La Déclaration - Une dystopie très réussie !

02/07/2018

Titre : La Déclaration

Auteur : Gemma Malley

Editions : Hélium

Prix : 16,00 €

Parution : 18 avril 2018

Nombre de pages : 224 pages

Genre : Dystopie, YA

Résumé : « Mon nom est Anna. Mon nom est Anna et je ne devrais pas être là. Et pourtant, j’existe ».

Angleterre, 2140. Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s’ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hall, un pensionnat pour les Surplus, des enfants qui n’auraient pas dû naître, des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Anna n’a plus de parents désormais.

Confinée dans l’enceinte du pensionnat, elle travaille très dur pour effacer leur faute. Anna a tout oublié de son passé jusqu’au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi se sent-elle soudain si troublée ?

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Je me rends compte au moment de rédiger cette chronique que je crois que je n’avais encore jamais rien lu des éditions Hélium. C’est d’autant plus étonnant que je me rappelle avoir plusieurs fois louché sur certains de leurs romans en librairie. Il faut dire que je trouve que leurs couvertures sont très souvent vraiment très réussies et qu’elles ont à la fois un côté engageant et mystérieux (ou du moins intrigant) – ceux qui ont vu la couverture des Optimistes meurent en premier savent de quoi je veux parler !

Bon, je n’irai pas par quatre chemins, ce n’est pas la couverture qui m’a attiré dans le cas précis de La Déclaration. Autant tout dire, je la trouve plutôt très ratée. Après avoir lu le livre, je comprends l’idée que l’éditeur a voulu mettre en avant, mais honnêtement je ne trouve pas ça très révélateur du contenu, et c’est peut-être l’une des seules couvertures de chez Hélium qui n’a pas attiré mon attention. C’est dire.

Mais pourquoi l’avoir lu si la couverture ne me plaisait pas et que je ne lis pas les synopsis de quatrième de couverture ? Eh bien tout simplement grâce à une petite phrase en première de couverture qui a retenu toute mon attention : « Mon nom est Anna. Je ne devrais pas être là. Je ne devrais même pas exister, et pourtant j’existe. »

Sans surprise, La Déclaration est résolument ancré du côté dystopie de la force et comme je me suis récemment réconciliée avec ce genre, j’étais bien décidée à lui donner sa chance de me convaincre ! Bien m’en a pris puisque j’ai passé un très bon moment avec ce roman !

L’écriture de l’auteur – que je ne connaissais pas – est efficace et va droit au but. En quelques mots qui pourraient pourtant paraître anodins, un portrait très net de la société nous est présenté. Par le simple recours à un vocabulaire sans fioritures excessives, Gemma Malley nous fait directement plonger dans l’univers qu’elle a créé et où tout doit avoir une Utilité.

Vous aussi, vous avez remarqué la majuscule ? C’est par ce biais (pourtant si simple !) que l’auteur nous familiarise avec les concepts clés de la société dystopique qu’elle dépeint : les Légaux, ces humains qui ont le droit de vivre une vie paisible, les Affranchis, qui ont acquis le droit de vivre, et les Surplus, dont le nom décrit très clairement ce qu’ils représentent aux yeux du gouvernement.

Au niveau de l’intrigue, le point de départ de l’ouvrage est simple mais terriblement efficace : grâce aux progrès scientifiques, l’humanité a trouvé un remède à toutes les maladies. Mieux encore, il est désormais possible de stopper la vieillesse et de rester jeune pour toujours. Evidemment, si les humains vivent pour toujours, la reproduction devient rapidement un problème. Nous entrons donc dans une société où l’alternative est la suivante : à l’âge adulte, chaque individu va devoir décider entre vivre éternellement ou avoir un enfant et mourir pour lui laisser sa place.

Dans le roman, nous suivons Anna, une Surplus – un enfant qui n’aurait pas dû voir le jour. Elle vit dans un foyer où toute son « éducation » consiste à comprendre Où Est Sa Place et ce à quoi elle correspond au sein de la société : un fardeau. Elle doit donc travailler dur et en permanence pour racheter sa dette auprès du monde.

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans le roman, c’est qu’on voit très nettement à quel point Anna a été endoctrinée. Même lorsqu’elle est confrontée à la réalité du monde, Anna peine à se détacher de ce qu’on lui a inculqué toute sa vie. J’ai trouvé que c’était à la fois très bien vu et très bien amené. D’ailleurs, la fin du roman m’a beaucoup plu pour les mêmes raisons.

Par ailleurs, j’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Sheila, une autre fillette du foyer qui est une Légale, internée par erreur. Bien loin de remettre le système en question alors qu’il est terriblement injuste, Sheila se contente de répéter encore et encore qu’elle ne mérite pas ces traitements parce qu’elle n’est pas une Surplus.

En définitive, j’ai trouvé qu’il s’agissait d’un roman qui poussait le lecteur à réfléchir aussi bien par le fond que par la forme. Je vous le recommande donc chaudement !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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