Le Labyrinthe : Le remède mortel - Un final épique et intense

20/02/2018

Titre : Le Labyrinthe : Le remède mortel

Réalisateur : Wes Ball

Avec : Dylan O'Brien, Kaya Scodelario Rosa Salazar, Thomas Brodie-Sangster, ...

Genre : Science fiction, Aventure

Durée : 2h22

Nationalité : Américaine

Sortie : 7 février 2018

Résumé : Dans ce dernier volet de l’épopée LE LABYRINTHE, Thomas et les Blocards s’engagent dans une ultime mission, plus dangereuse que jamais. Afin de sauver leurs amis, ils devront pénétrer dans la légendaire et sinueuse Dernière Ville contrôlée par la terrible organisation WICKED. Une cité qui pourrait s’avérer être le plus redoutable des labyrinthes. Seuls les Blocards qui parviendront à en sortir vivants auront une chance d’obtenir les réponses tant recherchées depuis leur réveil au cœur du Labyrinthe.

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Le labyrinthe (The Maze Runner) est un survivant. Cette saga littéraire écrite par James Dashner a la chance que peu d’autres adaptations de livres jeunesse ont eu : celle d’aller au bout de l’aventure cinématographique. Et pourtant, c’était loin d’être gagné. Les temps ne sont pas cléments avec les films destinés à un public jeune, beaucoup de projets n’ont pas trouvé grâce à leurs yeux, comme en attestent les nombreuses tentatives avortées au bout d’un ou deux épisodes pour certains. Pourtant, depuis l’an 2000, le cinéma « Young Adult » ou « jeunesse » avait tout du parfait filon après des adaptations réussies comme Harry Potter, Twilight ou Hunger Games qui ont généré des millions et remplit les salles. De quoi donner envie  aux studios de tenter ou retenter l’aventure en adaptant à tour de bras les best-sellers plébiscités par les ados avec le résultat qu’on connaît : désastre, déception, désillusion et frustration.

 

Les chances de voir une de nos œuvres préférées prendre vie sur grand écran s’amenuisent de plus en plus (pourtant la liste des prétendants est longue), les studios sont désormais frileux à l’idée de se lancer encore dans l’aventure. Le Labyrinthe : Le remède mortel est le dernier de sa lignée, et sans doute aussi le dernier de son temps. Alors après moult contretemps, le dernier opus de Wes Ball est-il à la hauteur de nos attentes ? Va-t-il faire ressusciter le genre ou lui donner le coup de grâce? Avons-nous aimé ce film ? La réponse est OUI.

C’est donc dans la douleur et avec du retard que Wes Ball a accouché de son dernier-né. Un dernier opus que l’on attendait avec impatience, après le grave accident de son acteur principal, Dylan O’Brien. Cela avait contraint le réalisateur à repousser le tournage et la sortie du film à 3 ans, ce qui aurait pu pousser les producteurs à abandonner le projet, car même si le second film tenait la route, il avait fait moins bien au box-office que son prédécesseur. Mais fort heureusement, ce ne fut pas le cas.

Le 3ème  volet prend place quelques temps après les événements du second film. Suite à la trahison de Teresa, Minho est retenu prisonnier par WICKED, l’organisation dirigée par Janson et Ava Paige. Thomas et les blocards, derniers survivants du Labyrinthe et de la Terre Brûlée, tentent le tout pour le tout pour libérer leur ami des griffes de l’organisation qui est à l’origine des massacres perpétrés dans le Labyrinthe et qui utilise de jeunes adolescents comme cobayes afin de créer un remède contre la Braise, le virus qui transforme la population en monstres zombies.  Des méthodes que Thomas n’approuve pas du tout. Pour arriver à ses fins, le groupe est contraint de se rendre dans la Dernière Ville encore debout, mais le chemin est semé d’embûches et le temps leur est compté. Arriveront-ils à s’infiltrer à temps pour libérer leur ami ? Et surtout ont-ils raison d’agir ainsi au risque de condamner l’humanité ?

Le premier bon point à souligner, c’est le fait que le réalisateur, Wes Ball, n’a pas suivi la danse en découpant le troisième tome en deux films. On a donc droit à un film long de 2h22 sans aucun temps mort et rythmé. Un pari risqué quand on sait que les tomes qui clôturent une saga sont généralement bourrés de détails et d’informations importantes indispensables à la bonne compréhension de l’arc narratif entier. Wes Ball a dû faire des choix mais a su garder l’équilibre nécessaire pour que son film réponde aux attentes de tous.

Le film commence très fort avec la séquence du train vue dans la bande annonce, qui indique clairement l’orientation principale du métrage : l’action. On constate que chacun des 3 films explore un style ou un genre en particulier. Après le suspense et le mystère dans le premier, le film post-apocalyptique et de zombie dans le deuxième, le troisième laisse la part belle à l’action et à la démesure. C’est d’ailleurs l’élément le plus réussi du film avec des scènes incroyables, pleines d’imagination et saisissantes d’intensité. Le début et la conclusion du film valent vraiment le coup d’œil, c’est épique et grandiose comme un feu d’artifice du 14 juillet.

Le traitement des personnages est beaucoup plus travaillé et développé, on s’attache pratiquement à tout le monde grâce à un casting convaincant et plutôt juste dans l’ensemble. Dylan O’Brien nous offre une performance qui monte crescendo depuis le premier film. Il se donne vraiment dans les scènes d’action et confirme son statut d’acteur capable d’endosser des rôles de personnages d’action au même titre que Tom Cruise pour ne citer que lui. Kaya Scodelario tient aussi son rôle mais est malheureusement (comme dans Pirates des Caraïbes 5) plus oubliable. Son jeu ne convainc pas vraiment, elle est trop transparente pour un rôle féminin principal, surtout quand le héros prend toute la place, contrairement à Rosa Salazar, plus discrète, que l’on retrouvera dans une autre adaptation attendue cette année (Alita : Battle Angel). Même si elle est moins présente dans le film, elle arrive à imposer son personnage convenablement.

Sans oublier Thomas Brodie-Sangster, Newt dans le récit, qui est tout simplement incroyable et poignant. Même certains seconds rôles qu’on avait tendance à oublier dans les deux premiers films sont mémorables et investis. Janson, joué par Aiden Gillen, fait un bon méchant, un peu facile et simple, mais l’acteur réussit tout de même grâce à un jeu remarquable à faire oublier ce défaut. En opposition, Patricia Clarkson, qui joue Ava Paige, est elle plus nuancée dans l’interprétation de son personnage. Ils forment un duo intéressant (une main de fer dirigée par un gant de velours).

La narration tient la route, avec son lot de rebondissements, de révélations et de retournements de situation. On a même droit au retour inattendu d’un personnage, même si pour le coup je n’ai pas compris comment ce tour de magie a été possible (si Superman et Harry Hart alias Galaad ont eu droit à une résurrection en 2017, pourquoi pas lui ?) ni en quoi c’était indispensable pour la poursuite de l’aventure. Etant donné que le film est plus axé sur la performance et l’action, cela laisse peu de place au développement ou aux explications sur le virus et ses enjeux. Tout tourne autour du sauvetage. Soit vous avez lu le livre et vous savez avec précision de quoi il en retourne, soit vous ne l’avez pas lu et vous vous satisfaites de ce que le film propose. Mais c’est vraiment regrettable car il y avait matière à faire. 

Autre remarque, le personnage de Thomas fait face à un dilemme entre sauver ses amis ou le monde mais bizarrement, ça passe au second plan. En tant que spectateur, on n’est pas spécialement déchiré par ce questionnement dans la première partie du film. Alors que dans la suivante, elle prend une autre dimension mais qui va toujours dans le sens des personnages. Thomas ne se remet jamais clairement en question sur ses actes. Au final, y a-t-il vraiment un dilemme ? La question se pose encore. Après visionnage, lorsqu’on fait le point sur l’ensemble de la saga, on note quelques imperfections, qui n’enlèvent rien à la cohérence du film mais qui manquent de logique. Mais globalement, et contrairement à Divergente, le film nous donne les réponses attendues et gère bien mais grossièrement ses explications.

Au niveau de la mise en scène, il n’y a pas grand-chose à dire, les effets spéciaux sont de très bonne facture, on a droit à un travail des lumières recherché mais on ne peut pas en dire autant de la musique. Si elle remplit son rôle en accompagnant l’action et en amplifiant la charge émotionnelle, elle est oubliable. On peut même affirmer que la saga n’a pas de thème musical principal ayant marqué les esprits, ou alors elle m’a complètement échappé. Ce qui est par contre mémorable, c’est l’identité visuelle des films qui là aussi se divise en trois (le côté bétonné du Labyrinthe allié aux espaces verts du premier film, l’aspect désolation et désertique et calciné du deuxième et pour le troisième, l’environnement citadin, urbain et métallique de l’acier). Les décors sont vraiment à la hauteur de nos espérances.

Le film et la saga dans son ensemble apportent un vrai message sur la société actuelle en fond, avec cette communication rompue ou difficile entre les générations, pas aussi réac que la chanson des enfoirés (Toute la vie). Nous présentons une jeunesse qui ne veut pas payer pour les erreurs des anciens et dont le conflit se résout avec radicalité sur une fin très ouverte qui invite à une suite. Dans notre monde qui se globalise et en même temps se replie sur lui-même, la Dernière Ville pourrait représenter symboliquement des valeurs, un mode de vie ou une société idéale que l’on garderait entre des murs à l’écart du danger. Un danger qu’elle a elle-même créé mais qu’elle ne veut pas affronter et qu’elle laisserait aux générations futures l’obligation d’assumer et de payer l’addition.

En conclusion, Le Labyrinthe : Le remède mortel tient en grande partie ses promesses et clôture honorablement la saga du Labyrinthe. Pour Wes Ball, dont c’est le troisième long-métrage et qui a donc peu d’expérience (ce qui est plutôt audacieux pour les studios d’avoir misé sur lui), l’exercice est vraiment réussi et encourageant pour la suite de sa carrière. Même sans avoir lu les livres, j’ai le sentiment que c’est une bonne et honnête adaptation. Wes Ball a su s’approprier le travail de James Dashner et proposer un film viable sans tomber dans l’adaptation trop fidèle ou trop libre. Oui, chers fans, il a pris des libertés, oui vous vous sentez trahis et c’est normal. Mais comme j’ai pu le dire pour d’autres adaptations récentes (genre Death Note), jugez le film pour ce qu’il est : un film et non un avatar ou une copie. C’est un bon divertissement qui fait le job même si on regrette que les enjeux n’aient pas un meilleur traitement. Avec ses personnages et une histoire crédible, la majorité du temps le casting campe plutôt bien son rôle. Malgré tout, ce n’est pas une saga qui va rester dans les mémoires car elle n’est pas assez originale dans son propos pour accéder au même rang qu’Hunger Games, dans le même genre.

Je terminerai de la manière suivante : depuis quelques semaines, de nombreux médias affirment qu’avec le Labyrinthe s’achève l’ère des adaptations jeunesse. C’est un fait, mais ce n’est pas pour autant une bonne nouvelle. Les studios auraient tort de fermer la porte à ce genre car ils sont loin d’être de mauvaises sources pour un film. Ces projets ont leur public, un public qui sait ce qu’il veut mais qui n’est pas véritablement pris au sérieux. La faute revient aux studios, producteurs et réalisateurs qui appliquent des formules toutes faites et bien clichées dans certains cas, sans réellement comprendre l’œuvre qu’ils adaptent. La littérature jeunesse est loin de se résumer à de l’action, des amourettes d’ado, des triangles amoureux ou des acteurs à belle gueule… Non, c’est beaucoup plus que du divertissement. Ce sont des aventures dans lesquelles on questionne la société, la morale ou la politique au niveau des jeunes, voire des plus âgés. Les adaptations littéraires ont joué un rôle non négligeable pour la génération qui a grandi dans les années 90 et 2000, elles participent à l’essor du cinéma au même titre que les Marvel. J’espère que des réalisateurs auront le courage de réessayer car il y a encore des chances de s’illustrer avec le genre si les acteurs de l’industrie cinématographique prennent la peine de les prendre au sérieux. Qu’ils arrêtent de les voir seulement comme un produit de consommation usable dans l’objectif de se faire simplement et facilement des sous. L’argent ne devrait pas être le but, mais la conséquence d’un travail bien fait.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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