Aretha Franklin : une étoile s'est éteinte.

16/08/2018

Aretha Franklin, ce grand nom de la Soul Music, s’est éteinte ce jeudi après une lutte contre le cancer de plusieurs années. Le 13 août 2018, un journaliste américain révèle que la chanteuse est au plus mal, famille et amis se regroupent autour d’elle et appellent ses fans à lui adresser leurs prières. 

Gwendolyn Quinn, son agent historique, transmet un texte écrit par sa famille à la presse :

« Dans l’un des moments les plus sombres de nos vies, nous ne sommes pas en mesure de trouver les mots appropriés pour exprimer la peine qui déchire nos cœurs. Nous avons perdu la matriarche et le roc de notre famille. L’amour qu’elle avait pour ses enfants, ses petits-enfants, ses nièces, ses neveux et ses cousins était illimité. »

Aretha Franklin demeure l’artiste féminine ayant vendu le plus de disques vinyles de tous les temps. Avec ses 33 albums studios, c’est plus de 75 millions de disques écoulés. Elle a collaboré avec les plus grands artistes et inspiré des milliers de personnes. 

Née le 25 mars 1942 à Memphis, dans le Tennessee, son père est pasteur, militant des droits civiques, et sa mère, Barbara, est chanteuse gospel. Aretha ainsi que ses deux sœurs, Erma et Carolyn, chantent dans la chorale de leur père à Détroit. 

John. H. Hommond, producteur qui a notamment découvert Big Bill Bronzy, Bob Dylan ou Bruce Springsteen, la repère. Persuadé qu’elle est un diamant brut, il lui fait signer chez Columbia record en 1956, sans que le succès soit au rendez-vous. La chanteuse les accuse de ne pas mettre tout leur poids pour faire pencher la balance de son côté et rompt ses engagements en 1967 pour signer chez Atlantic Records, ce label qui fut aussi celui de Ray Charles. 

Le succès arrive, « I Never Loved a Man (The Way That I Love You) » la propulse dans le classement. En 1967, sa reprise de ‘Respect’ d’Otis Redding se hisse en tête des hits parades. 

A Natural Woman’ confirme ce que John. H. hammond présentait en elle, une étoile née, celle de la reine de la Soul. Malgré un succès aléatoire, Aretha Franklin trouve toujours le moyen de surprendre son audience. C’est le cas notamment avec son passage hautement remarqué dans le film The Blues Brothers de John Landis en 1980. 

Les collaborations artistiques suivent : elle reprend ‘Jumpin’ Jack Flash’ des Rolling Stones avec Keith Richards, ou encore un duo avec George Michael « I Knew You Were Waiting (For Me) ».

Sur son album Through The Storm sorti en 1989, on retrouve à ses côtés des artistes de renom comme James Brown, Elton John ou encore Whitney Houston. 

Nombre d’artistes lui rendent hommage sur les réseaux sociaux : Elton John, Clive Davis (producteur chez Columbia), Hillary Clinton, Barbara Streisand, Gloria Gaynor, Oprah Winfrey et Ellen deGeneres, Paul McCartney, Celine Dion, Diana Ross, Quincy Jones, tous, ont eu un mot, une pensée pour l’artiste disparue. 

«La perte d’Aretha Franklin est un désastre pour quiconque aime la vraie musique : musique du cœur, de l’âme et de l’Église. Sa voix était unique, son jeu de piano sous-estimé – elle était l’une de mes pianistes favorites. » 

« Tu vas nous manquer, la Reine. »

« Je me recueille dans la prière pour le merveilleux esprit d’Aretha Franklin. »

Aretha Franklin a gagné 18 Grammys, elle est l’une des premières femmes à intégrer le Rock and Roll Hall of Fame. Ce musée, décrit comme le Panthéon du Rock’n’Roll, conserve et archive les plus grands moments de l’industrie musicale. Ce musée est situé à Cleveland, dans l’Ohio. 

Engagée et iconique, elle est un modèle de réussite pour bon nombre de femmes. Elle porte ses convictions en faveur de l’égalité raciale de par ses sonorités Gospel. Tout au long de sa carrière, elle démontre avec brio que la musique a un impact culturel dépassant de loin les limites de l’industrie musicale. C’est un message. 

Le 9 avril 1968, elle chante aux funérailles de Martin Luther King. 

L’artiste déclare être atteinte d’un cancer du pancréas en 2010, mal qui a déjà frappé à nombre de reprises dans sa famille : Carolyn est décédée d’un cancer du sein en 88, Cecil, son frère, d’un cancer des poumons en 89, Erma d’un cancer de la gorge en 2002.

Elle continue pourtant de chanter, on se souvient notamment de son passage en 2015 durant la 38e édition du gala annuel du « Kennedy Center Honors » où elle interprète sa chanson (You Make Me Feel) A Natural Woman (1967) face au président Barack Obama.

L’ancien président a rendu un long hommage à l’artiste sur son compte Facebook : 

« L’Amérique n’a pas de famille royale. Mais nous avons la chance de gagner des choses encore plus durables. […] Pendant plus de six décennies, dès qu’elle chantait, nous étions tous touchés par un éclat de la divine. Avec ses compositions et sa musicalité indétrônables, Aretha a participé à définir le ressenti américain. Dans sa voix, nous pouvions sentir notre histoire, dans toutes ses nuances – notre puissance et notre tristesse, notre noirceur et notre lumière, notre quête pour la rédemption et notre respect durement gagné. Elle nous a aidés à nous sentir plus connectés les uns aux autres, plus optimistes, plus humains. Et parfois, elle nous a aussi aidés à tout oublier et à simplement danser. Aretha est peut-être partie dans un endroit meilleur, mais le cadeau qu’est sa musique continuera à nous inspirer. Que la reine de la soul repose dans la paix éternelle. […]».

Le public a pu la voir une dernière fois sur scène en novembre 2017, lors d’un concert pour la fondation Elton John à New York. La chanteuse alarme alors ses fans en apparaissant amaigrie et faible. 

Le monde de la musique pleure aujourd’hui
la mort d’une de ses grandes dames. 
Quand Ronnie Radke dit « Daddy should’ve never raised me on Black Sabbath! », je remercie sincèrement le mien de l’avoir fait. Née au début des années 90, j’ai grandi au son d’une vieille platine et des vinyles 33T d’AC/DC, Iron Maiden, Led Zepplin et tant d’autres encore. Passionnée d’art, de littérature, de voyage et de photographie, j’ai vite vite réalisé, pourtant, que sans musique, la vie n’a pas de saveur. C’est pourquoi je m’efforce, au quotidien, de faire partager cet outil qui transcende toutes les langues au monde.
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