The Hate U Give - Un succès mérité ?

21/04/2018

Titre : The Hate U Give

Auteur : Angie Thomas

Editions : Nathan

Prix : 17,95 €

Parution : 5 avril 2018

Nombre de pages : 496 pages

Genre : Young Adult

Résumé : Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d'enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu'elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.

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Entre le mouvement #metoo, le succès planétaire de Black Panther, le discours d’Oprah Winfrey aux Golden Globes, le moins qu’on puisse dire c’est que les « minorités » sont enfin entendues et écoutées. Alors que 2018 est d’ores et déja considérée comme étant l’année des changements, The Hate U Give, dont le sujet principal s’inscrit dans l’actualité brûlante, quant à lui, ne reçoit depuis sa parution que des critiques élogieuses. Plus qu’une simple fiction, Angie Thomas délivre avec son premier roman un véritable message politique sous couvert d’une critique sociétale aiguisée. 

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ma lecture, c’est le recul que prend l’auteur vis-à-vis des faits relatés et des personnages. On n’est pas dans une construction manichéenne avec d’un côté les « méchants blancs » et les « gentils noirs », au contraire. Angie Thomas démontre avec intelligence que les uns comme les autres peuvent avoir leurs torts (bien qu’elle insiste sur l’injustice subie par Khalil, l’ami assassiné).
La vraie critique émise par l’auteur est destinée aux autorités et au traitement qu’elles infligent à la communauté noire dans les banlieues américaines. Le roman puise également sa force dans la composition de l’équipe des policiers puisqu’en son sein, il y a également des noirs qui ne prennent pas parti pour Khalil. Ainsi, Angie Thomas souligne qu’un être humain ne devrait pas être caractérisé par sa couleur de peau mais considéré pour ce qu’il représente. 

Pour être tout à fait honnête, je ne me suis pas spécialement attaché aux personnages. Pas même à Starr, dans la tête de laquelle on se trouve pourtant tout au long des cinq cent pages. Non pas que je les ai trouvés antipathiques, loin de là, mais pour une raison que je ne m’explique pas, j’ai eu du mal à ressentir de l’affection pour eux. Je reconnais néanmoins que certaines scènes particulièrement fortes m’ont touché, voire carrément ému. 

Là où se situe mon plus gros problème, c’est au niveau de l’intrigue. Parce qu’en fait, il n’y en a pas vraiment. Il est vrai que le meurtre de Khalil représente le fil rouge de l’histoire, mais finalement, on suit plus le quotidien d’une jeune fille issue de la banlieue et tiraillée entre deux mondes que l’enquête en elle-même. En soi, ce genre de récits ne me dérangent pas mais j’ai quand même besoin d’une intrigue solide, de rebondissements, d’un objectif, … Or ici, j’ai davantage eu l’impression de lire un documentaire qu’une fiction.
D’un autre côté, je peux vous garantir que j’ai été immergé dès les premières pages. Le style de l’auteur est non seulement fluide mais également visuel. On se représente en effet facilement les lieux décrits et je ne me suis pas senti perdu une seule fois. 

Angie Thomas ne fait également pas usage de clichés véhiculés, au contraire, elle les dément. On sent qu’elle sait de quoi elle parle et que rien n’est exagéré. Néanmoins, je pense que The Hate U Give devrait être lu en VO car j’ai eu beaucoup de mal avec la traduction qui a eu tendance à franciser les dialogues avec des « wesh » et des « azy » à tout bout de champ, expressions pour la plupart absentes dans la version originale.

En conclusion, The Hate U Give mérite son succès car il soulève de nombreuses interrogations et laisse la parole aux minorités, sous-représentées. En revanche, ne vous attendez pas à une intrigue palpitante, bien que le roman se dévore littéralement grâce à une écriture soignée et efficace. 

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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