Les loyautés - Un style remarquable mais une vision du monde bien trop négative.

08/02/2018

Titre : Les loyautés

Auteur : Delphine de Vigan

Editions : J. C. Lattès

Prix : 17,00 €

Parution : 3 janvier 2018

Nombre de pages : 208 pages pages

Genre : Contemporain

Résumé : "Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d'innommable susceptible de se révéler un jour, comme une encre sale, antipathique, se révelerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-même ce démon silencieux capable de mener, pendant des années, une existence de dupe ?"

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Depuis que j’ai découvert la plume de Delphine de Vigan il y a deux ans en lisant D’après une histoire vraie, j’attendais avec impatience la sortie de son nouveau roman. Et clairement, on peut dire qu’elle a pris son temps pour le rédiger ! Malheureusement, je ressors mitigé de ma lecture, voire déçu. Je remercie néanmoins les éditions J. C. Lattès pour leur envoi. 

Alors, tout d’abord j’ai été surpris pas la longueur du livre. 200 pages, c’est court. J’avoue avoir un peu de mal avec les nouvelles ou les récits, comme celui-ci, qui s’en rapprochent. Tout simplement parce que j’ai systématiquement l’impression de lire une oeuvre inachevée. A peine je commence à m’attacher aux personnages et à développer un intérêt réel pour l’histoire, que c’est déjà la fin. Je me retrouve alors frustré avec la sensation de m’être fait avoir. Et pour être honnête, c’est exactement ce qui s’est passé ici. Un peu comme si en zappant les chaînes, j’étais tombé sur un téléfilm dont j’avais raté le début. Bon, je comprends rapidement de quoi il s’agit, qui est qui, quel est le sujet, je me prends au jeu et, peu de temps avant la fin, coupure de courant. Les loyautés commence au milieu d’une scène « d’action » et se termine au milieu d’une autre scène « d’action ». On n’a pas vraiment d’incipit ni de point final. Ce qui est vraiment perturbant ! 

J’ai également eu beaucoup de mal avec les idées véhiculées au sein du récit. C’est une vision très sombre de la vie de famille et de couple que nous propose l’auteur. Alors oui, je suis d’accord qu’on a tous nos petits secrets, des choses qu’on ne partage pas forcément, même avec notre conjoint. Mais de là à dire que chaque ménage a des squelettes dans ses placards, non. Tous les maris ne trompent pas leurs femmes, toutes les femmes ne sont pas alcooliques, tous les pères ne violent pas leurs filles et tous les enfants ne sont pas dépressifs. En règle générale, ces thématiques ne me dérangent pas lorsqu’elles sont introduites individuellement. Ici, elles sont toutes présentes, concentrées en 200 pages qui plus est, ce qui rend l’ensemble d’autant plus anxiogène

Malgré tout, le style Delphine de Vigan est tellement fluide qu’on dévore l’intégralité du roman totalement en apnée. J’ai été accroché du début à la fin, incapable de lâcher le bouquin tant j’étais avide de savoir comment ça allait se terminer (bon, concernant ce point vous aurez compris que ma curiosité n’a pas totalement été assouvie). C’est le genre de livres qu’on lit en se disant que ça a dû être simple de l’écrire. Mais c’est justement là où on se rend compte du talent de l’auteur, car plus ça paraît simple, plus c’est, en réalité, étudié. 

Du côté des personnages, je les ai forcément trouvés peu approfondis. Sachant qu’ils sont quatre à être principaux et que leurs points de vue s’alternent d’un chapitre à l’autre, il me semble compliqué de véritablement travailler leur psychologie en si peu de temps. Néanmoins, on rentre vite dans leurs têtes et les cerne rapidement. L’auteur parvient aisément à transmettre son message sans avoir besoin d’en faire des tonnes et, même si je ne suis pas d’accord avec elle sur tout (loin de là), je n’ai pas eu de mal à comprendre ce qu’elle a essayé de démontrer. 

En conclusion, je dirais que Les loyautés est un roman qui, de toute façon, vous marquera. Soit vous allez être sensibles et réceptifs à la vision de l’auteur, soit sa négativité vous mettra mal à l’aise. Dans un cas comme dans l’autre vous y réfléchirez encore longtemps après avoir refermé le livre.
Une chose est sûre, si vous traversez une période difficile, ce n’est pas forcément le bouquin que je vous recommanderais pour remonter la pente !  

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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