Sleeping Beauties - Un excellent travail à quatre mains !

06/05/2018

Titre : Sleeping Beauties

Auteur : Stephen King & Owen King

Editions : Albin Michel

Prix : 25,90 €

Parution : 7 mars 2018

Nombre de pages : 832 pages

Genre : Fantastique

Résumé : Un phénomène inexplicable s'empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l'on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritables furies vengeresses.
Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes.
À Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d'étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?

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Vous ne le savez peut-être pas encore, mais je suis un grand fan de Stephen King. Ses histoires ont toujours le don de m’embarquer, avec un côté immersif indéniable et des personnages profondément humains. La thématique plutôt originale de Sleeping Beauties m’avait déjà intrigué lors la sortie du roman en VO, tout autant que la collaboration du maître de l’horreur avec son fils, Owen King, dans son écriture. Je ne connaissais pas la plume de ce dernier mais ayant déjà lu et adoré L’Homme feu de son frère, Joe Hill, l’année dernière, j’étais certain que le talent chez les King venait de paire avec le nom. Je vous avoue tout de même que j’avais un peu peur avant d’entamer ma lecture à cause des nombreux avis mitigés qui ont accueilli le roman à sa parution. Mais dès les premiers chapitres mes doutes furent balayés à mesure que je découvrais Dooling et ses habitants. Un grand merci donc aux éditions Albin Michel pour leur envoi ! 

J’aimerais commencer par aborder le style des auteurs car il me semble qu’il s’agit d’un facteur non-négligeable dans un roman qui fait plus de 800 pages. Stephen King est connu pour être un fervent amateur de descriptions, ce qui a tendance à freiner beaucoup de lecteurs qui déplorent les longueurs. A titre personnel, ces dernières ne me gênent pas lorsqu’elles sont nécessaires, pour créer une ambiance par exemple ou étoffer les personnages. Toutefois, étant un travail à quatre mains, le père et le fils ont certainement dû se mettre d’accord sur le ton donné à leur histoire, procédé qui a permis un résultat particulièrement intéressant. En effet, tout au long du roman je me suis fait la réflexion suivante : ça ressemble à du Stephen King sans être totalement du Stephen King. Les fidèles lecteurs de ce dernier se rendront immédiatement compte qu’il n’a pas écrit le livre seul, et c’est d’ailleurs très positif ! Les styles des deux auteurs s’accordent parfaitement sans que l’un ne prenne l’ascendant sur l’autre, on sent donc qu’il y a une véritable volonté de conserver l’identité de chacun tout en combinant les deux écritures. 
Tout cela pour vous dire que ceux qui craignent les longueurs, rassurez-vous, ici, il n’y en a (presque) pas. J’ai au contraire trouvé qu’on était dans une action perpétuelle avec des pics ponctuels. Avouez que tenir un rythme constant sur 800 pages, il faut le faire ! 

Beaucoup ont également reproché au roman un trop grand nombre de protagonistes. Alors oui, c’est vrai, il y en a pas mal. Mais il ne faut pas oublier qu’on suit les événements du point de vue des habitants d’une ville entière. Sachant que le fameux virus qui plonge les femmes dans le sommeil se répand comme une traînée de poudre dans le monde entier, il aurait été totalement illogique de se concentrer sur trois ou quatre personnages uniquement. Je n’ai pas lu Dôme de Stephen King mais à mon avis, Sleeping Beauties est construit sur une structure similaire. Des chapitres courts qui alternent les points de vue et permettent ainsi d’avoir une large vision d’ensemble. C’est sûr qu’au début on a un peu de mal à comprendre qui est qui, d’autant que les liens entre les protagonistes sont multiples, mais je vous assure qu’on s’y habitue très vite. Pour ceux qui auraient éventuellement du mal à tout assimiler, il y a même une liste des personnages qui pourrait vous aider à y voir plus clair. 

Bien que j’apprécie énormément le travail de Stephen King, j’ai souvent l’impression qu’il ne soigne pas suffisamment ses fins. Dans ses romans fantastiques, notamment, il s’aventure, à mon sens, régulièrement dans des réflexions abracadabrantes (je n’ai toujours pas compris le rapport avec la tortue dans Ça) qui m’empêchent d’avoir un coup de coeur. Etant donné le propos de Sleeping Beauties, vous comprendrez sans doute mon appréhension à mesure que j’approchais de la fin et, par conséquent, des réponses. Et bien figurez-vous qu’à mon grand soulagement, j’ai trouvé l’explication totalement plausible bien que très métaphorique. 
Après l’avoir refermé, je me suis effectivement rendu compte que Sleeping Beauties est un roman profondément féministe qui souligne de façon pertinente la bêtise de l’homme. Il y a clairement un positionnement social, voire politique, des deux auteurs concernant la place de la femme et une critique acerbe de la suprématie masculine qui s’inscrit totalement dans les récents débats soulevés en grande partie sur les réseaux sociaux. 

Pour conclure, je recommanderais sans hésiter Sleeping Beauties à tous les fans de Stephen King qui seraient curieux de découvrir une collaboration entre un père et son fils. Mais pas seulement. Car je pense qu’il s’agit là d’un roman susceptible de plaire à tout le monde, à partir du moment où le nombre de pages ne vous effraie pas. Dans le cas contraire, il vous suffit de patienter un peu avant de voir l’adaptation de cette histoire sur le petit écran, les droits ayant d’ores et déjà été achetés !

* Pour suivre l’actualité de Stephen King, visitez le site Stephen King France.

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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