La malédiction du tigre - Un début de saga moyen

05/09/2018

Titre : La malédiction du tigre

Auteur : Colleen Houck

Editions : Pocket Jeunesse

Prix : 17,90 €

Parution : 3 avril 2014

Nombre de pages : 409 pages

Genre : Young adult, romance, fantastique, aventure

Résumé : La dernière chose que Kelsey Hayes croyait faire cet été-là, c’était de tenter de conjurer une malédiction indienne vieille de 300 ans. En compagnie d’un mystérieux tigre blanc nommé Ren. À l’autre bout du monde. Mais c’est exactement ce qui s’est passé. Confrontée à des forces obscures, à une magie envoûtante et à des univers mystiques où les apparences sont trompeuses, Kelsey risque tout pour reconstituer une prophétie ancienne qui pourrait conjurer à jamais la malédiction. La malédiction du tigre est l’excitant premier tome d’une histoire d’amour épique qui vous coupera le souffle et vous fera aspirer à en lire plus

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Il y a des rencontres improbables qui changent une vie. On trouve les classiques, comme rencontrer son âme sœur dans un lieu insolite, décrocher le gros lot après avoir aidé une tierce personne. Et puis il y a les fantaisistes, tirées de nos fictions. Celles où tu reçois un courrier pour une école de magie prestigieuse, te retrouves engagé dans un jeu sanglant de survie ou reçois les avances d’un bel adonis allergique au soleil. Ce que nous recherchons, nous lecteurs, dans ces situations improbables, c’est leur singularité. Qu’elles soient vraisemblables ou non, clichées ou réalistes, il faut reconnaître notre engouement pour les belles rencontres, car c’est le gage d’un bon démarrage dans un roman. La malédiction du tigre d’Helen Houck ne fait pas exception à la règle et nous conte la rencontre de Kelsey et de Dihren le tigre.

Dans son Oregon natal, Kelsey Hayes, comme tout lycéen américain, cherche un petit job d’été pour occuper ses vacances et acquérir une expérience professionnelle. Dans ce que j’imagine être un équivalent d’une mission locale, elle reçoit une drôle de proposition : s’occuper du tigre du cirque qui fait étape dans sa ville. D’abord réticente, la jeune fille se laisse convaincre et intègre la troupe. Avec le temps, elle sympathique avec les artistes et soigneurs de la troupe, mais son attention est focalisée sur le magnifique tigre blanc aux yeux saphirs dont elle a la charge. Le bel animal la fascine mais l’inquiète aussi. Quel est ce fauve, si docile et inoffensif, qui semble comprendre et faire tout ce qu’elle dit ? Entre l’animal et elle une grande amitié naît, mais elle est de courte durée. Le tigre doit être réintroduit dans son habitat naturel en Inde. Par une chance incroyable, Kelsey fait partie de l’expédition et s’envole pour le pays des tigres. Spoiler (surlignez à vos risques et périls) : Commence alors pour elle une folle aventure au cœur de l’Inde pour briser une malédiction, celle de son tigre, qui n’est autre qu’un prince indien.

En commençant cette lecture, je n’avais pas vraiment d’attentes particulières. Il faut dire que la couverture et le résumé n’avaient pas éveillé mon appétit livresque. Mais la seule mention de l’Inde, en cette période de vacances, me garantissait le dépaysement. Et après lecture, je peux affirmer que j’étais loin d’être en territoire inconnu. Oui, le lieu de la fiction était plus ou moins une découverte, mais pas l’intrigue et les personnages, eux m’étaient complètement familiers.

L’intrigue s’appuie sur la formule classique de la quête imposée à un personnage sans histoire, le fameux élu qui serait la seule et unique personne capable de lever la malédiction. Le récit nous embarque donc dans l’Inde moderne, passant des grandes villes surpeuplées aux bourgades entourées d’une jungle luxuriante pas si hostile que le laissent entendre les descriptions. D’ailleurs je regrette que l’on ne s’attarde pas plus sur les villes que l’histoire traverse, Kelsey s’accoutume bien trop facilement à l’Inde, il n’y a pas d’acclimatation progressive ou de choc culturel comme on pourrait s’y attendre. Les étapes de cette quête après lecture ne sont pas non plus très marquantes. On oublie même parfois qu’il y a eu des temples à visiter, des pièges à éviter ou même des épreuves à surmonter, etc. Je voulais de l’aventure, du danger et des obstacles comme n’importe quelle production hollywoodienne nous a habitués à avoir (pensez à Indiana Jones), mais je n’ai pas eu ça. Moi qui pensais être brusquée et entraînée dans une folle aventure, je me suis trouvée à l’opposé. D’un autre côté, certains codes sont respectés. Une aventure, c’est aussi un parcours initiatique pour le héros qui lui permet de mûrir. Kelsey fait l’expérience de l’amour et fait face à ses peurs, elle sort grandie et consciente de ce qu’elle désire, un bon point à souligner.

Le style et la manière de raconter la quête sont bizarrement empreints de douceur et de lenteur. C’est calme malgré les épreuves qu’affronte Kelsey, presque un parcours de santé, si j’exagère les choses. Le livre donne beaucoup de place à la routine des personnages dans leur progression, il n’y a pas de mystère ou d’attente, tout est dit une fois demandé, comme si le plus important était ailleurs. On ingurgite beaucoup d’infos sur tout : les origines de M. Kadam, spoilers (surlignez à vos risques et périls) le passé de Dihren, son enfance princière, sa rivalité avec son cadet, l’Inde, sa culture et son folklore. Ça manquait de suspense mais bizarrement ça ne m’a pas dérangé, je lisais avec plaisir et je me sentais impliquée dans l’aventure même si c’était lent. Du moins au début, car aux trois quarts du livre, cela devenait lassant. En contraste de cette lenteur et douceur assumées, l’auteure brûle les étapes sûres d’autres éléments du livre que nous verrons plus bas dans cette chronique

Les acteurs de l’action se résument à 3 voire 4 personnes si on force le trait, avec une héroïne plutôt banale. En effet, Kelsey est une jeune fille lambda dans laquelle on peut se reconnaître facilement. Elle n’a pas une personnalité très marquée ou un trait de caractère fort. On sent sa jeunesse et son manque d’expérience, mais on est aussi surpris par son adhésion rapide à cette histoire de malédiction et de sauvetage. Par contre, elle est très bavarde et curieuse et pour vous situer son degré d’indiscrétion, pensez à Karine Lemarchand dans L’amour est dans le pré. Si elle est appréciable à suivre au début du récit, elle finit par devenir agaçante avec ses angoisses, même si je comprends où l’auteure voulait en venir. Et c’est une particularité que l’on retrouve chez l’ensemble des personnages et qui est symptomatique de ce qui ne va pas dans l’ensemble du bouquin, et que j’appelle le sentiment de lassitude de tout.

Spoilers (surlignez à vos risques et périls) Ren est très attentif, doux et protecteur, je dirais même affectueux. Il est différent des princes que j’ai pu rencontrer dans mes lectures. Même s’il garde cette aura princière, il y a beaucoup de sagesse et de retenue en lui. Je le trouvais adorable, du moins au début car assez vite il devient lui aussi insupportable à sa manière. M. Kadam occupe le rôle de mentor et de confident, c’est un personnage attachant avec un vécu incroyable, j’ai juste trouvé dommage qu’il n’ait pas un rôle plus important et une personnalité plus complexe pour un mentor. Il reste principalement là en soutien logistique, à l’arrière comme disent les profs quand ils parlent de la première guerre mondiale (ouh la la ! la référence). Kishan, le vilain frère, est encore moins exploité, malgré tout  mon petit doigt me dit que l’auteure le réserve pour la suite des aventures. En revanche, en matière de romance bateau, j’ai été largement servie. Ce que je sentais pointer de manière maladroite et inutile arriva : l’incontournable triangle amoureux, la malédiction des romances young adult. Un motif aussi récurrent qu’inévitable, qui est rarement utilisé avec finesse et intelligence.

Spoilers (surlignez à vos risques et périls) L’idée de deux frères frappés par une malédiction dont l’un serait gentil et l’autre pas m’a renvoyé à mes heures perdues avec les frères Salvatore dans Journal d’un vampire mais en moins palpitant. Les frères sont attachants à leur manière mais terriblement stéréotypés. La construction des personnages, et particulièrement leurs sentiments, est peu approfondie et tombe dans la niaiserie. Spoilers (surlignez à vos risques et périls) J’ai trouvé Ren très puéril et pas très mature à certains moments. Les sentiments et les preuves d’amour dont il fait l’étalage sont parfois à la limite du forcing, pour ne pas dire du harcèlement. Parfois je désirais être dans sa tête, surtout sous sa forme de tigre, pour comprendre ce qui motivait son attachement incompréhensible à Kelsey. Quant à Kishan, il est tout aussi gamin dans ses tentatives pour ravir le cœur de l’héroïne, on dirait un enfant qui veut voler le jouet d’un autre juste pour le plaisir d’empiéter sur les plates-bandes de son aîné.

Mais la dernière chose que je soulignerai avant de conclure, c’est l’absence d’opposant dans cette histoire. Il y a beaucoup de romance, du fantastique, un soupçon d’aventure mais pas d’antagoniste. Une bonne œuvre se reconnaît au travail apporté au grand méchant de l’histoire. Bien sûr ce serait faux de vous dire qu’il n’y en a pas du tout, le prologue est là pour en attester, mais il est à peine évoqué et n’apparaît jamais.

En conclusion, La malédiction du tigre de Coleen Houck est un démarrage de saga qui part d’une bonne intention mais qui tombe rapidement dans le piège de la romance, négligeant le reste. L’auteure américaine a eu une bonne idée de s’appuyer sur la culture et les traditions indiennes et les combiner au genre de l’aventure mais elle n’a pas su en tirer le meilleur. Son roman manque d’équilibre et ne priorise pas les bons éléments dans la construction de son intrigue. Au fil de la lecture, la romance prend trop de place et certains personnages frôlent de peu la caricature, au détriment de l’aventure et du fantastique. Et malheureusement, je ne peux pas affirmer m’être immergée dans les paysages et l’atmosphère si particulière de l’Inde. Autre point négatif, l’absence de rebondissements ou de coups de théâtre dignes de ce nom. Malgré tout ce que je viens de souligner, je garde encore espoir dans les tomes suivants, car la saga a du potentiel. Espérons que la suite soit plus palpitante et spectaculaire.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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