Rencontre avec Franck Bouysse aux Quais du Polar

30/04/2018

Titre : Grossir le ciel & Plateau

Auteur : Franck Bouysse

Editions : Le Livre de Poche

Prix : 6,90 € & 7,60 €

Parution : 6 janvier 2016 & 1 mars 2017

Nombre de pages : 240 pages & 384 pages

Genre : Policier rural

Résumé : Grossir le ciel
Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées  : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres. Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule  : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
Un suspense rural surprenant, riche et rare.  

Plateau
Plateau de Millevaches. Judith et Virgile tiennent une petite ferme dans un hameau. Le couple a élevé Georges, un neveu dont les parents sont morts dans un accident de la route quand il avait cinq ans. Il vit dans une caravane tout près de chez son oncle et sa tante. Lorsqu'une jeune femme vient s'installer chez lui, lorsque Karl, ancien boxeur tiraillé entre pulsions sexuelles et croyance en Dieu, emménage dans une maison du même village, et lorsqu'un mystérieux chasseur sans visage rôde alentour, les masques s'effritent et des coups de feu résonnent sur le Plateau.
Une écriture ciselée pour exprimer la rudesse du paysage et la profondeur des caractères. Comme Grossir le ciel, noir et bouleversant.

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À l’occasion des Quais du Polar, j’ai eu la chance de rencontrer Franck Bouysse au cours d’un petit-déjeuner organisé par Le Livre de Poche, que je remercie sincèrement pour l’invitation. C’est la première fois que j’assistais à ce genre d’événement et j’espère de tout cœur pouvoir réitérer l’expérience prochainement. La discussion avec Franck Bouysse a non seulement été passionnante mais également inspirante. L’auteur s’est volontairement prêté au jeu des questions/réponses, s’est confié sur son métier et ses habitudes d’écriture et a donné des conseils à ceux qui souhaiteraient se lancer.
En vue de la rencontre, les éditions Le Livre de Poche m’ont également envoyé Grossir le ciel et Plateau, deux romans qui m’ont fait passer un excellent moment de lecture. 

Dans Grossir le ciel, on est dans une espèce de huis clos à ciel ouvert. Quelque part dans les Cévennes, deux hommes mènent une vie de fermiers dont chaque jour ressemble plus ou moins au précédent. Jusqu’à ce qu’un événement bien particulier vienne bousculer la routine. Dès lors, les vraies personnalités s’éveillent, les façades se fissurent et le calme qui caractérisait les Doges n’est plus qu’un souvenir…
J’ai beaucoup aimé l’ambiance pesante, presque étouffante, qui m’a embaumé dès les premières phrases et m’a tenu en haleine jusqu’à la toute fin. Grossir le ciel est court mais n’en demeure pas moins intense. Le fait qu’on soit en permanence avec Gus et Abel renforce cette impression de huis clos, d’autant qu’on ne peut pas ne pas s’attacher aux personnages malgré le fait qu’ils se révèlent rapidement être des anti-héros.
Mars, le chien, joue également un rôle très important. Il représente une sorte de fil rouge indirect, qui relie les deux hommes tout au long de la narration. Mais surtout, ce dont on se rend compte en lisant Grossir le ciel, c’est que les silences ont aussi un sens ; que parfois, ils ont même plus d’impact que les longs discours… 

Plateau ressemble autant à Grossir le ciel qu’il en est différent. On reconnaît tout de suite le style de l’auteur en retrouvant notamment cette ambiance particulière, oppressante, voire dérangeante, mais d’un autre côté, la construction narrative et le ton donné à l’histoire sont totalement différents. 
Tout d’abord, les protagonistes sont plus nombreux, ce qui rajoute du rythme étant donné le fait qu’il y a une alternance de points de vue. Les chapitres sont également courts, plus courts que dans Grossir le ciel, ce qui rend le récit plus addictif. 
Avec du recul, je pense qu’entre les deux romans j’ai préféré Plateau. L’intrigue m’a, pour tout dire, davantage passionné. C’est peut-être lié au fait que le récit monte crescendo dans l’intensité, on sent que quelque chose va se passer mais on ne sait pas à quel moment. Comme quand on sait qu’un orage approche mais qu’on ignore lorsqu’il éclatera. Franck Bouysse insiste une nouvelle fois sur le poids des apparences et le danger que représentent les vieux secrets.

En somme, j’ai tout autant adoré discuter avec l’auteur que lire ses romans, d’autant qu’en l’écoutant parler, on se rend compte à quel point il s’investit dans l’écriture. Pour tout vous dire, je n’ai désormais qu’une hâte : pouvoir rencontrer d’autres écrivains afin d’en apprendre plus eux et, par conséquent, aborder d’une manière totalement différente leurs œuvres ! 

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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