Couleurs de l'incendie : une suite à la hauteur d'Au revoir là-haut !

02/03/2018

Titre : Couleurs de l'incendie

Auteur : Pierre Lemaître

Editions : Albin Michel

Prix : 22,90€

Parution : 3 janvier 2018

Nombre de pages : 535 pages

Genre : Littérature contemporaine

Résumé : Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l'empire financier dont elle est l'héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d'un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l'adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l'ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d'intelligence, d'énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d'autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l'incendie qui va ravager l'Europe.

.

Un grand merci tout d’abord aux éditions Albin Michel pour m’avoir permis de découvrir les nouvelles aventures de la famille Péricourt !

 

Deuxième tome d’une trilogie magistralement initiée avec le Prix Goncourt en 2013, Couleurs de l’incendie débute de la même façon que s’achevait Au revoir là-haut : par un drame. Au suicide d’Edouard Péricourt succède le décès du patriarche de la famille, Marcel Péricourt.

Mais la tragédie n’aurait pas été complète sans un élément aussi surprenant que rempli d’une certaine fatalité : l’accident du plus jeune Péricourt. Contre toute attente, le petit Paul survit mais son destin et celui de sa mère Madeleine, l’héritière de l’empire Péricourt, s’en trouvent changés à jamais. On retrouve là la patte de Pierre Lemaître qui allie le mystère à l’histoire. L’histoire de famille à la grande histoire, celle que tout le monde connaît. Car l’accident de Paul entraîne de nombreuses questions, dont la suivante : comment un garçon, certes bouleversé par la mort de son grand-père, a-t-il pu avoir un geste aussi désespéré ?

Cet élément romanesque ouvre intensément le récit : on est d’emblée plongé dans cette histoire d’héritage qui, c’était à prévoir, fait autant de déçus que d’envieux et donc de personnes dangereuses. Face à l’accident de son fils, Madeleine est désemparée et apprend malgré elle à vivre avec un Paul handicapé, dépendant aussi bien physiquement que sentimentalement.

Les proches de l’empire Péricourt, grands laissés pour comptes de l’héritage de Marcel, en profitent pour se rapprocher, conseiller cette mère éplorée et influençable. Qu’il est donc facile de jouer avec ses sentiments et son empire pour, finalement, le lui dérober !

A travers cette histoire familiale, Pierre Lemaître dresse un portrait complexe mais diablement réaliste des classes sociales des années 1930 : des riches héritiers à la petite bourgeoisie en passant par les domestiques et le monde de la presse, la galerie des personnages de ce roman véhicule de nombreux indices sociaux et comportementaux, sur une trame historique aussi fouillée que dans le tome précédent.

Car cette trilogie est avant tout historique. Le talent d’écrivain de Pierre Lemaître réside en cela : on est si imprégné du destin des Péricourt qu’on remarque à peine l’importance grandissante de la toile de fond historique développée par l’auteur. Aux gueules cassées de la Première Guerre mondiale succèdent la crise économique de l’entre deux guerres et la montée fulgurante du nazisme, en Allemagne et en France.

A travers cette galerie de personnages passionnels, attachants, nuancés, portée par une écriture tourmentée, fine et toujours accessible, Pierre Lemaître nous livre une leçon d’histoire aussi documentée qu’originale : on découvre une société, des valeurs, mais on se questionne aussi sur la véracité du récit, savant mélange entre faits historiques et imagination de l’auteur et, par extension, du lecteur.

 

Défi relevé haut la main après le succès d’Au revoir là-haut : Pierre Lemaître nous offre une fois de plus un récit envoûtant, passionnant avec des personnages complexes, que l’on n’oubliera pas. Élaborée aussi bien comme une fresque historique que familiale, cette trilogie est forcément longue, mais heureusement pleine de rebondissements. Vivement le troisième tome !

.

Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
1 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *