La voleuse de livres - Une ambition réussie

26/06/2018

Titre : La voleuse de livres

Auteur : Markus Zusak

Editions : Pocket jeunesse

Prix : 8,30 €

Parution : 19 janvier 2017

Nombre de pages : 640 pages

Genre : Littérature jeunesse

Résumé : C'est la Mort elle-même qui raconte cette histoire. Dotée d'un humour noir, elle témoigne de la folie des hommes. Parmi eux, une rencontre va éveiller sa curiosité, celle de Liesel Meminger. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée. Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Son extraordinaire force face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort un bien joli surnom : "la voleuse de livres"...

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Alors que son adaptation au cinéma est passée inaperçue, La voleuse de livres est un roman qui, grâce à une originalité ambitieuse, est rapidement devenu un best-seller. Racontée du point de vue de la Mort, pourtant incorporelle, cette histoire est celle d’une rencontre non dévoilée entre une instance – effacée mais bien présente – et une jeune fille.

Abandonnée par sa mère, Liesel Meminger est placée dans une famille modeste mais aimante, dans une petite maison rue Himmel. Le lieu n’a pourtant rien d’un ciel sans nuages, dans l’Allemagne nazie qui menace à chaque moment d’assombrir les liens lumineux qui unissent les habitants.

Malgré leur modeste condition, les Hubermann accueillent Liesel comme leur propre fille, notamment Hans Hubermann, avec qui la jeune fille noue un lien affectif particulièrement puissant et touchant. Une figure paternelle bienveillante et attentive entre alors dans la vie de Liesel, lui offrant un réconfort et une humanité rares qu’elle n’avait jusqu’alors pas connus.

De fait, la force de cette histoire réside dans les liens qui naissent entre les personnages. Malgré son jeune âge et son caractère plutôt discret, Liesel est une jeune fille attachante et noue rapidement des relations marquantes avec son entourage, enfants comme adultes. Grâce à elle, la part d’humanité présente en chacun s’illumine dans un contexte historique extrêmement sombre.

Ainsi, les personnages deviennent tour à tour touchants, comme si ce vent d’humanité se répandait malgré eux. Même la mère Hubermann, ne voyant en Liesel qu’un intérêt financier par la pension que la famille touche en l’hébergeant, finit elle aussi, à sa manière rude et vulgaire, par s’attacher à la jeune fille.

Mais La voleuse de livres n’est pas seulement un roman humanitaire, paradoxalement débordant de vie bien que porté par un narrateur mortifère, c’est également une ode aux livres. Lorsqu’elle arrive chez les Hubermann, la plus grande tristesse de Liesel est d’être illettrée, de ne pouvoir accéder à cet univers magique des livres qui l’attire tant. Tant et si bien que, comme un réflexe, elle dérobe chaque livre qui croise sa route et le garde, tel un trésor.

Jusqu’à ce que son père découvre son secret et y participe, instruisant Liesel chaque nuit et scellant ainsi une relation respectueuse, unique et touchante. Tels des talismans, les livres – et plus largement les histoires – sont pour Liesel des pierres précieuses qui rapprochent et unissent les hommes.

Outre une histoire originale, l’écriture de Markus Zusak est également peu commune. Non seulement par le recours à un narrateur très spécifique, mais aussi par une construction du récit très saccadée. Peut-être un peu trop parfois. Le roman se construit en plusieurs parties, chacune étant elle-même décousue et organisée en chapitres, tous parsemés de quelques lignes introductives à l’épisode qui va suivre.

Ce qui confère un certain rythme de lecture, agréable par le poids et le suspense véhiculés par certaines notes introductives, mais parasitant parfois le propos essentiel du récit. Heureusement, l’écriture fluide et tonique de Markus Zusak maintient l’attention du lecteur et éveille sa sensibilité grâce à ses personnages tout en nuances.

 

Un roman touchant, bourdonnant de vie, d’humanité et d’amour pour les livres. La voleuse de livres nous émeut en évitant le piège du pathos ou du sordide dans une Allemagne cruelle et mortifère. Malgré quelques lourdeurs dans la construction du récit, cette histoire originale est à découvrir, notamment pour les liens qui unissent ses personnages caractériels mais terriblement touchants.

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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