Six of Crows - Le récit captivant du casse du siècle sur fond d'univers fantasy

14/01/2018

Titre : Six of Crows

Auteur : Leigh Bardugo

Editions : Le Livre de Poche Jeunesse

Prix : 7,90 €

Parution : 11 octobre 2017

Nombre de pages : 576 pages

Genre : Young Adult, Fantasy

Résumé : Ketterdam : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « les Mains Sales ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant...

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Comme chaque année, 2017 a été riche en découvertes avec une multitude de livres sortis, pour notre plus grand plaisir. Des nouveautés arrivées fraîchement d’Outre-Atlantique, mais aussi des rééditions qui ont déjà fait leurs preuves auprès des lecteurs. Six of Crows fait partie de ces livres réédités en version poche dont on avait entendu beaucoup de bien mais qu’on n’avait pas encore eu l’occasion de découvrir. Ce qui s’annonçait comme similaire dans bien des aspects à du Ocean’s Eleven s’avère être bien plus que cela. Cap sur ma dernière lecture de l’année 2017.

Dans les bas-fonds de Ketterdam, sur l’île de Kerch, de nombreux gangs ont pignon sur rue et se livrent à une guerre de territoire sans merci. Parmi eux se trouve le gang The Dregs, dirigé par un jeune homme pâle comme la mort et redouté de tous : Dirtyhands. Fort de son autorité et de sa réputation, Dirtyhands se voit confier une mission de la plus haute importance : récupérer le fabriquant d’une drogue susceptible de bouleverser l’ordre établi entre les nombreuses populations qui peuplent leur monde, en s’infiltrant dans une forteresse jugée imprenable. Une mission suicide que Kaz Brekker décide de relever, mais pas seul. Pour remplir sa mission et pouvoir se venger du destin, Kaz monte une expédition et s’entoure d’une équipe de choc composée de personnalités diverses et variées. Ils sont 6, ils sont malins et ils vont entrer dans la légende avec le casse du siècle, au risque de perdre ce qu’ils ont de plus précieux : la vie.
Un résumé comme celui-ci, ça donne forcément envie d’en découvrir plus mais avant de débuter, une mise au point s’impose.
Pour commencer, Six of Crows se la joue d’une certaine manière un peu Star Wars. C’est une drôle de comparaison, j’en conviens, mais je vais vous expliquer.

La couverture VF du tome 1 – La trilogie intégrale de Grisha en VO

Ce livre a un atout qui est aussi son défaut, à savoir un univers très riche. Le problème vient de l’ordre de parution des deux sagas de l’auteure en France. Six of Crows est en réalité un spin-off de la première saga de Leigh Bardugo, « Grisha », sortie en 2013, mais qui n’a pas eu le succès nécessaire (je suppose) pour prétendre à la poursuite des publications de la trilogie entière. Par la suite, le spin-off a débarqué dans nos librairies et a été énormément apprécié des lecteurs de l’hexagone, poussant les éditions Milan à rééditer la trilogie Grisha. Si bien qu’aujourd’hui, la porte d’entrée dans l’univers de Leigh Bardugo se fait dans le désordre.
La conséquence de ces méli-mélo, c’est que lorsqu’on débute la lecture de Six of Crows, on est un peu perdu avec certains termes employés, on n’arrive pas à se repérer parmi la myriade de peuples et de territoires cités que compte l’histoire, leurs spécificités ou leurs relations politiques nous sont étrangères. Par conséquent, on avance un peu à l’aveugle. Mais là où le livre se rattrape bien, c’est qu’au fil des pages l’auteur explique petit à petit ce qu’il faut savoir pour plonger dans son univers, et tout devient plus clair. Maintenant que ce point est réglé, que vaut cette intrigue ? Eh bien je vais venir grossir les rangs de ceux qui ont adoré ce bouquin car il est tout simplement génialissime et rondement bien mené, notamment grâce à ses personnages.

De gauche à droite : Wylan, Nina, Jesper, Kaz, Inej et Matthias

La figure marquante de l’histoire, c’est Kaz Brekker alias Dirtyhands, un jeune garçon charismatique qui s’est bâti une réputation et un empire du grand banditisme à la force de sa volonté. Kaz n’est pas un gentil garçon, il est impitoyable, menteur, voleur et sans morale lorsqu’il s’agit d’argent. Mais c’est aussi un chef de gang intraitable et un tacticien hors pair qui a toujours  plusieurs coups d’avance sur ses ennemis et même ses alliés, mais qui respecte ses engagements. Ce personnage est imprévisible et c’est tout simplement fascinant. Chaque fois que l’on pense l’avoir cerné, il nous sort une nouvelle carte de son jeu, nous plongeant une nouvelle fois dans la confusion. Il a d’ailleurs un sens de la repartie très acéré :

Sans comprendre pourquoi, cette déclaration l’avait convaincu. Mieux vaut d’affreuses vérités que de gentils mensonges.
Page 382 Kaz

Tu aimes la supercherie ? J’aime les mystères. La supercherie est ma langue maternelle.
Page 424 Kaz

« Quand tout le monde sait que vous êtes un monstre, vous n’avez pas besoin de perdre du temps à faire chaque chose monstrueuse. »

Autour de lui gravitent des personnalités toutes aussi intéressantes, à commencer par Inej Gahfa alias le spectre. La jolie brune Suli a beau être une jeune fille, elle n’en reste pas moins un redoutable membre du gang de Kaz. Bras droit de Dirtyhands et gardienne de ses secrets, elle est aussi agile que discrète et manie l’art des couteaux comme personne. C’est un personnage à la fois fort et fragile qui a un passé difficile à assumer et traumatisant. Malgré ça, elle fait preuve de courage et d’une spiritualité qui lui font honneur. Ensuite il y a le binôme Matthias/ Nina, et si vous avez lu la première trilogie de l’auteur, vous savez que Grisha et Fjerda ne font pas bon ménage. Matthias Helvar est un chasseur (Drüskelle) très fier de ses racines qui considère les Grishas comme des abominations qu’il faut exterminer (Drüsje/Sorcière), alors que Nina Zenik est une Ravkan et ancienne guerrière Grisha. Ces deux-là ne peuvent pas se blairer, mais vraiment pas du tout. Drôle, audacieuse et très jolie, Nina est un personnage très agréable à suivre, c’est d’ailleurs la plus humaine du groupe. Quant à Matthias, c’est un grand gaillard tout en muscles et en blessures, qu’elles soient intérieures ou extérieures. Il est assez impulsif et colérique, mais surtout avide de vengeance. C’est celui qui a l’évolution la plus intéressante à suivre. Et pour finir les moins développés du lot, Jesper Fahey et Wylan Van Eck, deux personnages avec qui j’ai eu moins d’atomes crochus. Addict du jeu et moqueur, Jesper est le trublion du groupe, une grande bouche qui fait preuve tantôt de sarcasme ou d’arrogance, tantôt de bon sens. Il aime s’en prendre à Wylan, le seul personnage qui n’a pas de point de vue. C’est aussi un excellent tireur. Wylan est réservé mais très ingénieux et curieux, il possède de grandes capacités d’observation, d’analyse et un bon coup de pinceau. C’est le personnage dont on sait peu de choses et qui n’existe que grâce aux interactions avec Kaz pour son savoir-faire et Jesper pour le taquiner.

« Pas de sanglots… Pas de tombeaux »

Tout ce joyeux petit monde doit collaborer ensemble pour le meilleur et le pire de cette mission suicide. La dynamique du groupe est assez particulière pour être soulignée. Il n’y a pas de relations d’amitié comme on a l’habitude d’en voir, mais des partenariats contractés dans un but commun qui les lie tous à Kaz. De plus, fait original, le lecteur ne gravite pas autour de personnages « bons » ou « gentils » dans le sens traditionnel de la littérature de jeunesse, ce sont des criminels qui sont du mauvais côté de la barrière et qui n’ont pas de nobles intentions. Mais malgré leur égoïsme et leur cupidité, ils n’en restent pas moins des personnages très attachants qui sont le résultat d’un bagage personnel et émotionnel complexe et très dur pour certains. J’ai particulièrement apprécié la relation amicale et complice entre les deux femmes de l’aventure, et l’antagonisme entre la Grisha et le Drüskelle.

Heureusement que les éditions poche ont conservé les illustrations

Concernant l’ensemble de l’univers imaginé par Leigh Bardugo, il est très riche et complexe mais passionnant dans son développement des mœurs et coutumes des différents peuples abordés dans le récit (surtout pour les Grishas et les Ferdjans). On sent qu’elle s’est inspirée de certaines régions de notre monde avec les pays scandinaves ou la Russie, la Chine ou l’Occident avec New York, Londres et surtout Amsterdam. L’atmosphère qui se dégage du livre est particulière avec des aspects propres à la fantasy, à l’ère victorienne ou au banditisme des années 20. C’est sombre, sordide et angoissant avec pas mal de violence.

Les enjeux reposent sur des tensions raciales, idéologiques, politiques, commerciales et magico-religieuses. Certains aspects m’ont échappé, en particulier le cas des Grishas et de l’esclavage. Comment un être détenteur de pouvoirs surnaturels peut-il craindre de montrer ses dons et de subir l’esclavage ? D’où vient leur pouvoir ? Pourquoi les autres en sont-ils dépourvus ? Des réponses qui se trouvent sans doute dans la trilogie Grisha. Pour ce qui est de l’intrigue, elle avance doucement. L’auteur prend le temps d’installer ses personnages. Il y a des longueurs surtout au début, ce qui peut décourager à poursuivre la lecture. En plus de l’intrigue principale qui concerne « le casse du siècle », les chapitres sont parsemés de flash-back qui ont pour fonction de révéler des facettes de chaque personnage. C’est ce qui explique en partie le sentiment de lenteur mais ça n’alourdit en rien l’histoire, bien au contraire, ça l’enrichit encore plus.

Au final, Six of Crows est un bouquin très plaisant à découvrir malgré la lenteur de la mise en place de l’histoire. C’est un roman qui aborde beaucoup de thèmes captivants et qui développe un univers riche et complexe. Grâce aux différents points de vue apportés par le livre, on a accès à des personnages hauts en couleurs et très attachants, chacun à leur manière. J’ai passé un excellent moment et je n’ai qu’une hâte, c’est de terminer cette duologie. Pour ce qui est de l’ordre de lecture, je considère qu’il n’est pas obligatoire de lire la trilogie Grisha pour aborder Six of Crows, c’est une histoire suffisamment bien menée pour se lire indépendamment du reste. Mais si vous voulez pleinement savourer l’univers et non les personnages, lisez au moins le tome 1 de la trilogie Grisha.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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2 Comments

  1. Celui là me tente bien merci pour la chronique!

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