Le goût sucré des souvenirs - Un coup de cœur !

02/06/2018

Titre : Le goût sucré des souvenirs

Auteur : Beate Teresa Hanika

Editions : Les Escales

Prix : 19,90€

Parution : 15 février 2018

Nombre de pages : 272 pages

Genre : Historique, tranche de vie

Résumé : Elisabetta Shapiro, 80 ans, vit seule dans sa maison familiale au cœur de Vienne. De son enfance, elle a conservé des dizaines de pots de confiture d'abricot. Tous sont soigneusement étiquetés et indiquent l'année de leur fabrication. Véritable madeleine de Proust, la confiture fait immanquablement jaillir les souvenirs : les jours tranquilles rythmés par les chants de sa mère, Franz, le voisin dont elle était follement amoureuse, ses grandes sœurs qu'elle jalousait secrètement. Et puis la montée du nazisme dans les années 1930, l'arrestation de toute sa famille par les SS, la solitude et la perte des repères.
Quand Pola, une jeune danseuse, emménage chez la vieille dame, ses habitudes sont chamboulées. D'autant plus que Pola lutte elle aussi contre ses propres démons.
Malgré leurs différences, les deux femmes vont peu à peu se rapprocher et nouer des liens plus forts qu'elles ne l'auraient imaginé.

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Je ne m’étais jamais penchée sur les publications des Escales, une maison d’édition dont je sais finalement assez peu de choses. Pour être tout à fait honnête, j’ai commencé à m’intéresser à leurs ouvrages quand Un goût de cannelle et d’espoir est sorti et a fait beaucoup parler de lui il y a quelques années. Je voulais vraiment lire ce livre et puis, comme trop souvent, je suis passée à autre chose et j’ai oublié. Dans mon entourage, plusieurs personnes ont lu ce roman cet hiver, notamment au moment des fêtes (rapport à la cannelle peut-être?), et là je me suis souvenue que vraiment, il fallait que je me penche plus sur le travail éditorial des Escales.

À l’heure où j’écris cette chronique, je n’ai toujours pas lu Un goût de cannelle et d’espoir, mais je m’en approche (et puis, je viens d’Alsace alors pour moi, la cannelle c’est toute l’année !). Par contre j’ai lu l’une des dernières publications des Escales, que la maison d’édition présente comme dans la même veine qu’Un goût de cannelle et d’espoir et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça m’a donné envie d’en lire bien d’autres !

Et alors, Le goût sucré des souvenirs, ça donne quoi ?

Il faut dire que ce livre avait tout pour me plaire. Tout.

Déjà, il s’agit d’un ouvrage qui mêle la petite et la grande Histoire, procédé narratif que j’adore puisqu’il permet de se plonger au mieux – je trouve – dans les enjeux d’une époque. Ici, on suit Elisabetta, une vieille femme qui vit à Vienne dans la maison de sa famille, celle dans laquelle elle a toujours vécu. La maison étant trop grande pour elle toute seule, elle loue l’une des chambres à une jeune danseuse.

Les actes de la vie quotidienne du présent lui rappellent, insensiblement, indéniablement, ceux de la vie passée et des événements qu’elle a vécus. Ces souvenirs tournent tous autour de la maison, dans laquelle elle vit, du jardin au milieu duquel trône un abricotier et surtout, surtout des confitures qu’elle a faites tout au long de sa vie à partir de ces abricots. Chaque pot de confiture est étiqueté à l’année de sa réalisation et chacun porte en lui le goût si spécifique d’un été et d’un souvenir. De pots en pots, on remonte le temps au fil des souvenirs, parfois doux et parfois amers.

J’ai beaucoup apprécié l’écriture de l’auteur que j’ai découvert avec ce roman et que j’espère relire très vite. Le roman est une ode à la vie, à la douceur, à la poésie – et aussi à la résilience.

Pour tout dire, j’ai été tellement émue par ce livre que je n’ai pas pu rédiger cette chronique dans la foulée et que je me suis laissé un peu de temps pour le digérer.

J’ai adoré que les souvenirs d’Elisabetta soient tricotés et détricotés à loisir, la sensation de flou qu’on éprouve parfois en tant que lecteur de n’être pas sûr de l’époque dans laquelle la scène se joue – sentiment que j’ai trouvé tellement proche de ce que l’on ressent lorsque l’on est soi-même perdu dans ses propres souvenirs et où l’on n’est plus vraiment sûr de ce qui s’est passé avant et de ce qui s’est passé après.

Enfin, évidemment, j’ai aimé le portrait en filigrane que l’auteur nous fait de la Vienne de la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

En somme, et sans surprise, ce roman est un beau coup de cœur que j’ai terriblement apprécié de lire et que je sais déjà que je relirai avec plaisir, avec peut-être un pot de confiture à l’abricot.

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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