Le noir est ma couleur, Tome 1 : Le pari - Un début de saga prometteur

11/06/2018

Titre : Le noir est ma couleur, Tome 1 : Le pari

Auteur : Olivier Gay

Editions : Rageot

Prix : 14,90€

Parution : 9 mai 2018

Nombre de pages : 312 pages

Genre : Jeunesse, Young Adult, Fantastique

Résumé : Pour gagner un pari, Alexandre, bad boy séducteur et boxeur, invite Manon, la meilleure élève de leur seconde, à boire un pot. Dans une ruelle, il la voit attaquée par une créature étrange. N'écoutant que son sens de l'honneur, il intervient... et s'aperçoit que Manon a des pouvoirs hors du commun !

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Rares sont les romans écrits par des hommes à avoir le privilège de siéger dans le sanctuaire qu’est ma toute petite bibliothèque. N’y voyez pas une discrimination à l’encontre de la gent masculine de ma part, mais juste une observation. La lecture est souvent perçue à tort comme une activité féminine : si vous vous attardez dans les rayons d’une bibliothèque à la section jeunesse, les auteurs Young Adult sont très souvent des femmes. Heureusement, parmi cette ribambelle d’écrivains, certains hommes se démarquent du lot et sortent leur épingle du jeu, pour notre plus grand plaisir. Cela se ressent dans leur style et leur manière d’aborder leur récit. Reconnu pour sa plume dans le genre de la fantasy et du roman policier, ce qui lui a valu un certain nombre de prix et distinctions, Olivier Gay est passé maître dans l’art de raconter des histoires aussi captivantes que passionnantes. L’auteur originaire de Grenoble s’est notamment illustré dans la catégorie jeunesse, et est en passe de figurer parmi ces auteurs masculins qui ont su m’attraper dans leurs filets et m’embarquer dans leur univers. Une aventure qui démarre sous les meilleurs auspices avec le premier tome de la saga Le noir est ma couleur.

Comme très souvent, il y a une anecdote derrière cette lecture. Voilà des années que je désirais découvrir le travail d’Olivier Gay, à travers les aventures fantastiques de Manon et Alexandre. Il faut dire qu’avec un titre « grave stylé » et la perspective d’un récit fantastique dans les rues de Paris, le livre avait suffisamment d’arguments nécessaires pour attirer mon attention. Mais avec le temps, j’avais fini par abandonner l’idée de le découvrir. Et puis coup de théâtre, la magie de la fée de l’édition est passée par-là. La saga a eu le privilège de faire peau neuve en étant rééditée pour mon plus grand bonheur. Je remercie donc grandement Rageot pour l’envoi de ce tome, et surtout pour la réédition du livre.

L’intrigue nous emmène dans le XVe arrondissement de Paris. Alexandre, un grand gaillard amateur de boxe, de jeux de cartes et de jolies filles, se complaît dans son rôle de bad guy. Adulé par les filles et respecté par les autres, le jeune homme a la rancune facile et n’aime pas qu’on lui résiste. Mais face à Manon, une élève studieuse de sa classe, il se heurte à un mur. « Non » ne faisant pas partie de son vocabulaire, Alex met un point d’honneur à se venger de la jeune fille, il en va de sa réputation auprès de ses potes. Il fait donc le pari de séduire puis d’éconduire l’adolescente en un temps record. Ce qui ne devait être qu’un stupide pari prend un tournant qu’Alexandre n’aurait jamais imaginé. Avoir de l’intérêt pour une fille banale est une chose, mais pour une fille banale au pouvoir obscur poursuivie par d’étranges créatures, c’en est une autre. Le jeune homme va rapidement en faire l’expérience.

Commençons par le meilleur de ce bouquin : la couverture. La couverture est tout simplement sublime avec ses effets dorés et ses reflets. Elle fait penser à un lingot d’or et ne peut, bien évidemment, qu’attirer les regards. Tout au long de ma lecture, j’ai été surprise par la manière dont Olivier Gay a pensé la structure de son histoire. On a rapidement le sentiment qu’il a pensé les aventures de Manon et Alexandre dans leur intégralité et non comme unité. En effet, on se trouve en possession d’un petit livre de 300 pages, ayant pour fonction première d’introduire ses personnages, leur environnement et les enjeux futurs de la saga. C’est une démarche comparable à l’épisode pilote d’une série. Bien sûr, il est normal pour un premier tome d’avoir ces aspects, mais ici c’est beaucoup plus appuyé, comme si l’auteur mettait un point d’honneur à armer ses lecteurs aux prochaines péripéties de nos héros, ce qui est plutôt une bonne initiative. Grâce à ce parti pris, le lecteur a le temps de se familiariser avec l’essentiel sans avoir à courir. L’inconvénient, qui n’en est pas vraiment un, c’est que le scénario est plutôt basique avec un schéma classique. Malgré cela, on ne sent pas le temps passer, il y a suffisamment de péripéties et quasiment pas de temps morts. Le lecteur est en permanence sollicité et à l’affût de la moindre action ou information à assimiler, et les mystères trouvent assez rapidement leurs réponses. La temporalité a aussi sa part de responsabilité, puisqu’elle ne s’étale que sur moins d’une semaine.

L’autre avantage de ce tome, c’est sa narration. En alternant les points de vue de Manon et Alexandre, cela permet d’avoir davantage de renseignements sur nos héros et leur état d’esprit. C’est un effet que j’apprécie énormément, surtout quand c’est associé à une plume simple, sans chichis et accessible au plus grand nombre. On a tendance à beaucoup sourire en lisant, car nos héros principaux ont un sens de la répartie qui donne la banane. C’est comique et léger sans tomber dans l’excès. Même si le surnaturel est central à l’histoire, la normalité du quotidien est très présente. L’auteur installe une ambiance qui va dans ce sens, il donne autant d’importance aux soucis du quotidien qu’à ceux liés à la magie. Mieux : la magie fait office de normalité, du moins dans le quotidien de Manon. Normalité qui a tendance, dans le genre du fantastique, à être complètement mise de côté, particulièrement quand il est question des humains. Ici, avec la figure d’Alexandre, on valorise le normalité d’une certaine manière et j’aime ça (Team humains sans pouvoirs mais capitale).

Mais le plus appréciable dans cette lectur,e c’est son environnement familier : Paris. Cela fait un bien fou d’avoir un auteur qui investit l’hexagone pour développer une histoire fantastique. En tant que française et parisienne, je me suis sentie beaucoup plus proche des personnages et plus investie dans leurs péripéties. Les références et clins d’œil à la culture pop et manga n’ont fait que renforcer cette impression de proximité et de fidélité à l’esprit de Paris. Et puis cela change d’avoir des références francophones et non nord-américaines ou britanniques (je vous aime les saxons, mais un peu de francophilie dans l’univers du Young Adult ça fait plaisir car nous aussi nous avons les paysages et reliefs propices à de fabuleuses aventures).

L’univers dans lequel gravite Manon est très original. Ici pas de sorcières ou sorciers, mais des mages aux étranges pouvoirs liés à la lumière, appelée Spectre. Pour saisir la subtilité de cette magie, il faut se replonger un peu dans nos cours de physique, mais une chose est certaine, M. Gay a une imagination débordante. Concernant les mages en eux-mêmes, l’auteur reste avare en détails mais pour ce qui est des couleurs il est plus bavard : chacune des 7 couleurs qui compose la lumière est spécifique à une aptitude précise, ce qui mène à des situations cocasses. Une fois passée l’initiation à cette magie, on se doute un peu de la tournure que vont prendre les événements (le titre aide beaucoup il faut dire), et c’est un autre des défauts du livre : sa prévisibilité.

Et pour finir, cap sur les ambassadeurs du roman : les personnages. Les héros de cette fiction, Manon Lemans et Alexandre Dufour, sont en totale opposition concernant leur origines sociale, leur mentalité, leur amitié et leur rapport à l’autorité. Alex, c’est un peu une sorte de caïd du lycée. Vous savez, ce gars qui fait le malin en permanence et que les profs ne peuvent pas encadrer. Celui qui traîne en bande et squatte assidûment le fond de la classe, belle gueule mais insolent à s’en damner : un vrai bad boy. C’est le genre de personnalité qui agace autant qu’elle fascine, mais passés les premiers chapitres, on le découvre sous une autre facette, protecteur, perspicace et volontaire. Ce mec c’est un pitbull, il ne renonce jamais et a une force de caractère et physique qui résiste à toute épreuve. Je ne vais pas vous cacher que c’est mon perso préféré.
Manon, elle, fait un peu intello première de la classe. Très appliquée et sérieuse dans tout ce qu’elle entreprend, cette cadette d’une famille de mages puissants est passée maître dans l’art d’être invisible, que ce soit au sein de son lycée ou dans son cercle familial. La jeune fille modèle et ingénieuse semble effacée et n’attire pas les regards, mais cache un caractère affirmé. Malgré cette perfection qui peut en agacer certains, c’est un personnage attachant qui ne manque pas d’audace face à Alexandre. Comme on peut s’y attendre avec ce genre de personnages, ils sont remplis de préjugés l’un envers l’autre, mais à force de se fréquenter et surtout de se sauver la vie mutuellement, ils finissent par s’apprivoiser et se découvrir des affinités. Ce n’est pas le grand amour mais c’est une relation qui s’installe très progressivement, et c’est plutôt un bon point. Il est préférable d’avoir une romance qui se construit dans le temps et les épreuves qu’une pseudo romance clichée et bâclée sans base solide. Un piège dans lequel Olivier Gay ne tombe pas.

Un autre fait appréciable dans cette lecture que je tiens à souligner, ce sont les rapports de force. Bien qu’Alexandre joue les chevaliers servants ou les sauveteurs, Manon n’est pas pour autant une princesse en détresse perpétuelle. Elle a une certaine expérience dans la magie qu’elle maîtrise mieux que la plupart des apprentis mages : face aux menaces qui pèsent sur sa vie, elle est loin d’être passive et assure aussi le spectacle. Ensemble, Manon et Alexandre forment une équipe complémentaire, une belle image de parité homme-femme qui fait plaisir à voir.

En conclusion, cette première excursion dans les œuvres d’Olivier Gay avec le tome 1 de Le Noir est ma Couleur est une agréable découverte pour moi. J’ai passé un bon moment en compagnie de Manon et d’Alexandre et apprécié cette introduction dans leur univers, un environnement qui met en avant Paris et ses environs. Le concept du Spectre et les règles qui régissent son utilisation apportent cette touche d’originalité et de singularité face au classicisme du reste de l’intrigue. Evidemment, certains, après lecture, relèveront que les personnages et certains ressorts scénaristiques sont des clichés vus et revus. Mais je pense que l’auteur, conscient de cela, exploite bien ce canevas. A mes yeux, le livre part sur une base qui a fait ses preuves et se démarquera pour nous proposer un récit plus original et des personnages plus complexes. C’est une lecture rafraîchissante et sympathique que je recommande vraiment.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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