Crazy Rich Asians : bien plus qu'une comédie romantique

10/11/2018

Titre : Crazy Rich Asians

Réalisateur : Jon M. Chu

Avec : Constance Wu, Henry Golding, Michelle Yeoh, Gemma Chan, Lisa Lu, Awkafina, Ken Jeong, Sonoya Mizuno, ...

Genre : Comédie romantique

Durée : 2h

Nationalité : Américain

Sortie : 7 novembre 2018

Résumé : Née à New York, Rachel Chu n'est jamais allée en Asie. En accompagnant son fiancé Nick Young au mariage de son meilleur ami à Singapour, Rachel est donc enchantée de découvrir le continent de ses ancêtres… même si elle redoute un peu de rencontrer la famille de son fiancé. Il faut dire que Nick a omis quelques détails d'importance. Car il est non seulement l'héritier d'une des familles les plus riches du pays, mais aussi l'un de ses célibataires les plus recherchés. Rachel devient alors la cible de toutes les jeunes femmes de la bonne société singapourienne en mal de maris et, pire encore, de sa future belle-mère. Si l'amour ne s'achète pas, l'argent rend les situations parfois bien complexes…

Crazy Rich Asians est une révolution. Adapté d’un best-seller, il est le tout premier film américain à mettre en scène uniquement des acteurs et des actrices d’origine asiatique. Cette communauté trop souvent oubliée, très peu et/ou très mal représentée a enfin eu justice dans un film extrêmement réussi. Les femmes ne sont plus représentées comme des personnes au look forcément punk et obligatoirement dotées de mèches de couleurs, et rien que pour ça, chapeau. Et même si je ne suis pas asiatique, j’ai envie de dire merci.

Mon article prend une tournure presque politique et en même temps, j’ai envie de dire que c’est tout le sujet du film. Crazy Rich Asians n’est pas une simple comédie romantique, bien au contraire. Il est bien plus que ça. Déjà pour ce que j’ai évoqué plus haut, mais aussi parce qu’il dénonce d’ailleurs dès les premières minutes du film (alert spoiler : Nick et sa famille arrivent dans un hôtel de luxe à Londres et on refuse de leur donner une chambre en leur rétorquant d’aller plutôt à Chinatown). Et tout au long du film, il y a également des messages sur l’identité et le racisme. Il détruit certains clichés, en exagère d’autres mais c’est toujours fait de manière légère et drôle. Ce n’est jamais gênant et ça ne semble pas déplacé. C’est d’autant plus criant qu’un « journaliste » du journal Le Parisien a fait la critique du film… en mettant exactement ce que le film et les gens soutenant le film souhaitaient dénoncer. Il a titré son article par « un communautarisme niaiseux ». Pourquoi « communautariste » ? Parce qu’il n’y a que des asiatiques ? Et lorsqu’il n’y a que des caucasiens ? Que des chtis, que le même journal a qualifié de « chef-d’oeuvre » ? Ce n’est pas du communautarisme là ? Il a également truffé son article de jeux de mots racistes à base de « brider » et de « cookie porte-bonheur ». Vous avez dit stéréotypes ? En plus, je doute même que ce monsieur ait réellement regardé le film puisqu’il dit que les protagonistes sont singapouriens. Or, c’est faux, ils sont chinois dans le film. Et ça a été répété plusieurs fois, étrange qu’il ne l’ait pas noté… En même temps, qu’est-ce qu’on peut attendre d’un journal qui a crié au génie pour le film Alad’2

De plus, je ne sais pas cce qui est le pire entre le racisme décomplexé de ce journaleux et le fait qu’il ose affirmer que les acteurs sont tous des inconnus… Son manque de culture m’a personnellement choquée. Michelle Yeoh, une inconnue ? Ce soi-disant « professionnel du cinéma, des séries et de la musique » (comme il se décrit lui-même sur son Twitter) n’a donc jamais vu Tigre et Dragon ? Demain ne meurt jamais ? Mémoires d’une Geisha ? Et ce n’est pour citer qu’eux. Mais Michelle Yeoh est tout sauf une inconnue. C’est une actrice au talent immense. Un talent qu’elle étale à nouveau dans Crazy Rich Asians dans le rôle d’une mère protectrice. Et elle n’est pas la seule. Tous les acteurs de ce film sont bourrés de charisme et on embarque complètement dans l’histoire grâce à eux. On n’a même pas l’impression qu’ils jouent même si certains personnages sont caricaturaux. Au contraire. Ils sont drôles, vivants et attachants. En ce qui me concerne j’ai eu un énorme coup de cœur pour Awkwafina qui interprète Peik Lin, une copine d’université de Rachel. Elle est à mourir de rire et elle a une voix… tellement grave, presque rocailleuse, je pourrais l’entendre parler des heures ! D’ailleurs, nous avons pu la voir dans le film Ocean’s 8 (n’est-ce pas journaleux ignare du Parisien ?).

Au cinéma, les éclats de rire fusaient. Personnellement, je n’ai même pas vu les 2 heures passer et j’aurais même aimé que le film dure plus longtemps. Le pire, c’est que j’avais peur de ne pas aimer. Je pensais qu’il y avait beaucoup trop de bruit autour de ce film outre-Atlantique pour qu’il soit si bien que ça. Je pensais que son succès et tout ce blabla tenaient juste au fait qu’il mettait en scène pour la première fois la communauté asiatique. Mais en fait, non. Oubliez le fait que nous avons affaire à des acteurs et actrices exclusivement asiatiques. Le film est génial parce que les acteurs sont géniaux (et ça, ça n’a rien à voir avec les origines), parce que l’intrigue est superbement ficelée et parce que la cinématographie est à tomber.

Parlons-en d’ailleurs de cette cinématographie. La mise en scène est incroyable : les couleurs sont vives, éclatantes et nous en mettent plein les yeux. Les paysages singapouriens sont à tomber et le film est littéralement une invitation au voyage et à la découverte d’une culture riche et qui oscille sublimement entre traditions et modernité. Et les scènes de repas… mamma mia, j’ai eu le ventre qui a gargouillé plus d’une fois. Mais pour moi, l’apothéose du film, c’est cette scène de mariage (photo ci-dessus). Elle m’a bouleversée. Elle est incroyable de beauté et de magie. Quoi qu’il en soit, si vous allez voir Crazy Rich Asians, vous en ressortirez avec la folle envie de voyager et de découvrir ce merveilleux pays d’Asie qu’est Singapour.

Pour conclure, je n’ai qu’une chose à dire : foncez ! Foncez voir Crazy Rich Asians, un conte de fée moderne qui vous fera rire, vous émouvra et vous fera rêver. En en sortant, on en est « crazy« , on rêve de devenir « rich » et on veut foncer en Asie.

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Passionnée par les sushis, j’ai appris à maîtriser cet art en regardant mes séries télé préférées. Entre deux makis, je m’intéresse aussi à l’univers d’Harry Potter, de Disney, au cinéma et à la photographie. Sinon, est-ce que je vous ai dit que j’aimais les sushis ?
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