. L’histoire commence avec cette jeune femme, qui vit dans une cabane et s’occupe de son petit frère qui doit avoir environ cinq ou six ans. On comprend bien vite que l’éducation de Kid a dû être entièrement prise en charge par Avril et qu’elle est -forcément- assez incomplète.

Personnellement j’ai adoré les personnages de Sirius, qui sont à la fois tellement justes et tellement touchants. J’ai lu dans des commentaires de l’oeuvre que certains lecteurs ont eu un peu plus de mal avec Kid, le trouvant impulsif, peu réfléchi et finalement assez agaçant. Au contraire, j’ai trouvé ce personnage parfaitement bien écrit. Bien sûr, Kid est agaçant. Parce que, le plus souvent, il n’a pas conscience des enjeux, qu’il ignore qu’une situation est dangereuse ou (peut-être plus important encore) qu’Avril lui ment pour lui permettre d’avoir une enfance normale, même si le monde dans lequel ils vivent est tout sauf normal. J’ai trouvé le personnage de Kid juste parfait parce qu’il reflète à lui tout seul tout un pan de l’univers construit par Stéphane Servant : il n’y a plus d’école, plus de structure, plus de parents parfois, plus d’interactions sociales, … Dans ce monde post-apocalyptique, tout ce qu’il reste de la société telle que nous la connaissons, ce sont les souvenirs d’Avril et un livre d’images. Si j’ai tellement aimé le personnage de Kid, c’est aussi parce que c’est par son biais que l’on voit le mieux l’évolution du roman. Petit à petit, Kid se défait de l’éducation qu’Avril lui a donnée pour aller vers autre chose.

En grande amoureuse des animaux, j’ai évidemment adoré la place que leur a réservé l’auteur dans le roman. Chacun a un rôle à jouer et est irremplaçable. Je ne voudrais pas en dire trop sur cet aspect pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui n’ont pas encore lu le roman, mais dans Sirius, les animaux sont véritablement des personnages, ce qui enrichit réellement le récit.

Cela fait partie des moyens que Stéphane Servant a trouvés pour enrichir son récit de réflexions sur une multitude de sujets qui nous parlent à nous lecteurs – ou tout du moins qui m’ont vraiment parlé à moi. Dire de Sirius que c’est un roman post-apocalyptique c’est vrai, mais ce n’est évoquer qu’une facette de ce récit qui est marqué par des thématiques fortes telles que l’écologie, mais aussi l’immigration, ou encore la tolérance.

Enfin, dernier point qui vient, à mon sens, boucler la boucle dans Sirius, c’est la structure du roman en elle-même, puisque les chapitres sont numérotés à l’envers, faisant ainsi du roman non pas seulement une évolution mais aussi un compte à rebours avant quelque chose. Puisque finalement, chaque fin annonce un nouveau commencement.

En définitive, peu importe le type de lecteur que vous êtes et le type de roman que vous aimez, je vous recommande plus que chaudement de lire Sirius, c’est un livre à mettre entre toutes les mains !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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