Passenger - Un diptyque pour les amateurs de voyages dans le temps

03/03/2018

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Titre : Passenger

Auteur : Alexandra Bracken

Editions : Milan

Prix : 17,90€

Parution : février 2018

Nombre de pages : 608 pages

Genre : Fantastique

Résumé : Soudain propulsée dans un couloir du temps, Etta, adolescente de 17 ans qui vit à New York, se retrouve sur un navire négrier en plein Atlantique au XVIIIe siècle. Cet événement marque le début d’une quête en plusieurs lieux et époques lui apprenant la vérité sur sa famille. Faute de retrouver un astrolabe, le futur de la jeune fille n’existera plus et le monde tel qu’elle le connaît sera bouleversé à jamais.

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J'ai toujours eu un faible pour les histoires de voyages dans le temps, et notamment de voyages dans le passé. J'aime m'imprégner de l'ambiance d'une époque – ce doit être mon côté « historienne du dimanche ». Ce qui est fou, c'est que l'on pourrait penser que j'aime tout particulièrement lire des romans historiques et, si c'est un type de romans que je prends plaisir à lire, ce n'est clairement pas mon setting préféré. En effet, j'ai vraiment un soft spot pour les histoires de voyages dans le passé parce que j'aime voir des personnages de notre époque confrontés aux enjeux, aux mentalités et à la morale d'autres siècles.

Avec un résumé pareil, c'était sûr que j'allais me pencher sur Passenger dont le tome 2 est sorti très récemment. J'aurais pu vous faire un article par livre, mais il se trouve que je me suis un peu emmêlé les pinceaux et j'ai reçu le tome 2 avant le tome 1. Au final j'ai lu les deux à la suite, alors autant vous en parler tout d'un coup ! Si vous n'avez pas encore lu le premier tome, pas d'inquiétude à avoir, vous pouvez quand même lire cette chronique qui sera sans spoiler !

Alors, ce diptyque par delà les siècles, ça donne quoi ?

Passenger est tout à fait l'exemple parfait du livre que j'aurais adoré adorer. Entre son résumé super alléchant et sa couverture franchement très réussie, j'avais vraiment envie de découvrir une petite pépite et de pouvoir en parler à tout le monde. Dans les faits, les choses sont un peu différentes et si j'ai vraiment apprécié ma lecture, je regrette qu'il n'y ait pas eu ce petit plus qui fait que pour moi, un ouvrage devient un coup de cœur.

Pourtant, quand j'y réfléchis, je trouve que ce roman a beaucoup de points forts. De l'écriture de l'auteur aux personnages en passant par le rythme du récit, de nombreux aspects m'ont semblé très agréables.

En ce qui concerne la plume de l'auteur, que j'ai découvert avec ce diptyque, j'ai beaucoup aimé son écriture que j'ai trouvée très fluide. Par ailleurs, contrairement à d'autres œuvres young adult, j'ai trouvé qu'Alexandra Bracken prenait vraiment le temps d'installer son univers. À aucun moment dans le roman on n'est confronté à une faille de logique ou à un ressort narratif sorti de nulle part et qui est expliqué un peu par-dessus la jambe – comme ça peut parfois arriver dans certains romans fantastiques. Le monde mis en place par l'auteur est très ancré et tient la route.

Personnellement, j'ai beaucoup aimé que les choses soient posées de cette manière, même s'il est évident que cela a une influence sur le rythme du récit. Je sais que certains lecteurs ont trouvé que la mise en place était trop longue et finissait par ralentir l'action. De mon côté, je préfère mille fois un univers complet et bien amené que de l'action pure et dure, mais il s'agit là d'une préférence toute personnelle.

L'autre gros point fort des deux romans est à mon sens l'écriture des personnages. Je les ai trouvés très riches et j'ai pris beaucoup de plaisir à les découvrir de plus en plus. Finalement, le personnage que j'ai le moins apprécié est celui d'Etta que j'ai trouvé un peu trop unilatéral et qui ne prenait que peu de recul sur les choses.

En revanche, absolument tous les autres personnages sont extrêmement bien construits. Ainsi, chacun d'entre eux porte en lui les enjeux et l'éthique de son époque en plus d'avoir – le plus souvent – un caractère bien trempé. Trop souvent, j'ai tendance à trouver que les personnages de tous lieux et de toutes époques ont spontanément les mêmes valeurs que celles du monde actuel. Pourtant, ici, j'ai trouvé que l'auteur abordait assez bien la question, notamment par rapport à la place de la femme.

Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est que le lecteur voit les personnages évoluer au fil du récit, mais qu'arrivé à la fin du tome 2, celui-ci est obligé de se rendre à l'évidence : ce n'est pas tant les personnages qui ont changé que le regard porté sur eux par le lecteur (et les autres personnages). En effet, si les objectifs des personnages sont mouvants, leurs valeurs et leurs comportements sont assez réguliers tout au long du livre, et pourtant le lecteur parvient à se faire une opinion différente d'eux. Ainsi, le personnage de Nicholas, qui est souvent assez froid, assez en retrait – et peut-être même un peu susceptible – ne se débarrasse pas de ces traits de caractère durant le récit, mais en tant que lecteur, on en vient à comprendre mieux ses réactions et à les interpréter différemment. Pour moi, cet aspect est un véritable tour de force de la part de l'auteur, car il est bien plus simple de rendre les personnages peu à peu plus sympathiques sans expliquer ce qui motive leur changement d'attitude.

J'ai trouvé les personnages tellement bien construits que, moi qui suis en général plutôt allergique à la romance, j'ai plutôt apprécié la manière dont celle-ci était amenée ici. Et il y a même certains moments où j'aurais aimé en avoir plus – c'est dire ! Pour moi c'est la preuve d'une parfaite maîtrise des choses par l'auteur puisque laisser certaines zones d'ombre fait à mon sens partie de la magie de l'écriture.

Mais après tant de points extrêmement positifs, qu'est-ce qui a bien pu aller de travers avec ce double récit ?

Eh bien tout simplement, je pense que je n'ai pas été très convaincue par l'histoire. Si j'ai été très séduite par le point de départ de celle-ci et l'idée de familles ancestrales fonctionnant plus ou moins par alliance pour lutter ensemble contre un ennemi commun, je n'ai pas été happée par les enjeux de ce diptyque et quelque part, je crois que je n'ai pas tout à fait adhéré à l'idée d'un objet ultime capable de résoudre les problèmes de toutes ces familles.

De même, si j'ai beaucoup aimé la fin – que j'avoue ne pas avoir anticipée – j'ai finalement peu apprécié les scènes d'action et notamment la scène finale qui voit se retrouver tous les protagonistes ou presque au même endroit. En réalité, pour moi l'ouvrage manquait de description. Comme le rythme de la narration était assez lent et l'univers très bien posé, la plupart du temps ce n'était pas un problème. Seulement, lors des scènes d'action, quand la narration s'accélère les descriptions sont d'autant plus importantes. Pour moi, les moments d'action sont tous un peu flous parce que je n'ai pas réussi à me les représenter clairement. J'ai trouvé ça très dommage et je pense que c'est aussi l'une des raisons qui ont fait que je n'ai pas été réellement touchée par les enjeux de cette histoire.

Cela dit, je vous encourage tout de même à vous lancer dans ce diptyque qui reste malgré tout très agréable à lire !

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