La planète des 7 dormants - Court roman ou longue nouvelle ?

08/08/2018

Titre : La planète des 7 dormants

Auteur : Gaël Aymon

Editions : Nathan

Prix : 16,95€

Parution : 14 juin 2018

Nombre de pages : 270 pages

Genre : SF

Résumé : Pour réparer leur vaisseau endommagé, des explorateurs spatiaux atterrissent en catastrophe sur une planète inconnue. La découverte de ruines d’une civilisation disparue ravive l’espoir de la capitaine : cette nouvelle planète pourrait-elle être habitable ? Mais une partie de l’équipage est prête à tout pour repartir au plus vite, malgré l’état du vaisseau…
La rencontre soudaine avec un peuple primitif qui les prend pour des dieux, les Sept Dormants, les place devant un choix crucial : jouer les usurpateurs ou détromper ceux qui les accueillent ?

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Dans le cadre de mon travail, j’ai beaucoup entendu parler de certains romans de Gaël Aymon, tournés vers l’adolescence et ses difficultés. On m’en a toujours dit beaucoup de bien et plusieurs de ses ouvrages figurent sur la (longue, longue) pile des livres que je veux lire « bientôt ».

Forcément, quand j’ai vu que l’auteur sortait son premier ouvrage en science-fiction, je me suis dit que c’était ma chance de découvrir une nouvelle plume, dans l’un de mes genres chouchous. Ni une, ni deux, j’étais lancée dans la lecture de La Planète des 7 Dormants.

Et alors, ça donne quoi ?

Alors, pour être tout à fait honnête, je ressors plutôt mitigée de cette lecture.

Certains aspects étaient extrêmement intéressants et m’ont beaucoup plu, mais d’autres m’ont vraiment bloquée dans ma lecture et m’ont quelque peu empêchée d’entrer dans le roman autant que je l’avais espéré.

Pour moi le gros point noir de l’intrigue réside dans les personnages. À mon sens, ils sont trop peu étoffés et j’avoue avoir eu du mal à me souvenir de qui était qui – à part une ou deux exceptions. Ce qui dessert complètement le roman, c’est à mon sens que l’on ne sait rien sur les personnages avant le début de l’intrigue. On ne connaît ni leur passé, ni leur histoire, ni même leurs motivations pour s’engager dans un voyage spatial périlleux. On ignore aussi beaucoup de la planète d’origine du vaisseau, Kaya, même si l’on comprend que plusieurs puissances avec des buts distincts y sont à l’oeuvre.

Tout ça peut paraître mineur au regard de l’intrigue qui se déroule exclusivement sur cette nouvelle planète apparemment inhabitée mais où finalement des autochtones humanoïdes ont réussi à installer une société très codifiée. Mais pourtant, partager avec le lecteur plus d’informations sur nos héros, sur les relations qui les lient et sur les rapports de force à l’oeuvre aurait permis au lecteur de mieux comprendre leurs réactions sur cette nouvelle planète.

En réalité, je crois que j’aurais aimé que le roman commence plus tôt par rapport à l’intrigue. Ici, l’auteur fait commencer l’histoire à partir du moment où le vaisseau se pose – tant bien que mal – sur la planète. Je crois que j’aurais préféré avoir quelques chapitres de plus pour voir comment se comportait l’équipage du vaisseau en temps normal, puis face à une crise – un défaut dans le vaisseau obligeant tout le monde à atterrir sur cette planète apparemment inhabitée et peut-être hostile. À mon sens, cela aurait vraiment permis de poser les personnages, leur caractère, leurs objectifs et leurs peurs, ce qui manque cruellement dans le roman.

À titre d’exemple, on découvre aux deux tiers du roman que l’un des personnages est très opportuniste. Personnellement, j’avais plutôt imaginé ce personnage comme un bon petit soldat, presque loyal à l’extrême – mais il s’agit de ce que moi j’avais imaginé parce que le lecteur dispose finalement de très peu d’informations sur le caractère des personnages. Même en ayant terminé le livre, je n’arrive pas à savoir s’il s’agissait là d’un plot twist et que cette information était censée être une surprise pour le lecteur (comme elle l’a été pour moi) ou si c’était une évolution logique pour ce personnage.

Cela dit, le roman a quand même de belles qualités – notamment la plume de Gaël Aymon que j’ai trouvée très fluide. L’écriture est rythmée et les chapitres très courts s’enchaînent très vite, rendant la lecture très agréable. Par ailleurs, la dimension chorale de la narration permet d’avoir le point de vue de plusieurs personnages, ce que j’ai trouvé très bien pensé.

J’ai trouvé le roman parsemé de très très belles idées, mais que j’ai trouvées bien souvent trop peu développées – la culture des habitants de la planète semblait extrêmement intéressante, les origines de la planète des 7 Dormants était une très belle idée.

Enfin, j’ai beaucoup aimé la double intrigue du roman, entre la découverte d’un nouveau monde et l’enquête au sein même de l’équipe, même si là encore mieux connaître les personnages m’aurait permis de plus m’impliquer dans le roman.

En définitive, je ressors assez mitigée de ce roman, non pas parce que je l’ai trouvé mauvais mais parce que j’aurais aimé qu’il soit plus long et plus développé à plein de niveaux différents. L’imagination de Gaël Aymon est très intéressante et très dynamique, mais pour moi La Planète des 7 Dormants s’approche finalement plus d’une longue nouvelle que d’un roman et mes attentes sont très différentes pour ces deux formats. Si dans une nouvelle, j’accepte totalement de ne pas tout savoir – notamment pour les nouvelles de science-fiction – dans un roman j’ai bien plus envie de m’attacher aux personnages et de comprendre leurs dynamiques.

Néanmoins, je pense que l’un des objectifs de l’auteur était d’amener ses lecteurs à réfléchir à des thématiques importantes telles que la transmission du savoir et, à ce titre, le récit – qu’il soit un roman ou une nouvelle – est réussi.

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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