La Fille de la Noyée - Original tout en étant peu surprenant...

06/04/2018

Titre : La Fille de la Noyée

Auteur : Catherine Egan

Editions : Milan

Prix : 16,90 €

Parution : 7 mars 2018

Nombre de pages : 384 pages

Genre : Fantasy/Fantastique

Résumé : Julia a la capacité inhabituelle de se rendre invisible. Elle ne disparaît pas exactement. Elle recule simplement en un point de l'espace où la plupart des gens ne peuvent plus la percevoir. C'est une capacité dangereuse dans une société qui a interdit toutes les formes de magie et noie les sorcières dans des cérémonies publiques. Mais c'est utile pour un voleur et un espion. Et Julia l'a compris : le crime paye.

Elle est d'ailleurs très bien payée pour infiltrer la grande maison de Mme Och, espionner ses locataires étranges et s'informer sur les transactions suspectes qui s'y déroulent. Julia découvre qu'une sourde menace plane sur toute la maisonnée.

Mais cette découverte va aussi faire basculer son existence. Car elle n'avait pas imaginé que le traître dans la maison puisse être... elle-même.

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En voyant le résumé, je me suis rendu compte que je n’avais encore jamais lu de romans centrés sur les sorcières (sans compter Harry Potter bien sûr). J’étais donc fortement intrigué à l’idée de voir comment l’auteur allait traiter cette thématique, finalement peu répandue dans le genre Young Adult. Et bien que j’ai été séduit par l’originalité du propos, j’ai regretté un manque d’inventivité au niveau de l’histoire en elle-même. Je remercie néanmoins les éditions Milan pour leur envoi.

Quand je parle d’originalité, j’entends surtout l’univers créé par l’auteur, à mi-chemin entre notre monde actuel et le temps des empereurs, où calèches traditionnelles côtoient fiacres électriques, et dans lequel les sorcières utilisent des stylos pour jeter des sorts. Vu comme ça, je conçois que ça peut sembler bizarre mais en réalité, ce mélange curieux fonctionne plutôt bien. J’ai vraiment apprécié le travail qu’a fourni l’auteur en étoffant au maximum son histoire afin que le lecteur puisse s’y immerger totalement. 

En ce qui concerne l’intrigue, en revanche, je l’ai malheureusement trouvée plutôt quelconque. C’est assez paradoxal étant donné ce que je viens tout juste de vous dire mais sous couvert d’un univers incroyablement riche, j’ai finalement été déçu de découvrir une trame assez banale qui suit un schéma classique. Il y a bien sûr des twists et des révélations propres à cette histoire que je n’ai pas vu venir, cependant, en prenant du recul, je me suis aperçu que la structure narrative ressemblait beaucoup à ce que j’avais déjà eu l’occasion de lire. Le même genre d’incipit, des péripéties semblables à d’autres et une fin absolument prévisible qui promet un élargissement scénaristique dans les tomes suivants. C’est franchement dommage, surtout au vu du potentiel de l’univers et de ses nombreux pans qui auraient pu être mieux exploités. 

Au niveau des personnages, j’avoue m’être très peu attaché à eux. Mis à part deux ou trois qui sortent du lot, j’ai trouvé qu’on manquait cruellement d’informations les concernant pour pouvoir ressentir une quelconque empathie envers eux. En revanche, j’ai apprécié les relations qui les liaient les uns aux autres et les choix surprenants qu’a fait l’auteur plus d’une fois dans le but de bousculer tout ce beau monde.

A l’heure actuelle, je ne suis pas certain de vouloir lire la suite bien que l’approche très originale de la sorcellerie est vraiment l’atout majeur de ce premier tome. Elle constitue en effet une base solide pleine de promesses qui pourrait aboutir à un résultat explosif si l’auteur parvenait à l’exploiter à son avantage. C’est la raison principale pour laquelle je pourrais me laisser éventuellement tenter par le deuxième tome. 

En conclusion, La Fille de la Noyée est ce genre de romans qu’on apprécie pour son univers plus que pour son intrigue, souvent bancale et peu intéressante. On en revient alors à la sempiternelle question : est-ce qu’une forme qualitative peut primer sur un fond décevant ?

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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