Coco - Un film époustouflant et touchant

12/04/2018

Titre : Coco

Réalisateur : Lee Unkrich, Adrian Molina

Avec : Andrea Santamaria, Ary Abittan, François-Xavier Demaison, ...

Genre : Animation, Fantastique

Durée : 1h45

Nationalité : Américaine

Sortie : 29 novembre 2017

Résumé : Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz.
Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révélera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Le mois dernier, à la cérémonie des Oscars, les studios Pixar faisaient un carton plein en remportant la statuette du Meilleur film d’animation et celui de la Meilleure chanson originale (Remember Me ou Ne m’oublie pas en version française) pour son film de fin d’année, Coco. Pourtant, à l’instar des autres studios de l’empire Disney, Pixar n’était pas au mieux de sa forme. Après avoir connu l’apogée dans les années 2000, les studios ont subi une petite baisse de régime niveau créations originales. Comme bien d’autres, ils se sont reposés sur leurs lauriers en axant leurs productions sur des valeurs sûres : les suites. À l’exception de Vice-versa de Pete Docter (2015), très peu se sont démarqués au box-office. Après l’excellent Toy Story 3, le réalisateur à succès Lee Unkrich revient avec un nouveau projet de longue date. Une idée originale qu’il développe et réalise avec Adrian Molina, un scénariste de l’écurie Pixar. Ensemble, ils s’attaquent à la fête des morts made in Mexico dans un film familial ambitieux. À quelques jours de la sortie nationale du DVD, petit retour sur le film Pixar de Noël 2017.

Chez les Rivera, comme partout au Mexique, la famille c’est sacré. Miguel, un jeune garçon de 12 ans, en sait quelque chose : dans leur petit village rural, ils ne sont pas moins de 4 générations à cohabiter ensemble et à faire tourner la cordonnerie familiale. La chaussure, c’est toute leur vie et l’emblème de leur réussite, un héritage qui reviendra dans quelques années à Miguel. Mais le petit garçon n’est guère intéressé par l’entreprise familiale, sa tête et son cœur sont portés vers une autre activité : la musique. Miguel rêve de devenir musicien comme Ernesto de la Cruz, une grande star du cinéma et un compositeur interprète de renom. Malheureusement pour lui, dans sa famille et pour une raison qu’il ignore, la musique est une fantaisie bannie, et sa grand-mère veille à ce que personne ne transgresse cette règle. Le jour de Dia de Los Muertos, Miguel découvre, grâce à une photo, que la musique n’a pas toujours été un tabou dans sa famille et que son idole de toujours pourrait être son bisaïeul. Mais malgré cette découverte, Elena ne veut rien savoir. Frustré, le garçon se réfugie sur la place du village où un concours de talents est organisé. Miguel y voit la chance de raisonner sa famille, mais il n’a pas de guitare. Désespéré, il emprunte celle de son idole dans son caveau, un acte qui va changer sa vie à tout jamais.

Le film de Lee Unkrich et d’Adrian Molina a un storytelling efficace. On démarre avec une intrigue plutôt simple et convenue, celle d’un petit garçon qui désire faire de la musique et qui va se perdre dans le royaume des morts. Mais au fur et à mesure de l’avancée du récit, et dans un rythme constant, les situations se complexifient, allant de révélations en rebondissements pour aboutir à un final magnifique et sincère dans son propos. Les réalisateurs ont vraiment réussi à immerger les spectateurs dans un Mexique festif, chaleureux et traditionnel, avec d’un côté le domaine des vivants, qui est contemporain au nôtre mais où la technique et la modernité sont vraiment restreintes (cela donne l’impression que l’histoire se déroule hors de notre temporalité), et de l’autre le royaume des défunts, qui est coloré, animé et ironiquement vivant. Contrairement à d’autres productions qui se sont évertué à représenter les enfers et la mort de manière macabre ou horrifique comme le ferait Tim Burton, Pixar joue la carte de l’humour et de la couleur.

Question ambiance, le film est chargé de références sur le plan culturel, avec par exemple le travail apporté sur les décors et les environnements. L’architecture dans le monde des vivants, et particulièrement celle de l’au-delà, témoigne des différentes influences qu’a connues le pays avec celle des civilisations précolombiennes et leur fameuse pyramide aztèque, celle de la colonisation espagnole ou encore l’architecture plus actuelle. Techniquement, le film est époustouflant. L’animation est sympathique et contrairement à ce qu’on pourrait croire, le style des squelettes se démarque vraiment d’autres productions. Les animateurs sont vraiment allés dans le détail en nous proposant des personnages très expressifs et personnalisés, toujours en tenant compte de l’époque originelle des protagonistes. Les décors ne sont pas en reste, avec un travail apporté aux effets de lumière ou sur la texture.

Du côté de la bande-son et de la musique, les sonorités mexicaines où la guitare acoustique et les cuivres sont les instruments typiques de ce genre musical sont mis à l’honneur grâce au discret travail du compositeur Michael Giacchino. Coco est en quelque sorte le premier film musical des studios Pixar, mais contrairement aux films d’animation musicaux auxquels Disney nous a habitués, la musique et les intermèdes chantés sont justifiés et s’intègrent parfaitement au récit. Malheureusement, même si la musique s’inscrit parfaitement dans l’univers graphique du film et met en valeur le folklore du pays, elle n’est pas vraiment mémorable (entendez-vous « ne m’oublie pas » en boucle dans la bouche des enfants ?).

Si Pixar, et d’une manière générale Disney, a toujours eu le chic pour nous plonger dans des univers du monde entier ou tout droit sortis de leur imaginaire, il réussit ici, comme on pouvait s’y attendre, à valoriser la culture mexicaine. C’est une véritable déclaration d’amour à peine voilée des studios à son voisin et à la communauté hispanique et latino, qui est depuis peu la première minorité des États-Unis. Face aux provocations et à la détermination du président Trump à ériger des murs, Disney répond par l’ouverture et la beauté du folklore mexicain. À l’image de ce magnifique pont qui fait le lien entre le royaume des morts et qui débouche sur un impressionnant, chatoyant et luxuriant mur (je fais péter les adjectifs) qui monte et qui ne semble pas avoir de fin. Ce qui est intéressant dans cette scène, c’est que le passage dans l’au-delà ne se fait pas de manière verticale avec une descente ou une ascension en fonction des actes des défunts, mais de manière horizontale grâce au pont. Ce qui ressort du film, c’est que les réalisateurs ont su saisir la mentalité et l’essence propres au Mexique avec des scènes comiques comme le passage à la frontière, l’omniprésence de la figure Frida Kahlo ou la fameuse sandale brandie par la Mama Elena pour corriger.

Le thème majeur du film, c’est la mort, avec tout ce qui se rapporte à elle, un choix risqué quand on vise un jeune public. Coco, c’est l’occasion pour petits et grands de découvrir Dia de Los Muertos, une fête traditionnelle mexicaine qui est bien loin de notre triste fête de la Toussaint en Occident. Par l’intermédiaire de cette fête, la mort est représentée de manière positive et rassurante et non comme une fatalité. Elle met en lumière l’importance du souvenir face au deuil qui permet d’aller de l’avant malgré l’absence de l’être aimé, un message fort qui fera écho à chaque spectateur. La mort fait partie de la vie, et un jour ou l’autre on doit y faire face. Après avoir regardé les péripéties de Miguel, impossible de ne pas penser à son propre vécu et de verser une ou deux larmes de crocodile. Dans les films d’animation Pixar, la thématique de l’oubli est omniprésente, et ici elle est appuyée par l’importance de l’image et du rituel à travers le motif de la photo sur les hôtels dédiés aux morts, mais aussi par le cinéma qui est le garant d’une forme d’immortalité.

Le récit tourne bien évidemment aussi autour de la famille en développant des notions comme l’héritage, la transmission et la tradition. On y montre aussi le poids de celle-ci, à l’image de Mama Imelda et de grand-mère Elena qui sont présentées comme les garantes de l’interdiction de pratiquer la musique et qui restent butées dans leurs préjugés. Ici, les parents se reconnaîtront dans leur désir de modeler leur enfant pour leur bonheur sans penser à leurs envies. D’un autre côté, le film met en opposition deux modes de vie, celui de la stabilité de la vie de famille, remplie de responsabilités, et celui de la vie d’artiste, qui rime avec liberté et notoriété, en y dévoilant les avantages et les inconvénients. La musique est aussi un thème central de cette histoire. À travers elle, on y voit l’ambition des personnages, leur amour de cet art qui est plus fort que tout au point de transgresser l’interdit familial. À ce niveau, c’est plus un besoin qu’une envie égoïste que manifeste Miguel.

Les personnages sont vraiment attachants et drôles, surtout le tandem Hector et Miguel. Le film a le mérite de ne pas tomber dans la facilité concernant son intrigue mais aussi ses personnages. Il n’y a pas de menace ou d’antagoniste identifiable pendant une bonne partie du film. Les menaces que rencontre notre héros sont plus des obstacles qu’autre chose. On évite donc le côté manichéen qui fait défaut dans les films pour enfants. Avec ces nombreux personnages, il est agréable de constater que tous sont bien exploités et que personnages principaux ou plus secondaires ont droit à une conclusion.

En conclusion, Coco est un très beau film d’animation digne du savoir-faire des studios Pixar. Il nous embarque dans une belle aventure au royaume des morts, relevant ainsi le pari de traiter de thématiques difficiles en alliant moments comiques et émotion. Ce qui en ressort, c’est un récit mature. Avec ses divers sens de lecture, l’intrigue parlera à toutes les tranches d’âge et sera bon support pédagogique pour parler de la mort aux enfants. C’est aussi un formidable voyage initiatique en compagnie de personnages attachants et dans un univers onirique et merveilleux mettant à l’honneur le chaleureux pays qu’est le Mexique à travers ses traditions et son folklore. Pour finir, Coco, c’est la preuve pour n’importe quel studio, maison de production ou réalisateur que prendre le risque de s’éloigner de sa zone de confort (remake, suite ou spin-off) en travaillant sur un projet original, c’est un risque, mais un risque qui paye. Comme le dit un vieux dicton mexicain : « On ne négocie pas avec la mort, mais on peut faire des affaires avec elle ». Visiblement, Pixar a fait une bonne affaire.

.

Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
2 I like it
0 I don't like it

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *