Les travaux d’Apollon, Tome 2 : La prophétie des ténèbres - De bonnes intentions mais un récit qui manque de peps

16/02/2018

Titre : Les travaux d’Apollon, Tome 2 : La prophétie des ténèbres

Auteur : Rick Riordan

Editions : Albin Michel Jeunesse

Prix : 16,50 €

Parution : 4 octobre 2017

Nombre de pages : 496 pages

Genre : Fantastique, Aventure, Mythologie, Young Adult

Résumé : Zeus a puni son fils Apollon -dieu du soleil, de la musique, du tir à l'arc, de la poésie, et plus encore- en le jetant sur terre sous la forme d'un mortel dégingandé, de seize ans, couvert d'acné, nommé Lester. Le seul moyen pour Apollon de retourner sur le mont Olympe est de rétablir plusieurs Oracles qui ont sombré dans les ténèbres. Comment Apollon/Lester pourrait-il sauver les Oracles sans ses pouvoirs? Après avoir connu une série d'essais franchement humiliants et dangereux à la Colonie des Sang-Mêlés, Apollon doit maintenant quitter la sécurité relative du terrain d'entraînement et embarquer pour un voyage ébouriffant à travers l'Amérique du Nord. Heureusement, ce qui lui manque en grâces divines, il les gagne en nouvelles amitiés -avec des héros qui seront très familiers aux fans des séries Percy Jackson et Héros de l'Olympe. Venez pour ce qui promet d'être un tour rempli d'aventure, d'humour et de haïku.

.

Après avoir sauvé la colonie des Sang-Mêlés de la destruction prévue par Néron, Lester/Apollon, toujours dépourvu de ses pouvoirs, s’est mis en route à la recherche de l’Oracle de Trophonios, comme l’Oracle de Dodone le lui a demandé. En compagnie de Léo Valdez et de Calypso, la nymphe, ils atterrissent dans la ville d’Indianapolis. Après un périple de presque 6 mois semé d’embûches, l’équipe décide de faire une pause pour des raisons de maintenance mais est prise à parti par de drôles de créatures envoyées par le Triumvirat pour les capturer. Dans l’incapacité de quitter les environs, ils trouvent refuge chez des alliés, mais les ennuis sont loin d’être terminés pour nos amis qui voient la montée en puissance de la deuxième tête du Triumvirat. Un ennemi qu’Apollon connaît très bien. Trop bien.

Comme souvent, c’est toujours un grand plaisir de retrouver le monde imaginé par Rick Riordan. On continue donc à suivre les rocambolesques aventures d’Apollon en mode mortel. L’intrigue en elle-même dans la forme reste similaire aux précédentes histoires, mais dans le fond il y a quelques changements. Comme remarqué dans le premier tome, Rick Riordan semble vouloir sédentariser les péripéties de ses personnages. Les quêtes avaient toujours tendance à mener les personnages vers de nouveaux horizons, mais comme dans le premier tome où Apollon reste dans les environs de la colonie des Sang-Mêlés et de New York, l’action principale se cantonne à Indianapolis et ses alentours. Un choix qui est le bienvenu selon moi puisqu’il permet de se poser et de vraiment s’investir dans le lieu. Dans la structure du récit, on voit clairement qu’il est divisé en 3 parties avec trois missions majeures dans lesquelles chaque personnage s’illustre à sa manière, mais l’auteur veille scrupuleusement à ce que les règles établies de son univers soient respectées, comme celles des quêtes toujours menées à trois. Pour ce qui est de la narration et de la progression du récit, je suis restée sur ma faim. J’ai beau aimer l’univers de Rick Riordan, cette nouvelle saga n’est pas aussi enthousiasmante à découvrir. Le second tome est sympa avec de bonnes idées ou initiatives et j’ai passé un bon moment à les lire, mais je n’ai pas retrouvé cet entrain habituel à parcourir les pages pour vite connaître la suite des pérégrinations d’Apollon, tout simplement parce que l’histoire manque de force et de piquant.  

Comme toujours avec les livres de Rick Riordan, les personnages sont au centre de son récit. On retrouve donc une équipe qui n’est pas au mieux de sa forme, Apollon n’a toujours pas ses pouvoirs, Calypso depuis sa libération est réduite elle aussi au rang de mortelle. Il ne reste que Léo, ses inventions farfelues et ses blagues douteuses pour soutenir le groupe en cas de mauvaises rencontres. Et des mauvaises rencontres, il va y en avoir. Le groupe fonctionne plutôt bien mais tout n’est pas rose. Il y a beaucoup de tensions qui apparaissent, surtout entre Apollon et Calypso, qui prennent un malin plaisir à se chahuter.

Comme vous l’aviez compris, Léo est de retour et ça fait plaisir de retrouver son humour, il a un peu mûri et pris de l’assurance. Sa relation avec Calypso montre ses premières failles. La communication n’est pas toujours simple entre les deux amoureux ; même s’ils reconnaissent avoir des atomes crochus qui facilitent les choses, leur couple n’est pas encore stable pour des raisons que l’auteur prend le temps d’exploiter dans son récit. Le personnage de Calypso, que l’on connaît très peu, prend aussi de l’épaisseur. Elle est certes rancunière, mais elle est aussi volontaire et n’hésite pas à se lancer dans la bataille au risque de se faire mal. Comme Apollon, sa nouvelle situation de mortelle n’est pas facile à gérer, se sentir vulnérable et en territoire inconnu n’enchante pas la jeune nymphe. Malgré ses faiblesses, elle veut se rendre utile par tous les moyens possibles. La difficulté avec son personnage, c’est qu’il est difficile de la voir comme un personnage à part entière, mais plus comme une partie du duo qu’elle forme avec Léo.

Pour ce qui est des personnages principaux de la saga, Apollon lui aussi évolue doucement mais sûrement dans le bon sens. Grâce à ses rêves, il retrouve quelques bribes de son passé, ce qui nous permet de découvrir un jeune dieu plus nuancé dans ses excès. Le lecteur prend conscience de beaucoup de faits sur le personnage, par rapport à son caractère passionné dans ses relations, à sa sensibilité, sa vulnérabilité et aussi ses faiblesses. Même s’il reste pénible et puéril à certains moments, il prend son destin en mains et va de l’avant pour accomplir sa mission. Il fait preuve de courage et assume de plus en plus ses erreurs. Il apprend beaucoup de lui et des autres. Ce qui est intéressant à suivre avec lui, ce sont ses prises de conscience. Apollon fait pleinement l’expérience de la mortalité. Il prend conscience de la difficulté d’être un demi-dieu, de se projeter dans l’avenir, d’avoir des aspirations, de nouer des relations, bref d’être un adolescent comme un autre. Au travers des rencontres, il se rend compte aussi de la valeur de la vie, en apprenant le partage, le sens du sacrifice, des responsabilités et de l’amitié. Mais le plus hilarant, c’est lorsqu’il fait l’expérience de l’injustice divine.

En ce qui concerne Meg, elle reste la gamine du premier tome, à savoir indomptable et atypique. Dans ce second tome, on en apprend plus sur son passé, son fardeau, ses peurs et ses regrets, et l’on ressent tout le traumatisme qu’elle a gardé de la disparition de son père. La relation complexe et néfaste qu’elle entretient avec Néron reste encore un mystère pour nous malgré les quelques renseignements que nous donne le livre, mais la fille de Déméter est un personnage attachant à sa manière mais toujours un peu caricaturale. Il est fort à parier qu’elle nous réserve encore pas mal de surprises à l’avenir.

Après avoir vu et revu certaines divinités très connues du panthéon gréco-romain dans les précédentes histoires, le récit s’attarde sur des nouvelles. Moins connues du public, leur existence en dit beaucoup sur cette manie qu’avaient les grecs et romains à imaginer une idole pour tout et n’importe quoi (sérieux, y avait-il besoin d’un dieu ou d’une déesse des cochons ou des égoûts ?). Du côté des empereurs, Néron est moins présent et développé. On fait la rencontre d’un deuxième membre du Triumvirat, l’empereur Commode, avec qui Apollon a une histoire que je qualifierais de compliquée à assumer (comme toutes ses relations d’ailleurs). C’est un empereur mégalo et fou, adepte du massacre et du meurtre de ses généraux pour n’importe quelle raison, c’est l’excès dans toute sa splendeur et on ne risque pas de l’oublier, celui-là. L’auteur investit toujours autant la culture-gréco romaine et américaine en les mixant, en nous présentant de nouvelles créatures aux particularités aussi drôles que ridicules comme les Blemmyaes, créatures d’une extrême politesse, ou les griffons, animaux mi-aigle mi-lion amateurs de nuggets. Mais le personnage le plus original du livre, c’est Weststation, que j’espère revoir par la suite.

Au niveau des thèmes abordés, il y a celui de la paternité qui est plus creusé, mais surtout celui de la parentalité, de la famille et de l’adoption, avec les craintes qui accompagnent cette situation. D’une certaine manière, la façon d’aborder cette situation ne me plaisait pas vraiment, mais il faut reconnaître que les réactions de certains personnages sont appropriées et en phase avec la réalité. On continue aussi d’explorer l’orientation sexuelle, mais avec plus de profondeur sur la question des sentiments et du couple (non, pas de scènes pour adultes, on est dans un livre jeunesse, voyons !).

Au final, Les travaux d’Apollon, Tome 2 : La prophétie des ténèbres, malgré des personnages bien exploités et des péripéties épiques, n’arrive toujours pas avec ce second tome à retrouver le dynamisme des précédentes sagas. Mais la plume de Rick Riordan reste toujours aussi amusante à parcourir. Même si je commence un peu à me lasser, je ne suis pas prête à arrêter la saga car  il y a trop de mystères qui demeurent et qu’en tant que fan, retrouver cet univers tous les ans est loin d’être une corvée. La question que je me pose est la suivante : n’est-ce pas la saga de trop ? Le monde fantastique de Riordan n’a-t-il pas atteint ses limites ? J’espère que les 3 tomes à venir ne renforceront pas cette impression.

.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
2 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *