La Forme de l’eau – Une novélisation pas à la hauteur du film

24/04/2018

Titre : La Forme de l'Eau

Auteur : Guillermo del Toro & Daniel Kraus

Editions : Bragelonne

Prix : 25,00 €

Parution : 7 mars 2018

Nombre de pages : 384 pages

Genre : Fantastique

Résumé : Nous sommes en 1962, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de Recherche Aérospatiale. Sans le soutien de Zelda, une collègue qui l'a prise sous son aile, et de Giles, un voisin attentionné, elle serait à la dérive.
Un soir fatidique, elle surprend quelque chose qu’elle n’était pas censée voir. Le secret le plus précieux du Centre : un homme amphibie arraché à l'Amazone, qui doit être étudié par les scientifiques pour hâter l'issue de la guerre froide. La créature est terrifiante, mais aussi magnifique, capable de s'exprimer comme de comprendre les émotions – elle fascine Elisa. Utilisant la langue des signes, celle-ci établit une communication. Bientôt, l'attachement fait place à l'amour, et la créature devient sa seule raison de vivre.
Pendant ce temps, Richard Strickland, l'impitoyable militaire qui a capturé la créature en Amazonie, envisage de la disséquer avant que les Russes ne tentent de s’en emparer.
Elisa doit tout risquer pour sauver la créature. Avec l’aide de Zelda et de Giles, elle met au point un plan d’évasion. Mais Strickland les poursuit. Et la menace russe est bien réelle…

Conçue dès ses origines comme un projet à la fois cinématographique et littéraire - une histoire interprétée par deux artistes, issus du cinéma et de la littérature -, La Forme de l'eau ne ressemble à rien de ce que vous avez jamais lu ou vu.

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Je remercie les éditions Bragelonne pour l’envoi de ce livre. Ayant eu un coup de cœur monumental pour le film de Guillermo del Toro, je me demandais si la novélisation de ce dernier parviendrait à me transmettre les mêmes émotions. Ce ne fut malheureusement pas le cas.

 

En ce qui me concerne, et c’est assez inhabituel, le gros point positif de ce livre ne réside pas dans le contenu de ses pages mais bien dans son apparence externe. Le travail effectué sur et le soin apporté à l’objet-livre sont tout simplement à couper le souffle tant le rendu final est magnifique. Un format hardback, le titre argenté et en relief, la plus belle affiche de promotion du film en couverture et de magnifiques illustrations à l’intérieur (même si malheureusement bien trop peu nombreuses) : esthétiquement parlant, ce livre est un bijou que chacun devrait posséder pour sublimer sa bibliothèque.

 

Pour le reste, je n’ai évidemment pas pu m’empêcher d’établir des comparaisons avec le film tout au long de ma lecture. Ce que je peux vous dire, c’est que tout en ajoutant des choses en plus, le roman reste très fidèle au film dans son ensemble, quasi en tous points de A à Z. Cependant, à aucun moment de ma lecture je n’ai ressenti quoi que ce soit pouvant se rapprocher des émotions intenses que j’ai ressenties durant mon visionnage du film (et que je ressens encore à chaque nouveau visionnage de celui-ci), et c’est dommage.

 

Une chose est sûre : cette novélisation approfondit réellement le matériau de base, il ne s’agit pas d’une novélisation « simplette » comme on peut parfois en trouver en Young Adult. Pourtant, en ce qui me concerne, cela représente à la fois le point fort et le point faible de ce roman, et je vous explique tout de suite pourquoi.

 

Cette histoire plus poussée est un point fort car elle approfondit particulièrement les personnages, dont un en particulier qui est quasi inexistant dans le film : la femme de Strickland. J’ai apprécié en découvrir un peu plus sur cette femme bien moins superficielle en réalité que son peu de temps de présence à l’écran dans le film pourrait le laisser croire. Le roman apporte également un background beaucoup plus conséquent au personnage de Strickland (pourtant déjà très présent dans le film), et sans vous spoiler, les détails en plus présents dans le roman permettent de le comprendre un peu mieux (sans jamais pour autant cautionner ses actes) et le rendent plus humain que cette principale froideur qui transparaît à l’écran dans le film (même si je ne changerais absolument rien dans ce film, qui est juste parfait à mes yeux).

 

Mais c’est aussi un point faible car nous avons là un roman qui, en s’attardant plus sur les personnages, donne lieu à beaucoup, beaucoup de passages qui reprennent des « réflexions » que se font mentalement ces derniers, et donc beaucoup de passages plutôt descriptifs et sans dialogue aucun. Cela est également dû au choix de la narration, qui est omnisciente et se fait au présent. Même si ce style littéraire a vocation à nous immerger davantage dans l’histoire, c’est trop peu habituel pour moi, c’est quelque chose que j’ai du mal à lire personnellement. En plus de tout cela, la plume est très lourde, parfois même difficile à appréhender à cause de l’utilisation de certains termes (surtout au début), et par moments il devient compliqué de rester concentré sur la lecture, ou même de ne pas s’y ennuyer.  

 

Au final, si je devais vous conseiller soit de visionner le film, soit de lire le roman, vous l’aurez compris : je vous dirais de foncer regarder le film. Ou en tout cas, dans un premier temps. Cependant, cette novélisation reste sympathique si vous souhaitez en savoir plus sur certains personnages, et si les livres contenant de nombreux longs passages sans dialogues ne vous font pas peur.

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Petite belge âgée de 26 ans, je passe mon temps à lire, aller au cinéma et regarder des séries. En tant que fan de Disney, je suis une enfant coincée dans un corps d’adulescente. Grande fan de l’art de Tim Burton et accro aux tatouages, j’aime tout ce qui sort de l’ordinaire. Je passe également les 3/4 de ma vie sur mon ordi, j’ai un petit tempérament de geek.
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