Hiver à Sokcho : doux et poétique

20/08/2018

Titre : Hiver à Sokcho

Auteur : Elisa Shua Dusapin

Editions : Folio

Prix : 6,60€

Parution : 16 août 2018

Nombre de pages : 160 pages

Genre : Littérature contemporaine

Résumé : À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration depuis sa Normandie natale. C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes. Ce roman délicat comme la neige sur l’écume transporte le lecteur dans un univers d’une richesse et d’une originalité rares, à l’atmosphère puissante.

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Merci à Folio pour cette douceur de la rentrée littéraire !

 

Sokcho, petite ville paisible de Corée, calme et sans histoire, qui va pourtant en abriter une belle, celle de la rencontre des cultures. Roman sensuel, roman sensoriel, Hiver à Sokcho raconte l’arrivée d’un artiste français dans une pension de famille coréenne.

Alors qu’il était venu chercher le repos et l’inspiration dans cet endroit reculé, Yann Kerrand se trouve confronté à une rencontre qu’il n’attendait pas : une hôte franco-coréenne. Plongé dans cet environnement poétique et doux, cet homme paraît pourtant le plus mystérieux des protagonistes. Auteur, dessinateur de bande dessinée, on ne comprend pas tout à fait sa présence ni son comportement obscur : qu’est-il venu faire dans cet endroit ? Que cherche-t-il ?

Le lecteur se retrouve à la place de l’hôte franco-coréenne de la pension et place donc toutes les interrogations sur son visiteur tout droit venu de Normandie. Méfiance et attirance alternent et s’entrechoquent, créant un sentiment de confusion à chaque contact avec le mystérieux français.

Un des signaux passe par la langue, cette langue française qu’ils ont en commun et dont ils préfèrent pourtant se passer au profit d’un anglais approximatif, mais qui maintient cette confusion des sentiments dans laquelle ils se trouvent.

Porté par une écriture fine, délicate et recherchée, Hiver à Sokcho baigne dans une ambiance à la fois poétique et oppressante, où chaque élément prend une place étudiée : à l’encre de la mer fait écho l’encre de la plume du dessinateur.

Cette encre sombre qui parle à la place du mystérieux français taiseux et attise tant la curiosité de la narratrice… Tout est frôlements, évitements, émotions, tant et si bien que le langage se passe de mots pour traduire et traverser les deux cultures. A la fin, seul un sentiment reste : celui d’une rencontre silencieuse et douce.

 

Un court roman poétique, une histoire suspendue hors du temps entre deux êtres culturellement distants mais que va unir une parenthèse doucement intense. Une rencontre belle, inexplicable, inatteignable et pourtant magnifiquement saisissante.  

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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