Dossier Saga Halloween - Partie 1

24/10/2018

Alors que le nouvel épisode d’« Halloween » débarque sur nos écrans, revenons sur les différents volets d’une saga qui aura marqué le cinéma de genre…

Difficile de faire bref sur le film original de Carpenter tant son influence s’est fait forte sur le cinéma de genre. S’il n’est pas le premier slasher (Black christmas, sorti quelques temps plus tôt, peut s’arroger le titre), sa mise en scène aura considérablement marqué, notamment dans ses moments de pause presque contemplatifs, tel Michael Myers restant quelques secondes face à l’adolescent qu’il a accroché à un mur. Myers est la représentation parfaite du Boogeyman, tueur ayant perdu son innocence enfant lors d’un meurtre inaugural toujours aussi fort visuellement. Moins qu’un homme, c’est une figure, la Forme, une menace omniprésente, qui peut se permettre d’avancer lentement car elle sait qu’elle arrivera au bout de ses actions. Michael Myers est la terreur à l’état pure, inhumaine et dont la silhouette si simple reste toujours si effrayante avec les années. Carpenter l’iconise au maximum et joue le plus possible de son inhumanité, n’hésitant pas à engager plusieurs acteurs pour l’incarner afin de ne pas lui conférer de dimension humanisante. Face à lui, la jeunesse d’Haddoonfield n’a aucune chance, trop insouciante pour pouvoir faire face à un malheur surgi d’un passé que la ville veut enterrer. Des dossiers complets ont été faits sur ce film uniquement, des analyses approfondies sur toute la perfection du film. Soyons concis, à défaut de pouvoir s’épancher plus longuement : « Halloween » est un chef d’œuvre et Michael Myers est l’instrument du mal le plus terrifiant qui a pu sévir sur grand écran.

La suite reprendra directement sur la fin. Sur un ton ironique, on nous rappelle que la tranquillité de façade s’est vue mise en charpie par le retour de Myers. Deux axes narratifs vont se conjuguer : l’hospitalisation de Laurie Strode, survivante du tueur masqué, et la quête de celui-ci par le docteur Loomis. S’axant beaucoup plus dans son côté slasher (avec un plus grand nombre de meurtres et une représentation plus graphique de ceux-ci), cette suite est régulièrement décriée en comparaison de son prédécesseur. C’est oublier sa gestion du suspense admirable, rajoutant ce qu’il faut pour épaissir la mythologie Myers. Si la fraternité du tueur avec Laurie est abandonnée dans le dernier épisode et rejeté par Carpenter, cela étoffe la relation entre les deux, passant d’un aspect mythologique (le mal absolu face à une innocence laissée à elle-même) à quelque chose de plus intime. Si l’écriture pêche dans la caractérisation de nouveaux protagonistes, cela n’empêche pas cette suite d’être d’excellente facture.

« Halloween 3 » est plus compliqué dans sa conception, avec cette volonté de transformer la saga en épisodes anthologiques. L’idée est pourtant des plus passionnantes et aurait pu aboutir à une exploration approfondie des liens entre cette fête et le mal qu’elle engendre bien malgré elle. C’est ainsi que l’on passe d’une figure symbolique des plus historiques (Michael Myers en tant que Boogeyman) à un mal plus capitaliste (la fête réduite à néant par une volonté économique destructrice). Ce troisième épisode est donc malheureusement sous-estimée suite à cette volonté de se débarasser de la mythologie Myers (comme symbolisé par le héros détruisant une télévision diffusant le film) pour aller vers d’autres flots. Redécouvrez donc ce dernier sans hésitation pour profiter au mieux d’une envie intéressante de s’interesser à la culture d’Halloween en montrant comment l’industrialisation de celle-ci la pervertir de l’intérieur.

Halloween 4 cherche donc à raccrocher les wagons avec les épisodes précédents en racontant les mésaventures de la jeune fille de Laurie Strode. L’entreprise s’enfonce dans son accoutrement de série B, confirmé par l’absence de Jamie Lee Curtis qui se voit justifié par le décès de son personnage. Néanmoins, le film reste intéressant dans la manière dont le mal infecte jusqu’au bout cette famille dysfonctionelle, la jeune Jamie semblant souffrir des mêmes maux que son oncle le poursuivant sans relâche. On y sent aussi l’esquisse d’une influence de Myers dans la ville, celle-ci s’échauffant suite aux morts qu’il a causé, ainsi qu’une partie du climax jouant sur l’attente de la menace avec un certain calme en lieu clos, tels plusieurs classiques du western. Malheureusement, cela ne relève en rien la qualité générale du film, assez oubliable mais loin d’être une purge répétitive à l’inverse d’autres sagas du genre.

Cela devient plus compliqué pour le cinquième Halloween. Beaucoup de pistes narratives sont lancées dans une forme de mélange qui se perd. Le résultat tient du fourre-tout assez frustrant, série B trop classique et éparse à la fois pour réellement marquer. Les personnages sont oubliables, les ficelles narratives plus visibles qu’auparavant tandis que les idées sont floues dans leur élaboration. Le film souffre donc de s’immerger dans un moule répétitif tout en tentant de le détruire dans ses détails. Bref, on est plus proche de l’épisode d’une série Halloween qui lance un sixième épisode qui devrait rendre le tout plus clair. Spoiler : Non.

Le sixième d’Halloween est, dans les idées, intéressant, cherchant à se tourner vers un surnaturel assumé dans la mythologie du tueur. Malheureusement, c’est tout le contraire qui se passe : tout est d’une confusion telle que l’on reste ébahi devant tant d’excentricité incohérente. En plus de réserver un sort aussi cruel pour Jamie que celui de Noomi Rapace dans « Covenant » (la réflexion nihiliste d’un Scott en moins), le film se perd dans ses intentions, entre slasher basique et fantastique mal dégrossi. On aura le plaisir de croiser Paul Rudd dans le premier rôle mais l’acteur ne doit pas avoir le même plaisir en y repensant. Proche du nanar dans le résultat, « Halloween 6 » manque de l’étincelle qui aurait pu rendre son mélange d’idées plus homogène mais surtout plus appréciable à voir. Heureusement que le volet suivant sera mieux géré…

La suite de ce dossier prochainement !

Amoureux du cinéma, je suis belge, pas drôle et végétarien (dans cet ordre ^^). Le septième art est ma grande passion et j’adore parler films, qu’importe leurs styles.
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