Matt Tuck nous livre les secrets de "Gravity"

17/07/2018

     

« Je suis fier de moi et fier du groupe qui m’a permis de le réaliser,
car même si ce n’est pas quelque chose que je voulais faire,
maintenant que je l’ai fait, je réalise que j’en avais besoin. »
 

A l’occasion de la sortie de leur sixième album, Gravity, le 29 juin dernier, nous avons tenté d’en savoir plus sur le groupe et la direction qu’ils ont voulu prendre pour ce nouvel opus. Nos petites oreilles indiscrètes sont allées fureter sur plusieurs sites pour vous faire partager ces informations croustillantes, tirées d’interviews diverses de Matt Tuck, chanteur et fondateur de Bullet For My Valentine, et si une chose mérite d’être soulignée, c’est que le groupe s’est réellement impliqué dans cet album. On vous en dit plus dans une seconde !  

             

Crédit : Loudtv

       Cet album renferme-t-il plus d’un secret ?  

« Il n’y a pas vraiment de secret, on y a passé beaucoup de temps, c’est vrai. On voulait juste faire quelque chose de grand et ça a fait parler les gens, maintenant que l’album sort, on anticipe énormément les réactions, mais on espère que ça fera mouche. La réalisation a été plus longue que d’habitude, on essayait toujours de faire les choses rapidement, mais cette fois, on a passé un long moment à réfléchir, à l’écrire, car nous avons essayé de trouver quelque chose de nouveau, de plus frais et créatif que ce que nous avions pu faire jusque-là. Nous avons cinq albums, une histoire et des bases, forcément, mais nous ne voulions plus faire dans la facilité, ni faire quelque chose que nous n’aurions probablement pas dû. »

      On remarque l’intégration de sons électroniques dans leur nouvel album, « Gravity ». Ça, c’est nouveau ! 

 « C’est la plus grande différence sonore, je pense. Pour le reste, les gens remarqueront qu’on a gardé tout ce que nous avons déjà fait dans le passé. Nous essayons d’élever le son du groupe à un niveau différent, nous avons pris la décision d’expérimenter des compositions avec des synthés et des logiciels électroniques, des trucs comme ça. Ça a été une expérience intéressante, ce n’est pas quelque chose que nous avions déjà fait. Nous nous sommes amusés avec ça, ça donnait des trucs bizarres, nous nous sommes fait peur pour finalement l’amener où nous le voulions et donner ce qu’il y a sur cet album. »

« Ça ne prend pas vraiment le dessus, c’est juste une sorte de couche de sons qui soutient les riffs et la batterie, vraiment, donc je pense que nous l’avons utilisé d’une manière qui ne va pas trop effrayer les gens, nous avons vraiment fait attention à ça, de ne pas trop en faire, et je pense que nous avons trouvé un très bon équilibre. Ça accentue certaines parties de l’album sans lui nuire. »

      Avec « Gravity », on note aussi la volonté du groupe de simplifier les arrangements de cet album, plus riche, plus travaillé et moins « bruyant » : 

 « Nous avons, en quelque sorte, mis en valeur les capacités du groupe de The Poison (2005) à Venom (2015), et nous ne voulions plus travailler seulement dans cette optique. Cela fait partie du groupe et nous y tenons, mais le temps est venu de faire quelque chose de différent et d’être différent, aussi. Courageux, peut-être. Nous avons cessé de nous casser la tête pour savoir ce que les gens voulaient entendre et nous nous sommes concentrés sur ce que nous voulions faire, où nous voulions aller. Nous sommes des artistes et nous écrivons des chansons, c’est simple ! En fait, non… C’était dur de sortir de nos sentiers battus, car nous utilisions une formule qui a fonctionné pendant de nombreuses années et sur beaucoup d’albums. Nous ne l’avons pas abandonnée, nous l’avons juste fait évoluer et cela passe par un album beaucoup plus simple. »

« Nous voulions donner plus de son, mettre en avant les voix et les inflexions dans nos chansons, sans les distractions des mélodies trépidantes, des solos de guitare, ce genre de choses. C’est génial, attention, mais cet album, nous voulions le rendre plus concret et direct. Plus simple, comme un hymne. »

« C’est étonnant, quand vous simplifiez les choses, c’est plus facile de voir lesquelles sont bonnes ou mauvaises. En ayant tout cet espace pour que la voix opère, il est devenu évident que les chœurs et les versets devaient être forts, comme les mélodies vocales et les performances musicales. C’est vraiment ouvert, la dynamique peut être à la fois si calme puis si forte, ce n’est pas facile à faire, mais un bon refrain fait une bonne chanson. Je pense que dans la plupart des chansons, sinon toutes, il y a un refrain défini. C’est quelque chose que nous nous efforçons de réaliser depuis très longtemps, avoir une dynamique entre le corps et le refrain est ce qui rend le tout unique et je pense que sur cet album, nous l’avons fait. »

       Il y a donc bel et bien une visée artistique pour cet album : 

« Au cours des derniers mois, j’ai beaucoup réfléchi au mot « contemporain », révèle Matt. Et je pense que c’est un disque contemporain, ce n’est pas un truc old-school, nous l’avons fait, nous allons de l’avant et rendons le groupe plus intéressant, nous ne voulons pas nous aliéner… Mais nous ne voulons plus écrire la même merde, les Metalheads vont aimer ça, je sens que les parties électroniques, plus douces, rendent les moments lourds encore plus écrasants. « Coma » est une piste sombre qui a beaucoup de poids, ajoute Matt. Nous avons essayé de repousser les limites un peu plus loin sur cette chanson, avec tous ces trucs et boucles électroniques. Tout en gardant notre âme, cette chanson est vraiment une représentation de ce que j’ai vécu ces deux dernières années, des choses assez dures, malheureusement… mais j’en suis sorti maintenant. »

      Le groupe n’a pas travaillé avec Colin Richardson sur ce nouvel album, pourquoi  ? 

« Non, non pas cette fois, nous avons travaillé avec Carl Bown (producteur), qui a lui-même travaillé avec Colin pendant pas mal d’année sur divers albums, dont Venom. Nous voulions simplement partir sur une direction plus jeune, sur une visée plus contemporaine. J’aime plus que tout Colin, mais je pense que pour atteindre cet idéal, jongler avec ces technologies, Carl était le plus à même d’apporter la différence. C’est un musicien qui nage dans la production, nous avons cimenté une amitié afin de créer quelque chose ensemble et c’est ce qui en résulte.« 

« Cet album, c’est moi qui verse mon cœur dedans », poursuit Matt. Tout tourne autour de ce voyage, j’ ai repris ma guitare, même si je n’en avais pas vraiment envie et, au final, c’est comme si je ne pouvais plus m’ arrêter, comme si je ne pouvais pas la combattre. Quelque chose d’aussi audacieusement expérimental ne peut pas être fait sur un coup de tête, il faut être à l’aise avec ce que l’on fait et nous y sommes arrivés. L’album contient tellement de hauts et de bas, il se compose de titres positifs comme « Not Dead Yet », qui consiste à saisir la journée, saisir le moment. Puis « Under Again » est clairement à propos de la dépression écrasante dont je souffrais il y a environ un an. Le tout capture le personnage de … eh bien, moi – On l’a fait avec l’aide de Carl Bown. »

      C’est un album qui se veut cathartique, alors ? 

« Absolument, plus que jamais, même. La plupart des chansons reposent sur qui je suis et ce que j’ai traversé en tant qu’être humain durant ces dernières années, ces choses… Je suis humain, au même titre que tout le monde, et ça n’a pas d’importance, qui vous êtes, ça arrive à tout le monde d’être abattu, j’ai traversé une période vraiment dure ces deux dernières années que je n’avais pas envie de partager avec qui que ce soit et puis j’ai réalisé que pas mal d’albums avaient quelque chose à dire et qu’ils veulent actuellement dire quelque chose alors j’ai commencé à le faire à contrecœur et une fois commencé, le processus d’écriture s’est mis en marche et ça a été très gratifiant de regarder en arrière, de définir cette part de ma vie puis de la cimenter. C’est différent d’être un gars faisant partie d’un groupe de rock où tu dois juste sortir la poitrine et avoir l’air cool sur scène. Avec cet album, je montre que je suis aussi vulnérable et émotif de temps à autre, comme tout le monde, mais c’est un pas en avant pour moi en tant que personne d’avoir écrit cet album. »

       On peut donc dire que c’est une sorte de mise à nue musicale ?

« De façon basique, oui. J’ai sorti tout ça pour que les gens soient en mesure de voir et de juger, dans l’idée de leur donner une perspicacité nécessaire pour comprendre ma vie et ce n’est pas une chose facile à dire, je ne l’ai pas pris à la légère, j’avais quelque chose à dire, une chose sortant du plus profond de mon cœur et c’est difficile d’aller outre cette lutte mentale, d’exposer ce que j’ai traversé et tous ces trucs. Je pense que les gens seront capables de lier ces choses à l’album, car tout le monde passe par là un jour, bien que je ne souhaite à personne d’être dans ce cas. Même avec une famille, des enfants, des amis, voir ma vie faire des montagnes-russes, voir que tout autour de moi se fissurait alors que j’essayais de maintenir le groupe en tournée, voir l’impact que ça avait derrière sur ma famille et plus spécialement sur mon petit garçon, c’était juste trop écrasant et ça s’est transformé en une sorte de dépression, donc oui, c’était une période très dure durant laquelle je n’ai laissé personne m’approcher et je n’en avais pas envie, mais maintenant, avec cet album et le fait que les choses s’arrangent, je suis confiant et je me sens à nouveau dans mon assiette et ça mérite d’être crié sur tous les toits.« 

« Les gens pensent que les personnes avec un profil, qu’ils soient acteurs ou rock star ou autres, semblent être intouchables, des personnages immuables et hors de portée, mais le monde est pareil, j’ai eu une période de merde que je ne voulais partager avec personne, je ne voulais pas écrire de chansons qui parlent de moi et ce que j’avais traversé, mais ça marque et comme je l’ai dit, j’ai cimenté cette partie dans un album pour que tout le monde l’écoute, je suis fier de moi et fier du groupe qui m’a permis de le réaliser car même si ce n’est pas quelque chose que je voulais faire mais maintenant que je l’ai fait, je réalise que j’en avais besoin.« 

      Peut-on parler d’une certaine maturité dans cet album, dans ce cas ? 

« La maturité m’aide à prendre des décisions, pas à être moins jeune. Qui je suis, l’âge que j’ai et depuis combien de temps je fais ce que je fais, ça se retrouve dans cet album. C’est plus une question de me donner une maturité et une confiance suffisante pour dire ce que j’ai envie de dire, même si c’est dur à faire. Je n’avais pas vraiment envie de mettre une part de moi dedans, mais maintenant, la plus jeune partie de moi est partie et je ne pourrai plus jamais être aussi jeune, je peux juste continuer d’être intéressé et motivé et heureux d’être un compositeur. La maturité ajoute de la bravoure, contrairement à la jeunesse qui n’apporte que de la naïveté et de la complaisance.« 

« Bien que je sois toujours le compositeur principal du groupe, ça a toujours été bon d’avoir Padge en cas de besoin, évoque Matt. Il apportait des idées sur la table, et maintenant avec Jason qui s’implique, c’est incroyable ! Il peut écrire, chanter, jouer de la guitare, du tambour, programmer des trucs électroniques – il le vit simplement et c’est génial. Après le succès du dernier album, nous avons retrouvé le chemin que nous devions prendre, mais cette fois, nous avions besoin de faire quelque chose que les autres ne pouvaient pas faire. Nous devions faire une déclaration – il ne pouvait y avoir de meilleur moment pour le faire que la renaissance de Bullet. Il ne sert à rien de s’appuyer sur de vieilles gloires pour avancer, ce serait sans imagination, peu créatif et ennuyeux. L’histoire sera toujours là, c’est dans les livres. Nous sommes toujours Bullet For My Valentine, mais nous avons évolué. »

L’album, Gravity, est disponible à la vente depuis le 29 juin 2018 !

Un Review, titre par titre, est proposé juste ici : 

 

Bullet For My Valentine sera en concert à Paris le 6 novembre 2018, nous y serons, et vous ? 

Quand Ronnie Radke dit « Daddy should’ve never raised me on Black Sabbath! », je remercie sincèrement le mien de l’avoir fait. Née au début des années 90, j’ai grandi au son d’une vieille platine et des vinyles 33T d’AC/DC, Iron Maiden, Led Zepplin et tant d’autres encore. Passionée d’art, de littérature, de voyage et de photographie, je me suis vite rendu compte, pourtant, que sans musique, la vie n’a pas de saveur. C’est pourquoi je m’efforce, au quotidien, de faire partager cet outil qui transcende toutes les langues au monde.
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