Les travaux d'Apollon, Tome 1 : L'oracle caché - Un retour bien pensé mais mitigé

11/02/2018

Titre : Les travaux d'Apollon, tome 1 : L'oracle caché

Auteur : Rick Riordan

Editions : Albin Michel Jeunesse

Prix : 16,90 €

Parution : 28 septembre 2016

Nombre de pages : 455 pages

Genre : Mythes/Mythologie, Jeunesse, Humour

Résumé : Zeus punit Apollon en l'envoyant sur terre, à New York, transformé en adolescent de seize ans. Pour survivre à ses nombreux ennemis et obtenir le pardon de Zeus, Apollon demande de l'aide à Percy Jackson et à la colonie des sang-mêlé.

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Après nous avoir fait découvrir Percy Jackson puis les Héros de l’Olympe, Rick Riordan nous revient avec de nouvelles aventures pour notre plus grand plaisir. En 10 ans et 10 livres, l’univers mythologique de Rick Riordan n’a cessé de s’étendre, d’abord avec les mythes liés à la Grèce Antique, puis avec Rome. Alors qu’on refermait avec regret le chapitre des 7 héros de la prophétie avec un final épique, l’auteur nous faisait bien comprendre que l’aventure était loin d’être terminée (heureusement). D’abord avec un nouvel univers mythologique : après le panthéon des divinités égyptiennes, c’est au tour des créatures nordiques d’entrer dans la danse. Une bonne nouvelle, on n’en doute pas, mais ce que nous les fans de la première heure désirions tous, c’était de nous replonger dans cet univers qui nous était familier, et revoir Percy et ses compagnons de route avec toutes les divinités et les monstres déjà installés dans notre imaginaire. Ça, l’auteur l’avait prémédité. Alors en plus de la piste nordique, l’écrivain américain s’attaque à un autre mythe moins connu mais avec un personnage qui lui ne l’est pas : le grand et pénible Apollon.

Après avoir vaincu Gaïa et ses géants, les camps grecs et romains font table rase de leur ancienne querelle et amorcent une nouvelle ère dans leur univers. Tout est à reconstruire, mais tout le monde semble d’accord pour dire que le pire est passé et que l’avenir de paix tant espéré semble possible après avoir débarrassé le monde des titans et des géants. Une paix de courte durée pour les demi-dieux car six mois plus tard, des événements étranges ont lieu dans le monde magique qui menacent directement la colonie des sang-mêlé. C’est dans ces moments de trouble que le Dieu du soleil et de la musique, Apollon, atterrit. Mais le dieu de 4000 ans n’a plus rien d’une divinité olympienne. Il est désormais Lester Papadopoulos, adolescent boutonneux dépourvu de pouvoirs, abandonné par ses pères et comble de l’ironie, souffrant d’une amnésie partielle. Puni par son père Zeus qui le rend responsable de l’attaque de Gaïa, Apollon doit accomplir des travaux pour réintégrer l’Olympe en se mettant au service d’un maître. Apollon sait bien à qui faire appel, mais malheureusement pour lui, rien ne se passe comme prévu.

L’univers de Rick Riordan est de retour et c’est un réel bonheur d’avoir une suite. Mais est-ce une bonne suite aux précédentes aventures ? Est-ce que c’est à la hauteur de nos espérances ? Difficile à dire. Après lecture, j’ai un avis plutôt mitigé. L’histoire des travaux d’Apollon part sur une bonne idée. Après avoir suivi le parcours initiatique d’un jeune garçon passant de l’enfance à l’adolescence avec Percy, puis la difficulté de former un groupe solide malgré l’adversité avec les 7 héros de la prophétie (Annabeth, Percy, Jason, Piper, Léo, Hazel et Franck), l’auteur américain s’intéresse au regard divin en mettant au centre de son histoire le dieu Apollon, fils du puissant Zeus. Les 5 prochains livres lui seront donc consacrés, ce qui nous permettra de voir son évolution. A travers de nombreuses rencontres, Lester/Apollon va découvrir ce qu’être un simple humain signifie, il fera face à leurs difficultés au quotidien en tant qu’ado et demi-dieu, ce qui est comme on le sait loin d’être une mince affaire. Bien que ce ne soit pas la première fois que le dieu du soleil se retrouve exilé et que la principale source d’inspiration reste la mythologie gréco-romaine, je ne peux pas m’empêcher d’apercevoir une inspiration christique dans l’idée de Riordan pour son personnage (Jésus envoyé par son père en tant qu’homme pour sauver le monde, ça vous dit peut-être quelque chose).

Après deux sagas de 5 livres et deux autres de 3 livres, on commence à bien connaître le style narratif de Riordan. C’est agréable de retrouver sa plume, son humour décalé et ses personnages issus de la diversité, mais c’est aussi ce qui fait son défaut dans le premier tome de cette nouvelle saga. Les histoires ont la même mécanique : il y a un problème, une prophétie tombe, un trio de héros part en quête, beaucoup de péripéties conclues par un final épique. C’est un poil répétitif, si bien qu’on n’a plus vraiment de surprises ou de rebondissements dignes de ce nom à se mettre sous la dent. Tout est prévisible en surface. Avec le temps j’espérais plus de maturité car même si la cible du livre reste les adolescents, depuis le premier tome des aventures de Percy Jackson en 2005, les premiers lecteurs ont bien grandi. Et même si on est fan de cet univers, il est difficile de se sentir concerné avec toujours les mêmes ficelles. Exemple : l’utilisation de la caricature et du grotesque. C’est un classique de l’univers mais c’est dommage que ce soit parfois poussif, redondant et qu’il n’y ait pas une évolution. En bref, le gros problème de Rick Riordan, c’est de ne pas oser d’autres choses, de rester sur ses acquis sans se mettre en danger. Au final, la formule fonctionne bien puisqu’il en est à son 16ème  livre, mais bon ça commence à devenir lassant. La seule originalité notable du livre, c’est le fait que l’action se déroule uniquement à New York puis à la colonie. Il n’y a pas de traversée des USA, pour une raison précise que je vous laisse découvrir.

Ce qu’on ne peut pas lui reprocher, c’est le travail apporté à ses personnages. Ils ont toujours des traits de caractère très appuyés et reconnaissables (pas loin de la caricature), surtout au début d’une saga. C’est sa base brute qu’il affine au fur et à mesure que les tomes se succèdent. C’est l’élément qui donne toute la saveur et le relief à l’ensemble de sa bibliographie. Tous sont attachants, drôles et touchants à découvrir. Dans ce tome, on fait la connaissance de pas mal de nouveaux personnages, mais le plus important c’est Apollon. Le héros de cette saga est un dieu, dieu déchu mais un dieu malgré tout avec tout ce qu’il y a de détestable et d’agaçant chez eux. Apollon manque d’humilité et de reconnaissance, comme tous les olympiens, c’est une vraie plaie tout au long du récit. Il est égoïste, égocentrique, narcissique, lâche et imbu de lui-même (et la liste est longue). C’est l’antihéros dans toute sa splendeur. C’est l’occasion pour nous de nous mettre dans la peau de ces divinités qui se servent de leurs enfants comme de la chair à canon sans le moindre regret. Le choix d’Apollon n’est pas anodin, c’est un dieu que l’on connaît mal, le lecteur aura donc la possibilité d’enrichir son savoir mythologique avec les mythes qui entourent le dieu de la musique.

Meg est peut-être le personnage le plus caricatural qu’il m’ait été donné de lire (en fait non, Apollon l’est encore plus). Ses liens avec certains personnages sont assez complexes et les mystères qui entourent cette gamine sont bien développés. Son insolence et son caractère de sale gosse fonctionnent très bien avec Apollon. C’est un bon duo même si son style vestimentaire laisse à désirer. Atypique et badass comme il faut, elle n’en reste pas moins une petite fille de 12 ans traumatisée avec ses propres démons à combattre. Pour ne pas gâcher la surprise, je vais m’abstenir de développer mon avis sur les autres personnages qui sont plus secondaires, je me permets seulement de préciser qu’on en a des nouveaux mais aussi des anciens, et que ça fait plaisir de les voir pour certains.

Beaucoup reprocheront que Percy et les autres ne soient pas plus présents, mais c’est une bonne chose. Même si on adore Percy, il n’est pas pour autant le centre du monde. Il a eu sa saga, un sacré rôle dans la suivante mais il est temps qu’il cède sa place à d’autres personnages (tout le monde a droit à une retraite tranquille après avoir sauvé le monde deux fois). Il est temps de laisser d’autres personnages s’illustrer. Là où je pourrais chipoter, c’est dans le choix du héros. Si Rick Riordan a toujours mis en avant la diversité des USA, ce n’est pas le cas pour ses personnages principaux. J’ai beau aimer Apollon, Percy, Carter et Chase, mais une fille en ambassadrice de saga, cela aurait été bienvenu. Peut-être devrait-il y songer s’il abordait un jour d’autres univers mythologiques, des univers mythologiques hindous par exemple. Alors oui, il y a des filles badass et bien développées, mais elles ne sont souvent que des adjuvantes et pas forcément le moteur de l’action.

Le nouvel ennemi trouvé est une bonne idée qui permet d’en découvrir encore plus sur Rome, avec ses empereurs et leur rôle dans l’histoire de l’Empire romain, même si j’ai trouvé que leurs revendications et leur manière d’arriver à faire certaines choses étaient un peu brouillonnes. Ça reste cohérent, mais parfois on a du mal à y croire quand on reste dans l’idée que les dieux sont omnipotents et qu’ils n’ont rien vu venir. L’avantage avec l’introduction d’un ennemi de ce type, c’est qu’il permet d’explorer le thème de l’hybris, le pire crime selon les dieux.

En conclusion, Les travaux d’Apollon – Tome 1 : L’oracle caché reste un livre de bonne facture et une suite correcte aux aventures des héros de l’Olympe. Il nous ramène dans un univers familier et humoristique avec ses personnages haut en couleur et attachants. Mais le récit en lui-même, sa structure narrative n’est pas originale. L’auteur reste dans sa zone de confort et ne prend aucun risque. Le résultat, c’est que ça manque de surprises pour le lecteur. Malgré tout, j’ai passé un bon moment et j’ai hâte de lire la suite. Si à la lecture de cette chronique vous voulez en savoir davantage sur Rick Riordan et ses merveilleuses histoires, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à l’article d’Alicia qui survole l’intégralité de ses sagas.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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