Keep me in mind - Un texte sincère et touchant

23/02/2018

Titre : Keep me in mind

Auteur : Jaime Reed

Editions : la martinière J fiction

Prix : 16,00 €

Parution : 5 octobre 2017

Nombre de pages : 368 pages

Genre : Young adult, Jeunesse, Amour

Résumé : Lorsqu’elle se réveille sur son lit d’hôpital, Ellia ne reconnaît pas le garçon assis à côté d’elle. Il s’agit pourtant de Liam, son petit ami depuis deux ans. Son petit ami ? Ellia n’en a aucun souvenir. Elle se souvient de son propre prénom. De ses parents. Et de sa meilleure amie. Elle se souvient qu’elle rêve de travailler dans la mode. Mais pas d’avoir aimé Liam. Et plus celui-ci essaie de la convaincre, plus elle peine à y croire. Alors Liam, dévasté, se lance pour elle dans l’écriture de leur histoire commune. Ainsi pense-t-il faire renaître les sentiments d’Ellia pour lui. Mais leur histoire est-elle vraiment celle qu’il croit avoir vécue ? Et si, finalement, celle-ci n’avait été qu’un leurre destiné à dissimuler leurs histoires respectives ?

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Que sommes-nous prêts à faire par amour ? Que sommes-nous prêts à endurer pour l’être aimé ? L’amour, c’est ce sentiment unique et difficile à cerner, celui qui engendre le meilleur comme le pire, celui sans qui on ne peut vivre. Peu importe la forme qu’il revêt, il reste la plus puissante des émotions qu’un Homme puisse ressentir. Nos romans sont remplis d’histoires d’amour à toutes les sauces : romantique, aventureux, douloureux, contemporain, historique, futuriste, … Il est partout et se conjugue à tous les temps. Mais là où il est sans doute le plus fort, c’est à l’adolescence, période de toutes les expériences : celle de la toute première fois, celle des premiers émois de la jeunesse, celle qui sur les bancs des collèges, lycée ou autres voit germer le premier amour. Je ne parle pas d’un béguin ou d’un crush, mais véritablement d’une histoire d’amour, celui qui nous donne des ailes et qui n’est pas raisonnable mais instinctif. Le roman de JaIme Reed commence ainsi, par deux jeunes gens qui s’aiment malgré les obstacles de leur vie et qui se jurent d’avancer ensemble dans un avenir qu’ils rêvent à deux. Malheureusement, le destin en a voulu autrement.

Liam et Ellia s’aiment. Ils sont jeunes et pleins d’ambition pour l’avenir. Leur avenir. Lui, grand sportif, a l’âme d’un poète et désire devenir écrivain, et elle brillante élève, se destine à l’univers de la mode pour devenir styliste. Si leur relation est connue de tous dans leur lycée, ce n’est pas le cas de leur famille. Mais leur désir d’être ensemble est si fort qu’ils ne veulent plus se cacher : cette dernière année de lycée, ils la vivront au grand jour. Une révolution disait Ellia. Une révolte qui n’aura pas lieu car après un accident, Ellia perd la mémoire. Souffrant d’une amnésie partielle, les 2 dernières années de sa vie lui sont arrachées, ses ambitions mais surtout son amour pour Liam. Pour l’adolescent, la situation est inacceptable. Démuni, il mettra tout en œuvre pour qu’Ellia retrouve la mémoire, n’ayant que pour seul arme sa plume, sa prose et ses propres souvenirs.

Quand survient la tragédie qui va tout chambouler dans la vie de Liam et Ellia, un doute nous assaille. Est-ce la vérité qui nous est contée ? Si cette question m’est venue à la suite du premier chapitre, c’est non seulement à cause de la plume de l’écrivain mais aussi de la structure de son livre. Le roman est partagé par deux points de vue, celui des deux adolescents, mais c’est Liam qui prend la parole en premier et qui nous raconte une partie de l’accident. Nous avons donc affaire à des paroles rapportées, des paroles qui débordent de sentiments contradictoires. Celui d’un amour très profond pour Ellia, de l’espoir d’un avenir à deux et de regrets. Un mystère plane tout au long de la lecture sur le fait que l’accident nous est rapporté par le biais du jeune homme, car l’auteur garde le suspense sur la responsabilité de Liam et sur ce qui s’est réellement passé ce matin-là. C’est donc avec ce doute que le lecteur débute sa lecture, en ayant à l’esprit qu’il faut démêler le vrai du faux et lire entre les lignes. Le style de l’auteur est simple et frais, ce qui nous permet de totalement nous immerger dans l’atmosphère dans laquelle gravitent nos personnages. Le point de vue alterné permet de mieux saisir l’intensité des sentiments des personnages, leur désarroi, leur colère et leur douleur. Le récit s’offre aussi des flash-back à travers les souvenirs de Liam sur la construction du couple durant les deux dernières années.

Des amours contrariés, on en trouve beaucoup, mais des amours contrariés comme celui présenté dans ce livre, c’est assez rare pour le souligner. Keep me in mind est comme son titre, il vous restera dans la tête tant il traite de son sujet avec une justesse et une sensibilité impressionnante. Dans ce roman, les personnages sont vraiment très attachants et plutôt réalistes. Liam est un garçon qui fait preuve d’un courage, d’une patience et d’une détermination qui frise l’obsession. Dès le début on ressent tout l’attachement du jeune homme pour Ellia, l’auteur réussit à faire émerger de ce personnage une dépendance quasi vitale, voire viscérale pour la jeune fille. A certains moments, on est attendri par ses propos mais à d’autres, cela devient inquiétant. La reconquête de son âme sœur devient le but de sa vie. Grâce à son carnet, il exorcise sa peine et sa douleur et on est happé par sa plume et la force des mots qu’il couche sur le papier. L’auteur apporte ici sa vision du travail de l’écriture. Ecrire devient un acte nécessaire, pour se livrer, réparer, reconstruire et partager. C’est le lieu de l’intimité mais aussi de la rétrospective.

« La seule chose qui courait plus que mon corps, c’était mon cerveau. Voilà pourquoi on me voyait rarement sans un cahier à la main. Mon cahier était mon meilleur ami, mon premier amour, la mère de mes enfants. Notre progéniture ? Le scénario primé dans les festivals de mes rêves, le premier grand roman américain pas terminé, quelques poèmes romantiques, ce rêve débile de la nuit dernière ou une citation super profonde qu’il était venu en voiture ce matin. Ce n’était que des brouillons, un tour de chauffe avant un futur chef-d’œuvre. » Page 58

De son côté, Ellia est une jeune fille audacieuse qui n’a pas sa langue dans sa poche et n’hésite pas à faire preuve de franchise envers ses proches. Elle est imprévisible et en pleine rébellion vis-à-vis de ses parents. L’amnésie qu’elle subit nuance et complexifie son personnage car si durant tout le récit elle tente de se reconstruire en essayant de récupérer ses souvenirs, elle reste réticente à redevenir de cette fille qui pour elle n’est qu’une étrangère. L’adolescente doit faire face à ses peurs et sa souffrance, c’est toute une démarche psychologique qui s’engage. A travers son personnage, l’auteur apporte une image positive et instructive de la psychologie et de la thérapie, des branches de la médecine qui sont mal connues du public jeune qui le confond souvent avec la psychiatrie. Le lecteur prend conscience du pouvoir du corps et de l’esprit, et c’est tout bonnement fascinant.

Les  personnages secondaires sont eux aussi bien développés, notamment Wade et Stacey, qui apportent beaucoup au récit avec leur personnalité, leur folie et parfois de sages conseils. Ils sont d’un grand soutien moral pour le couple face à des parents bornés et autorités qui manquent d’écoute. Ils jouent aussi un rôle important dans l’évolution des héros de l’histoire, et sont parfois même à la source de certains conflits.

Les sujets abordés par Jaime Reed sont variés mais tournent essentiellement autour de l’adolescence et de la gestion des sentiments. On y retrouve la complexité des relations familiales entre générations, qui emmènent à la découverte de soi et à l’émancipation. Mais aussi la question de l’hérédité et des relations sociales. Ellia et Liam ne viennent pas du même monde, ils sont différents, raison pour laquelle leur couple détonne. J’ai notamment été touchée par la situation familiale d’Ellia. Elle a une histoire familiale liée à la discrimination qui montre la difficulté et les obstacles liés au fait de faire partie d’une minorité. Le besoin de réussite fait partie intégrante de la mentalité de cette classe sociale noire qui a réussi par l’effort du travail. Les parents d’Ellia sont le produit de cette réussite, et elle l’héritière. Il y a donc beaucoup d’attentes vis-à-vis d’elle. Liam n’est pas en reste avec une famille qui est loin d’être classique, mais malgré tout ce n’est pas le thème le plus développé de l’intrigue. Celui des relations amoureuses est beaucoup plus percutant. Le personnage de Liam est un grand romantique, sensible et passionné. Lorsqu’il évoque son projet d’écriture, il nous transporte dans son monde où tout est beau, idyllique et digne d’un film romantique hollywoodien. Il se met complètement à nu et on ressent toute sa détresse et tout le déchirement de sa situation. C’est le truc typique de l’adolescence, avec des sentiments qui sont plus exacerbés et amplifiés. Entre trouver cela mignon, inquiétant ou  ridicule, difficile de choisir.

« J’allais écrire l’histoire d’Ellia et moi, notre rencontre, comment nous étions tombés amoureux. La totale. Ce serait le récit épique d’un amour trouvé perdu, avec la réalité crue que les comédies romantiques passent sous silence. Et quelle meilleure muse pour ma création que la fille la plus fascinante que j’aie jamais rencontrée ? » Page 58

J’ai grandement apprécié la description précise de l’état d’amnésie et de ses conséquences sur les proches, mais surtout sur la victime. Le lecteur prendra conscience de la difficulté que c’est d’être amnésique, un état comparable à un film paranormal où vous êtes conscient que rien n’est à sa place mais que ce n’est pas le cas pour les autres.

Au final, Keep me in mind est une romance touchante et pleine de bon sens. Elle traite de divers sujets liés à l’amour, la jeunesse, la famille et l’amnésie avec beaucoup d’habilité et de sensibilité. Le livre est porté par des personnages hauts en couleurs et attendrissants dans leur quête de vérité, d’émancipation et de connaissance de soi. On relèvera aussi la plume et le style simples et rafraîchissants de l’auteur qui, grâce à un double point de vue équilibré et bien utilisé, nous fait passer par une myriade d’émotions. Jamais je n’ai relevé autant de belles citations dans un livre. On ressort grandi de cette lecture, avec un final qui est vraiment juste et bien trouvé. C’est un livre qui conviendra aux plus jeunes comme aux moins jeunes, et que je ne peux que vous conseiller.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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