Parvana : une enfance en Afghanistan – Petit, simple mais instructif

14/09/2018

Titre : Parvana : une enfance en Afghanistan

Auteur : Deborah Ellis

Editions : Le Livre de Poche Jeunesse

Prix : 4,95€

Parution : 1 juin 2018

Nombre de pages : 185 pages

Genre : jeunesse

Résumé : Parvana a onze ans et n'a jamais connu son pays autrement qu'en guerre. Une guerre de cauchemar, qui interdit aux femmes de sortir non voilées et sans l'escorte d'un homme, père ou mari. Assez grande pour être soumise à ces interdits, Parvana doit pourtant trouver une façon de les contourner. Car depuis que les talibans - groupe religieux extrémiste qui contrôle le pays - ont emprisonné son père, c'est sur elle seule que repose la survie de la famille...

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Qu’y a-t-il de plus pur et de plus saisissant que le sourire d’un enfant ? Victimes innocentes de conflits qui les dépassent, entraînés dans le tourbillon d’une vie qu’ils n’ont pas choisie, certains enfants doivent survivre dans des conditions difficiles à travers le monde. On connaît la chanson, on ne choisit pas sa famille ou même la terre qui nous verra naître, mais ça ne veut pas dire qu’on ne l’aimera pas et qu’on n’en tirera pas le meilleur. De son Ontario natal, Deborah Ellis semble s’être donné une mission : vouer sa vie et sa plume d’écrivaine à raconter la vie de ces enfants du monde. Et sa plus grand œuvre, Parvana une enfance en Afghanistan, a été lue par des milliers de jeunes lecteurs à travers le monde et a eu l’honneur d’être adaptée au cinéma. Un film plein de beauté et d’espoir. Mais qu’en est-il de l’œuvre originelle ? À l’occasion de la sortie en juin de l’adaptation de Parvana, les éditions du Livre de Poche Jeunesse ont réédité le livre de Deborah Ellis. Découvrons ensemble ce qui a motivé la réalisatrice Nora Twomey à porter cette histoire à l’écran.

Cette chronique sera très expéditive puisque j’ai eu la chance de voir l’adaptation filmique de ce livre, qui fut pour moi une belle découverte. Saisir la portée d’une œuvre telle que celle de Parvana demande un effort de contextualisation. Une fois n’est pas coutume, je vais m’abstenir de développer le contexte de ce récit et d’en faire le résumé, et je vous renvoie à l’avis cinéma de l’adaptation de Nora Twomey publié cet été sur NiNehank. Car si je dois comparer les deux œuvres, je dirais que le film respecte l’esprit du livre de Deborah Ellis, mais qu’il s’en éloigne pour oser plus de poésie et de lyrisme. Mis à part cela, l’histoire reste en gros la même et les lecteurs seront globalement satisfaits de ce qu’ils verront.

J’irai droit au but : Parvana est une lecture simple, qui ne revendique pas de style particulier. Elle est volontairement simple et sans fioritures car le plus important est de transmettre la parole d’une petite fille à un jeune public, de faire un pont avec le lecteur, un lien pour qu’il puisse saisir l’intensité et la violence de ce que Parvana vit au quotidien. Il n’y a pas de grande action, de grand retournement de situation épique ou grandiloquent comme le film le développe un peu. Cela ne veut pas dire que le livre demeure plat et sans attrait, car on vit la tragédie à travers ses yeux, mais aussi les petits moments de bonheur et les actes de résistance. Et plus important encore, on assiste à la naissance d’une conscience et d’une réflexion.

Le récit est dur mais ne tombe pas dans la surenchère, il accorde simplement une place importante à la violence. Elle est présente à chaque moment et sous diverses formes : il y a la violence psychologique, physique ou encore verbale. Les plus marquants sont sans nul doute le chapitre du démembrement public, le passage des ossements qui est particulièrement sinistre, ou encore celui des mines qui m’a terriblement angoissée. Une violence execrée principalement par les talibans, à qui le livre ne donne pas de visages. Sous la plume de l’auteur ils sont réduits à une masse, un groupe d’hommes sans distinction, cruels, sans état d’âme et fanatiques. Mais le livre laisse entrevoir une nuance, car qu’est-ce qu’un taliban ? Qu’est-ce qu’un nazi durant la Seconde Guerre Mondiale ? Deborah Ellis ne nie pas les actions néfastes de ces hommes, elle montre l’aberration de leur idéologie. L’idée étant de faire comprendre que parmi la masse, il y a l’individu. Tous les hommes afghans, qu’ils soient ou non talibans, ne sont pas des monstres ou n’oppriment pas leurs femmes.

Parvana est aussi innocente que courageuse. Elle est très lucide sur sa condition d’enfant et de fille. J’ai été attristée de voir cette jeune héroïne grandir trop vite et prendre des responsabilités qu’elle ne devrait pas. « C’est moi l’enfant, c’est de moi qu’on devrait s’occuper ». Mais elle reste une petite fille avec des préoccupations de petite fille, comme sa rivalité avec sa grande sœur ou l’envie de retourner à l’école. Son parcours est jalonné de rencontres. Il y a Shauzia, une autre fille travestie en petit garçon, madame Weera, ancienne enseignante et sportive, ou encore l’inconnue du marché et ses petits présents. Chacune apporte à Parvana la force de survivre et d’avancer. D’autres rencontres plus éphémères m’ont tout de même marquée, comme le client avec sa lettre, montrant par la même occasion que l’amour et l’entraide existent encore. Pour finir, Deborah Ellis a mis l’accent sur la famille de Parvana, une famille nombreuse et brisée par la disparition d’un fils ou l’absence d’un mari, mais qui reste soudée et unie malgré les divergences. Et ça, c’est beau à lire.

En conclusion, Parvana une enfance en Afghanistan est un bon livre qui marque les esprits et qui malgré sa simplicité réussit à nous faire comprendre les drames qui se jouent à Kaboul et l’intensité de la violence qui s’exerce sur la population. Après une lecture pareille, on se sent chanceux de vivre dans un pays en paix où chacun jouit de libertés fondamentales comme celles de se déplacer, d’être instruit, de penser ou de débattre. Parvana et les siens nous montrent à eux seuls le peuple afghan dans toute sa diversité. Je ne pouvais m’empêcher de penser aux familles syriennes au cœur de l’actualité de l’année dernière tant le parallèle était visible. C’est un roman réaliste, contemporain et instructif pour les plus jeunes et qui, je l’espère, suscitera de l’intérêt de la part de ces derniers sur le droit des femmes, les ravages de la guerre ou l’Histoire et la culture de cette région du monde riche. Je ne peux que vivement vous conseiller de vous pencher sur cette petite histoire.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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