La fille qui mentait pour de vrai - Un (vrai) bon roman

09/04/2018

Titre : La fille qui mentait pour de vrai

Auteur : Catherine Grive

Editions : Rouergue

Prix : 11,00 €

Parution : 14 février 2018

Nombre de pages : 128 pages

Genre : Littérature jeunesse

Résumé : Mais pourquoi ment-elle tout le temps, Kimberley ? Gros mensonges ou mensonges drôles et gratuits.... Comme son père, d'origine suédoise et chauffeur poids lourds vers les pays du grand Nord, elle a une capacité à s'évader tout le temps, au collège, en famille, en disant n'importe quoi. Jusqu'à ce que sa mère semble, elle aussi, être entrée dans un grand mensonge par omission. Une tranche de vie pleine de charme, souvent drôle et très juste dans son personnage d'ado encore très indécise dans la recherche de sa vérité.

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Une fois de plus, les éditions du Rouergue proposent un nouvel opus de leur collection « DoAdo » avec une voix d’adolescent à la fois juste et sensible. Kim – diminutif mixte de Kimberley – est une jeune fille en plein questionnement.

Questionnement de genre, questionnement d’identité, elle se cherche et tente de trouver sa voie grâce au mensonge. Habilement ficelé, le mensonge semble avoir une vertu protectrice sur elle. Tant et si bien que Kim s’en sert (trop ?) souvent. Devant les commerçants qui la prennent pour un garçon, devant sa meilleure amie qui s’émancipe, devant son petit frère crédule, devant sa mère très secrète.

La maladresse de ce personnage est touchante : derrière le masque, derrière la carapace du mensonge se cache en réalité une jeune fille perdue, qui cherche à comprendre ce monde d’adultes qui la dépasse. Comme son frère Tom, elle aimerait garder une certaine innocence, rester dans cet univers d’enfant bien loin des secrets et des mensonges de sa famille. Car même si ses mensonges lui servent d’armes dans sa vie sociale, notamment au collège, le mal qui semble ronger Kimberley provient de son environnement le plus proche, à savoir sa famille.

A travers le comportement de cette adolescente, on assiste à la construction de son identité : avec ou, dans le cas présent, à l’encontre du modèle familial. Face à cette mère qui semble dissimuler la vérité, face à ce père absent, la jeune fille en perte de repères agit avec la même arme que sa mère : le mensonge. On apprend alors en même temps que le personnage qu’il n’existe pas une mais plusieurs formes de mensonge. Le mensonge qui fait rire, le mensonge qui fait mal, le mensonge qui protège, le mensonge qui embaume le cœur, … Le mensonge est un art, tout en nuances et qui n’est pas sans conséquences.

 

Un récit original, coup de poing et touchant, porté par une écriture directe, parfois brutale et qui illustre parfaitement le doute identitaire développé à l’adolescence. Kim est un personnage attachant qui dissimule une grande sensibilité derrière sa carapace de mensonges et nous apprend que, souvent, la vérité est bien plus dure à assumer que le mensonge.

Un grand merci aux éditions du Rouergue pour la découverte de cette histoire d’une grande qualité !

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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One Comment

  1. Merci mille fois ! Vous avez tellement bien cerné mon personnage...

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