La Casa de las Flores : la télénovela de Netflix (spoilers)

04/10/2018

Titre : La Casa de las Flores

Créée par : Manolo Caro II

Avec : Verónica Castro, Aislinn Derbez, Cecilia Suárez, Dario Yasbek Bernal, Paco León, Arturo Rios, Juan Pablo Medina, ...

Format : 30 minutes

Diffusion : Netflix

Genre : Télénovela, Comédie dramatique

Résumé : Dans cette série comique et dramatique à l'humour noir, l'apparente perfection d'une famille de fleuristes cache une facette sombre où secrets et névroses pullulent.

De g. à d. : Dominique Shaw, Elena de la Mora, Claudio Sánchez, Virginia de la Mora, Paulina de la Mora, Diego Olvera, Julián de la Mora, Lucía Dávila, Ernesto de la Mora

Après les séries d’action, les séries rétro, les séries dramatiques, les séries comiques, etc, etc, etc, … Le géant Netflix a eu envie de s’attaquer à un genre totalement inédit pour lui : la télénovela. La Casa de las Flores, c’est cette série mi-dramatique, mi-comique d’origine mexicaine mais dont on sent la grosse influence américaine derrière quand même. Elle est dans la même veine que Desperate Housewives, Dynastie et Devious Maids et son univers est d’ailleurs un mix de ces trois séries-là. 

La famille de la Mora : Paulina, Bruno, Julián, Elena, Virginia et Ernesto

Soyons honnêtes : le jeu d’acteur est mauvais. Est-ce de la faute au scénario ou la faute aux acteurs eux-mêmes ? C’est à vous de juger. Pour ma part, c’est un mélange des deux et en même temps, on ne regarde pas une télénovela pour des raisons d’acting (sinon, on n’a rien compris au principe de la télénovela) mais quand même, La Casa de las Flores ne mérite pas le nom de « telenovela » et pour cause… Dès les premiers épisodes, la série manque cruellement d’un minimum de réalisme. À la découverte d’un cadavre, à la découverte que celui-ci est en fait la maîtresse d’Ernesto de la Mora, le père de famille, à la découverte que ces derniers ont eu une fille, les autres acteurs jouent très très mal. Tout est tourné à la dérision et surtout, même s’ils viennent de l’apprendre, il n’y a aucune surprise de leur part, ce qui enlève tout plaisir au spectateur. Personne ne réagirait comme ça, même pas dans une télénovela. Je m’explique : le principe d’une telenovela c’est d’être dans l’hyperbole, dans l’exagération, dans la « drama-queenance ». Tout est horrible, affreux, atroce ou au contraire magnifique, magique, jouissif. Le charme d’une telenovela c’est de tout tourner au drame. Ici, c’est tout le contraire : les personnages sont moins surpris que nous le serions dans la vraie vie… Dès lors que les scènes sont censées devenir intenses, les acteurs sont incapables d’exprimer une réelle colère, surprise ou tristesse. Même l’enfant, Alexa de Landa (qui interprète Micaela, la fille cachée du père de famille et de la maîtresse) joue mieux que les adultes. 

La fratrie de la Mora. De g. a d. : Elena (cadette), Paulina (ainée), Julián (benjamin)

Le deuxième point qui, cette fois, m’a même carrément énervée, c’est l’histoire entre Dominique et Elena. Elena de la Mora, c’est la cadette des la Mora. Elle est partie étudier à New York et revient au Mexique pour l’anniversaire du père avec son fiancé : Dominique. Le problème, c’est que les parents de la Mora sont racistes et Dominique est noir. Même si c’est du vu et revu, il y avait de quoi faire pour avoir une petite intrigue intéressante. Mais non contente de n’avoir qu’un seul personnage noir dans la série, La Casa de las Flores a décidé de le tourner au ridicule en le renommant constamment « el negrito » (trad: le petit noir) : résultat, j’ai bien mis 10 épisodes avant de me rappeler de son vrai prénom. Et en plus de ça, ils ont également choisi de le rendre cocu avant de s’en débarrasser définitivement en faisant Elena le quitter pour une raison ridicule qui le ridiculise encore plus, lui ! En effet, alors qu’il avait choisi de passer outre sa tromperie (qui lui a été dénoncée par Paulina, la grande sœur d’Elena, et Micaela, la petite demi-sœur) et de quand même l’épouser, Elena découvre qu’il était au courant et qu’il a choisi de ne pas lui en parler pour ne pas détruire leur couple. Et cette c*nn*ss* se permet, elle, de le prendre mal et de le quitter le jour de leur mariage. Tout ça pour aller vers un homme qui au final, ne voulait même pas quelque chose de sérieux. À quoi servait Dominique dans ce cas sérieusement ? On aurait pu s’en passer. C’est rare que ça m’arrive en visionnant un film ou une série mais ça m’a mise en colère de voir un tel personnage gâché comme ça. 

Maria José et Paulina

Les bons côtés maintenant. Pour moi, le meilleur personnage de la série, c’est Paulina, la fille aînée des la Mora. Si j’aime cette série, c’est grâce à elle et à l’intrigue qui l’entoure. Si au début, je trouvais sa voix désagréable au possible (elle parle tellement lentement que c’en était irritant), on finit par s’y habituer et même par adorer. Son histoire avec Maria-José (anciennement José-Maria, le père de son fils) est, pour moi, le meilleur élément de la série. Leur duo est très attachant et très réussi. Il nous offre beaucoup de belles scènes, les plus belles de La Casa de las Flores d’ailleurs. Il y en a d’autres aussi qui sont joliment tournées et qui font passer de beaux messages. Je pense à l’épisode 3, quand Virginia de la Mora, la mère de famille, va chez le pédo-psychologue de la famille pour lui parler de l’homosexualité de son fils, Julián, qu’elle a du mal à accepter. Non pas par homophobie comme on aurait pu le penser au début de l’épisode mais par peur du regard que les autres peuvent avoir sur son fils. Le psy utilise une chaussette-marionnette pour échanger avec elle et honnêtement, on embarque complètement. C’est très bien fait et la mise en scène n’y est pas pour rien. Les deux acteurs sont extrêmement touchants et c’est l’un des rares moments de cette série où c’est bien joué.

De g. à d. : Julián, Elena, Maria-José, Delia, Bruno, Virginia, Diego, Paulina, Micaela

L’univers à paillettes, les familles riches et les scandales qui éclatent… forcément, ça plaît. La commère en vous sera conquise. La curiosité nous force à revenir et les fans de Desperate Housewives, de Dynastie ou de Devious Maids ne peuvent pas ne pas aimer La Casa de las Flores. Comme dans DH et comme Alice, Roberta s’est suicidée. Et comme dans DH et comme Alice, Roberta est la narratrice pleine d’ironie mordante et d’humour de la série. À chaque épisode un nouveau problème vient s’ajouter et on se demande comment ils vont s’en sortir. Et en soi, les sujets choisis sont intéressants : l’adultère, les enfants cachés, l’homosexualité, le racisme ou même la transsexualité. L’ennui, c’est que c’est du vu et revu. Ce qui n’aurait pas été un problème si cela avait été fait sous un autre angle ou de manière originale. Le problème de La Casa de las Flores, c’est que ça n’apporte rien. Tous les sujets et toutes les scènes ont été traités comme ils l’ont déjà été 1000 fois. Il n’y a aucune originalité, aucune plus-value. Cette télénovela signée Netflix permet juste de passer un bon moment pendant 30 minutes. 

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Passionnée par les sushis, j’ai appris à maîtriser cet art en regardant mes séries télé préférées. Entre deux makis, je m’intéresse aussi à l’univers d’Harry Potter, de Disney, au cinéma et à la photographie. Sinon, est-ce que je vous ai dit que j’aimais les sushis ?
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