Mille soleils - Percutant ?

22/02/2018

Titre : Mille soleils

Auteur : Nicolas Delesalle

Editions : Préludes

Prix : 15,60 €

Parution : 10 janvier 2018

Nombre de pages : 256 pages

Genre : Contemporain

Résumé : Ils sont quatre, réunis en Argentine par le travail et des passions communes. Vadim le taiseux aime la physique des particules, et le bel Alexandre a installé des panneaux solaires sur les 1 600 cuves de l’observatoire astronomique de Malargüe. Avec ses yeux clairs, Wolfgang est un astrophysicien rêveur, spécialiste des rayons cosmiques d’ultrahaute énergie. Quant au jeune Simon (qui consulte toujours Clint Eastwood avant de se décider), il doit écrire un article sur ces rayons pour le CNRS. Ils ont quelques heures pour parcourir 200 kilomètres de piste et prendre leur avion à Mendoza. Pourtant, en une seconde, leur existence va basculer.
Que faire quand le drame survient et que, du haut d’un volcan, seul le ciel immense de la pampa vous contemple ?
Avec ce huis clos à ciel ouvert, Nicolas Delesalle signe une histoire d’une intense émotion parcourue de paysages sublimes, d’instants tragiques mais aussi d’humour et de poésie. Un roman envoûtant, qui reste longtemps en tête une fois le livre refermé.

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Si vous lisez régulièrement mes chroniques, vous savez certainement que le contemporain n’est pas mon genre de prédilection. Je me laisse effectivement peu tenter par ce qu’on appelle « la littérature blanche » car les thématiques qui y sont abordées m’intéressent rarement. Il n’empêche que de temps à autre, il arrive qu’un résumé retienne particulièrement mon attention ou qu’un auteur plébiscité suscite ma curiosité. Mille soleils appartient à cette première catégorie. Sans grand étonnement, la mention d’un « huis clos à ciel ouvert » a fortement contribué à me convaincre. On ne change pas une équipe qui gagne, n’est-ce pas ?
Bref, je remercie les éditions Préludes pour leur envoi et je vais maintenant vous expliquer pourquoi la relation que j’entretiens avec le contemporain s’apparente davantage au coup d’un soir qu’aux noces de diamant.

Commençons par le style. Très journalistique. Sans doute parce que l’auteur a exercé le métier de reporter avant de se lancer dans l’écriture. Mais visiblement, les habitudes ont la dent dure. On sent immédiatement cette volonté d’aller à l’essentiel, d’épargner les détails. Et en un sens, ce n’est pas plus mal ! Bon nombre de romans actuels souffrent de longueurs inutiles qui alourdissent le récit. Ici tout est très clair dès le départ. L’auteur a quelque chose à raconter et il le fait sans passer par quatre chemins. J’ai personnellement adhéré à la plume très hachurée de Nicolas Delesalle, bien que j’ai d’abord été déboussolé par ce qui m’a semblé être une énumération de faits plus qu’une construction narrative. 

Au niveau des personnages, je ne dirais pas que je me suis véritablement attaché à eux. Ils sont tout de même nombreux pour un roman de 250 pages. Cependant (et ce grâce au style épuré), ils m’ont tous marqué par leur vécu. L’auteur a, en effet, fait le choix de se concentrer sur des fragments de vie plutôt que de l’exposer dans son intégralité. Et je dois dire que ça fonctionne plutôt bien. L’histoire telle qu’il a voulu la raconter ne nécessitait pas une description laborieuse de chacun des protagonistes mais une sélection judicieuse de ce qu’ils pouvaient lui apporter. Ce sont donc des tranches d’existence livrées au lecteur qui, à défaut de rendre un personnage réellement attachant, permettent de créer une connexion passagère mais instantanée. 

En ce qui concerne l’intrigue, j’ai une nouvelle fois envie de faire appel à l’exemple avec lequel j’avais illustré une de mes précédentes chroniques d’un roman contemporain. Entamer Mille soleils, c’est comme tomber sur un film dont on aurait loupé le début et ne verrait jamais la fin. Arriver au milieu d’une scène d’action et repartir au milieu d’une autre scène d’action. Certains apprécieront, d’autres pas. Pour ma part, disons que je savais à quoi m’attendre avant de commencer ma lecture. 

Pour finir, j’aimerais expliquer la comparaison que je me suis permis de faire dans l’introduction de cette chronique. Je serais incapable de ne lire que du contemporain (là où m’empiffrer uniquement de thrillers pour le restant de mes jours ne me dérangerait pas), tout simplement parce que j’ai la sensation que le ton donné est inlassablement le même. Moralisateur au possible sous prétexte de vouloir faire évoluer les mentalités.
Toutefois, il arrive également qu’on ait d’excellentes surprises. Et ça a été le cas avec Mille soleils. Une ode à la vie qui pousse à la réflexion sans jamais être dans le jugement. Un récit percutant dont on ne ressort pas indemne. Un roman qui vous marque sans que vous vous en rendiez compte. Puis qui vous hante sans que vous ne puissiez l’oublier.

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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