Angelfall, Tome 3 : Ultime Espoir - Un final raté

24/06/2018

Titre : Angelfall, Tome 3 : Ultime Espoir

Auteur : Susan EE

Editions : Pocket Jeunesse

Prix : 17,90 €

Parution : 3 mars 2016

Nombre de pages : 410 pages

Genre : Fantastique, Dystopie, Young Adult

Résumé : Belial vaincu, Penryn ne peut pas souffler pour autant. Même si cela lui brise le cœur, elle doit aider Raffe à regagner le paradis et reprendre sa place d'archange. Mais ce poste est convoité par le dangereux Uriel, prêt à tout pour devenir le nouveau Messager. S'il l'emporte, c'est la fin de l'Humanité, mais, si Raffe gagne, Penryn devra lui faire ses adieux...

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Attention, risque de spoilers sur les tomes 1 et 2 dans cette chronique ! 

Arriver à l’ultime tome d’une série de livres est en soi une récompense pour le lecteur et l’auteur. Pour le premier, parce qu’il arrive au bout d’un suspense et qu’il va connaître le fin mot d’un récit qui l’a fait vibrer, et pour le second, parce qu’il a su capter la tension d’une lecture et la tenir jusqu’au bout. C’est pour cette raison que la conclusion d’une saga doit être à la hauteur. En tant que rédactrice, mais surtout en tant que lectrice, j’ai un code de conduite concernant mes lectures. J’aime aller au bout de mes lectures, et qui plus est d’une saga. Quand bien même ces dernières me déçoivent, je mets un point d’honneur à les terminer, là où d’autres se lasseront. Malgré tout, il m’arrive comme à d’autres de faire des exceptions à cette règle, parce que la lecture doit rester un plaisir et non une torture. La trilogie de Susan EE n’est pas passée loin de finir dans la catégorie « trilogie inachevée » tant le 3ème et dernier tome a bien failli m’achever.

Pourtant, tout a plutôt bien commencé. Susan EE tenait un concept et des idées qui avaient de quoi séduire un grand nombre de lecteurs, et qui tenaient la route. Le premier tome, Penryn et la fin du monde, malgré un démarrage mitigé, était rempli de promesses. Le second, Le règne des anges, même s’il m’avait frustré, répondait à certaines attentes. Le troisième a été un chemin de croix. Angelfall rentre dans ce que j’appelle la catégorie « amour contrarié en mode Roméo et Juliette ». Destinés à se haïr à cause des divergences entre leurs camps, ils sont forcés de s’épauler pour survivre. Une cohabitation qui fatalement laisse naître des sentiments. Jusqu’ici, l’auteure jouait habilement avec cette base, on sentait poindre les prémices d’un dilemme alléchant pour la conclusion. Malheureusement, l’écrivaine américaine est tombée dans les pièges de la facilité. Tout y est prévisible et bâclé. Pourtant, avec ses personnages Penryn et Raffe, il y avait matière pour une conclusion explosive.

Ils sont tous les deux dans des situations délicates vis-à-vis de leur camp. Le fait de s’être acoquiné avec un ange, donc un ennemi, et de l’avoir introduit dans la résistance depuis le début, fait de Penryn une potentielle traîtresse, un agent double. Mais jamais cela n’est concrètement utilisé. Quant à Raffe, lui qui nous est dépeint depuis le début comme un archange soucieux et respectueux des lois qui régissent l’existence des anges et qui ne désirait que retrouver sa place auprès des siens, il se montre bien trop laxiste dans ce tome. On sait que « l’amour triomphe toujours », mais voir les notions de sacrifice et de responsabilité balayées comme de vieilles feuilles mortes pour une conclusion aussi peu travaillée, c’est frustrant. Surtout qu’en comparaison, d’autres couples de la littérature dystopique et Young Adult ont déjà vu des amours impossibles mieux gérés. Je m’attendais certainement à mieux qu’une amourette, et malheureusement c’est le sentiment qui ressort. Raffe et Penryn ont beau m’être sympathiques, leur couple ne fait pas le poids face à d’autres romances plus mémorables.

Mais le problème majeur du roman, c’est le traitement apporté à l’intrigue. L’ensemble manque de dynamisme et n’est pas aidé par le style de l’auteure qui, lorsqu’il s’agit de décrire des actions, m’a laissé sur le carreau, si bien que j’ai fini par lire en diagonale certains passages, ou par passer au-dessus. Si elle brille et s’applique lorsqu’il s’agit de faire de l’humour, elle ne l’est pas pour les passages importants. L’action et les aventures de Penryn sont loin d’être à la hauteur de mes espérances et de ce que l’on pourrait attendre d’un tome final. Le récit pêche par excès de zèle. Il y a beaucoup trop de péripéties qui s’enchaînent rapidement dans le récit sans que l’on puisse réellement en tirer quelque chose. La conséquence, c’est que certains objectifs ou questionnements passent à la trappe et ne trouvent jamais de réponses, comme le devenir de Paige, les révélations sur le compte de l’archange Gabriel, l’importance du rôle de messager, le concept d’une fille de l’homme, etc.

Un constat qui finit par donner l’impression que l’auteure avait beaucoup plus à nous offrir avec ses idées et son concept mais que par manque de temps ou de pages, il lui a fallu condenser son propos au risque de briser le rythme de croisière de son histoire. Le résultat final de ces coupes, c’est une sorte de patchwork d’idées à peine introduites, donc jamais pleinement exploitées. Dans l’idée, le roman fonctionnait bien, mais c’est de la poudre aux yeux quand on voit le potentiel gâché du roman.

En ce qui concerne le traitement des personnages, je trouve que la romance entre Penryn et Raffe prend trop de place au détriment des autres qui se trouvent sous-exploités. Ce tome, comme le reste de la saga, manque d’interactions entre ses personnages, de véritables échanges pour donner du poids aux dilemmes ou réactions de chacun. La mère et la sœur auraient mérité plus d’attention, plus de communication avec Penryn, ainsi que Bélial. Des personnages secondaires de la résistance auraient gagné à être plus présents et plus travaillés. Sans oublier l’antagoniste. Un antagoniste qui manque de charisme et de développement et qui a une conclusion trop facile (où est mon combat épique ?). Oui, Penryn est badass, oui elle est courageuse et déterminée, mais je n’ai pas vu d’évolution concrète dans son personnage. Oui, Raffe est sexy, arrogant et drôle avec un charisme fou, mais je n’ai pas vu sa vision des hommes évoluer, rien qui ne puisse justifier leurs actes finaux. C’est la raison pour laquelle la fin ne m’a pas convaincue.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans ce troisième tome. L’un des aspects réussis de la trilogie, mais aussi de ce dernier opus, c’est l’ambiance. Le décor remplit bien son rôle. Même si on ne se sent pas en immersion dans l’univers de Penryn et Raffe, on ne peut pas nier la bonne gestion du côté survival et apocalypse. L’auteur s’est beaucoup attardé sur la réaction des humains, livrés à eux-mêmes dans un environnement hostile où ils deviennent les proies impuissantes d’êtres plus forts qu’eux. Rejet, égoïsme, violence et folie régissent les actions des hommes face à la fatalité de leur existence. Il y a aussi la revisite du mythe de l’ange et de l’apocalypse, dont l’auteure a bien exploité les références et croyances populaires et bibliques. Malgré tout, j’aurais apprécié qu’elle questionne les notions de foi et de religion, que ce soit chez les anges ou les Hommes.

Sans oublier la découverte d’une nouvelle dimension, introduite sans qu’on s’y attende : le monde du puits. Le monde souterrain est, comme on peut l’imaginer, un endroit horrible, sombre, rempli de violence et d’horreur avec ses propres règles. On y découvre la faune et la flore locales, avec un bestiaire digne de vos pires cauchemars (têtes hurlantes, trublions, démons) qui vient s’ajouter aux morts-vivants et locustes. Ce voyage était notamment l’occasion d’en apprendre un peu plus sur Raffe, commandant d’un bataillon de gardiens, mais aussi sur Bélial, qui est vraiment remonté dans mon estime. C’est un personnage que j’ai beaucoup apprécié, on comprend mieux ses motivations et le sentiment de la trahison qui le ronge. Mais malgré tout cela, je n’ai pas réussi à apprécier le voyage, il était vraiment bref et expédié.

En conclusion, Angelfall, Tome 3 : Ultime Espoir ne réussit pas son final. J’ai trouvé ce livre long à lire mais vide en substance pour mon appétit de lectrice c’est comme acheter un gros paquet de chips, l’ouvrir mais n’avoir que la moitié du pack rempli. Le récit de Susan EE avait pour lui des personnages sympathiques mais mal maîtrisés, une romance et des enjeux qui vous tiennent en haleine mais qui restent sous-exploités et un décor et une ambiance dignes d’un film catastrophe très bien travaillé mais qui ne fait pas oublier les autres lacunes. La multiplication des péripéties et la répétition de certains schémas narratifs sont la faiblesse de cette narration. Résultat des courses : le tout manque d’équilibre et d’une direction claire. Au final, je sors de cette longue attente déçue et ENCORE une fois frustrée. Je suis restée sur ma faim et très en colère pour le coup face à ce gâchis et au travail inachevé alors que la série avait le potentiel pour 1 ou 2 livre(s) de plus. À l’avenir, seule une adaptation ciné pourrait corriger l’œuvre de Susan EE avec une vraie vision. Les droits ont été achetés il y a quelques années mais depuis, silence radio.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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