Angelfall, Tome 2 : Le règne des anges - Toujours aussi frustrant

15/06/2018

Titre : Angelfall, Tome 2 : Le règne des anges

Auteur : Susan EE

Editions : Pocket Jeunesse

Prix : 17,90 €

Parution : 16 avril 2015

Nombre de pages : 448 pages

Genre : Fantastique, Dystopie, Young Adult

Résumé : Désormais seule, Penryn cherche sans relâche Paige, sa petite soeur, dans les rues vides de San Francisco. Pendant ce temps, Raffe doit impérativement retrouver ses ailes, sans lesquelles il ne pourra revenir parmi les siens. Mais, une fois qu'il sera confronté à l'ultime choix – récupérer ses ailes ou sauver Penryn –, quelle sera sa priorité ?

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Attention, risque de spoilers sur le tome 1 dans cette chronique ! 

Les anges, ces créatures magnifiques et célestes, intermédiaires entre le divin et le mortel. Protecteur des hommes et messager de Dieu, la figure de l’ange est rattachée à de nombreuses traditions, et synonyme de pureté et de bienveillance. Mais c’est oublier son côté guerrier et autoritaire. Un élément que Susan EE a bien retenu et s’est empressée de revisiter dans sa saga Angelfall. Dans le premier tome, « Penryn et la fin du monde », ces créatures ailées à figure humaine ont gardé de leur superbe mais sont devenues les bourreaux de la race humaine. La question qui nous taraudait l’esprit à la fin du tome 1, c’était de savoir POURQUOI. Quelles sont les raisons de cette invasion brutale par la main de ces êtres positifs ? Parce que cette violence exercée sur les hommes ne me semblait pas justifiée. Un extraterrestre, c’est bien connu, vient pour exterminer et envahir, un colon pour s’installer et exploiter, etc. Le tome 2, « Le règne des anges » tente de nous apporter plus de réponses à cette intrigue de manière plus ou moins convaincante.

Avant de vous donner mon avis sur ce livre, j’ai une confidence à vous faire. Pour l’anecdote, cela faisait un bon moment que je cherchais à continuer la saga Angelfall. Je me suis procuré le premier tome en format poche à sa sortie (format cher à mon cœur d’artichaut), mais bizarrement, la suite n’est jamais parue en poche les années suivantes pour une raison qui m’échappe. Alors, résignée, j’ai décidé de poursuivre l’aventure en grand format. Mais je suis partie avec un handicap que certains connaissent bien : j’ai oublié ce que le tome 1 racontait. Bien sûr j’avais les grandes lignes, mais pas de quoi me raccrocher à de vraies certitudes. Une fois terminé, certains faits me sont revenus, mais si à la lecture de cette chronique certaines choses ne sont pas justes, gardez en tête cette info.

Ma rencontre avec l’univers de Susan EE n’a pas été un long fleuve tranquille. J’ai eu des difficultés à adhérer à et rentrer dans l’histoire, et particulièrement à me familiariser avec le contexte et l’environnement que proposait l’auteur, celui de l’apocalypse. Il faut dire que le livre prenait son temps pour lancer son récit, se focalisant plus sur la psychologie de ses personnages. Et c’est sans doute ce qui a relevé le niveau, les personnages principaux Penryn et Raffe formant un drôle de tandem sympathique à suivre. J’appréciais la mise en avant de cette complicité naissante teintée de méfiance, de compromis et d’humour.

Le second tome reprend immédiatement là où nous les avions laissés. Penryn a réussi à échapper à la destruction du nid des anges à San Francisco. Paralysée par les étranges créatures, elle a néanmoins réussi à rassembler sa famille. L’adolescente et les siens font route vers un camp de la résistance pour panser leurs plaies. Car de cette mésaventure, sa jeune sœur en sort complètement méconnaissable. Depuis l’attaque, la jeune fille est sans nouvelles de Raffe, parti à la poursuite de Bélial pour récupérer ses ailes. Mais même au milieu des hommes, Penryn n’est guère en sécurité : elle et sa sœur sont les cibles de leurs semblables et l’inévitable se produit, la gamine prend la fuite.

À la lecture de mon bref résumé, on comprend que l’auteure a repris quasiment le même schéma scénaristique que dans le précédent tome. Penryn erre de nouveau dans les rues de San Francisco à la recherche de sa sœur, toujours handicapée par sa mère instable, mais cette fois sans la présence protectrice de son compagnon de route. Un Raffe parti en vadrouille à la poursuite de ses ailes, car comme très souvent dans les romances jeunesses de base qui s’appuient sur une romance impliquant du surnaturel, les personnages comme Raffe sont aux abonnés absents. Pendant les ¾ du roman, l’ange n’est pas au centre de l’intrigue. C’est un choix qui a tendance à embêter les lecteurs puisqu’il faut bien l’avouer, Raffe est l’atout charme de la saga. Mais j’ai trouvé que bien au contraire, c’était l’occasion pour l’auteure de se focaliser sur son héroïne et ses interactions avec d’autres personnages, comme sa mère et sa sœur, ainsi que d’autres plus secondaires. Le personnage en ressort plus grandi et aguerri. Forcément, ses petits conflits et prises de tête avec Raffe pimentaient la lecture et nous faisaient sourire, cela manque ici à l’appel mais c’est surmontable. Qui plus est, notre ange fait de brèves apparitions ou est évoqué dans l’intrigue grâce à un personnage que j’ai adoré.

Mais le problème que j’ai rencontré avec ce livre, c’est sa manière de gérer les péripéties. L’action n’est pas à la hauteur de mes espérances et n’était pas suffisamment prenante pour marquer les esprits. Sans oublier que l’on retrouve encore les mêmes longueurs que dans le précédent tome, ce que je trouve regrettable. En contrepartie, la guerre bat son plein entre les anges et les humains. L’intrigue nous offre certains éléments de réponses et quelques révélations sur les motivations de ces derniers à travers le personnage d’Uriel, dont les machinations et le machiavélisme donnent une bonne idée de ses ambitions.

Des anges que l’on découvre sous un autre jour, avec une forme de hiérarchisation entre anges et archanges, une politique électorale, des croyances, leur but mais surtout leurs interdits et tabous. Ces êtres ne semblent souffrir d’aucune faille, si bien que cela ne laisse aucune chance aux survivants humains. L’auteure exploite avec originalité et créativité la figure de l’ange, même si sa plume ne m’avait pas vraiment séduite. Elle puise dans la tradition biblique pour alimenter ses personnages belliqueux et guerriers. Mais je trouve dommage que la gent féminine chez les anges ne soit pas plus représentée (il n’y a qu’un ange femme dans les deux tomes). D’un autre côté, chez les survivants de la race humaine, c’est toujours le chaos. Penryn doit faire face encore une fois à la cruauté des hommes face à l’horreur des événements. C’est un peu chacun pour sa peau. À l’image des victimes des locustes, ces créations abominables des anges, qui se retrouvent exclues et niées dans leur humanité. La violence est présente sous toutes ses formes, aussi bien physique et que mentale, et c’est plutôt bien exprimé par l’auteure. Là où j’ai eu un problème, c’est dans la contextualisation du conflit. L’atmosphère post-apocalyptique y est aussi pesante et inquiétante. L’anarchie règne en maître chez les survivants avec pour seule figure d’autorité et soutien la milice d’Obi. Mais je regrette qu’il n’y ait pas un état des lieux du monde et que l’on reste concentré sur la Californie. Je me questionne toujours sur le reste du monde. Il y a des références à l’arrivée des anges sur la terre sainte mais rien sur les autres pays.

Pour finir, les personnages sont restés fidèles à eux-mêmes. Penryn est restée un personnage cohérent, j’avais grandement apprécié que l’auteure justifie certaines de ses aptitudes (notamment celle au combat), cela n’empêchait pas la jeune fille d’avoir une part de fragilité. Elle se remet souvent en question face à son comportement vis-à-vis de sa famille, de sa propre espèce et particulièrement de sa sœur Paige. Quant à Raffe, c’est toujours le gars fier et énigmatique. Étant absent, on ne peut pas en dire plus. À moins d’introduire ce personnage objet qu’est l’épée de ce dernier. Souvenez-vous : après avoir rejeté son maître, la fabuleuse épée était devenue la propriété de Penryn. Ici elle devient un puissant artefact, doué d’une conscience et d’une personnalité propres à qui il ne faut pas chercher des noix. À travers cette épée, Penryn garde un lien avec Raffe et en apprend un peu plus sur lui et son vécu. Elle prend la mesure de sa tâche et le poids de la responsabilité qui pèse sur elle. C’est un personnage à part entière qui donne lieu à de rares moments comiques, comme le choix d’un nom. Et de manière subtile, le fameux dilemme de leur relation encore toute fraîche vient s’installer comme une barrière à leur mission. L’ange et la fille de l’homme auront-ils droit à une fin heureuse ?

En conclusion, ce second tome reste intéressant dans ce qu’il nous propose mais pas suffisamment captivant pour nous presser vers le suivant. Comme on pouvait s’y attendre, Angelfall, Tome 2 : Le règne des anges est un tome transitoire qui n’est pas dénué d’intérêt en soi, avec deux héros attachants malgré l’absence de l’un d’eux et un concept créatif sur la figure des anges qui ne cesse de s’étoffer au fil des pages. Mais il souffre de longueurs au démarrage et de péripéties sans rebondissements et donc pas à la hauteur de nos espérances. La plume de Susan EE n’aide pas non plus à s’immerger dans l’histoire. Je suis plus frustrée que déçue et attends de lire avec impatience le 3ème et dernier tome de la saga, en espérant qu’il rattrape un peu la mise.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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