Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald - Un résultat en demi-teinte

18/11/2018

Titre : Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald

Réalisateur : David Yates

Avec : Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, ...

Genre : Fantastique, aventure

Durée : 2h14

Nationalité : Britannique, Américain

Sortie : 14 novembre 2018

Résumé : 1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s'évade comme il l'avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l'origine d'attaque d'humains normaux par des sorciers et seul celui qu'il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l'arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. L'aventure qui les attend réunit Norbert avec Tina, Queenie et Jacob, mais cette mission va également tester la loyauté de chacun face aux nouveaux dangers qui se dressent sur leur chemin, dans un monde magique plus dangereux et divisé que jamais.

Il est enfin là. Après 2 ans d’attente, le second volet de la franchise Les Animaux Fantastiques a débarqué dans les salles obscures françaises pour le plus grand plaisir des fans. Et que d’attentes nous avions avec un titre pareil, « Les Crimes de Grindelwald », qui annonçait l’émergence d’un antagoniste et d’une menace sérieuse sur le monde des sorciers. Comme tous, j’avais hâte et je n’ai pas été déçue. Comme la plupart des médias, j’ai eu le privilège de couvrir l’événement de l’avant-première mondiale qui se déroulait dans la capitale française.

L’ambiance était posée et idéale pour visionner le film avec la présence du casting quasi entier qui était fier de présenter le fruit de leur travail, ainsi que de l’auteure et scénariste de l’univers, J. K. Rowling, qui a achevé de nous faire plaisir en parlant français. Sans oublier l’enthousiasme grandissant des spectateurs, Potterheads ou non. J’étais définitivement bien entourée et parée pour un aller-retour dans le Paris des sorciers avec Norbert et ses drôles de créatures. Tout ça a rendu le moment magique et exceptionnel. Je le répète : les conditions était idéales pour visionner le film de l’année. J’en ai pris plein les yeux et je suis ressortie de la salle certes un peu perdue mais globalement ravie. Et puis, la nuit passe. La journée suivante passe, et un doute me prend. Le film était-il réellement bon ? Ai-je vraiment compris et apprécié à sa juste valeur l’histoire proposée par Rowling ou même la réalisation de David Yates ?

Alors que le 1er film nous laissait  avec un Grindelwald arrêté par notre héros Norbert Dragonneau et fait prisonnier par le MACUSA, le Congrès Magique des États-Unis d’Amérique, le second film nous projette quelque mois plus tard. L’ennemi le plus craint du moment doit être extradé au Royaume-Uni pour répondre de ses crimes. Et c’est tout naturellement ce moment que choisit Grindelwald pour s’évader, de la manière la plus spectaculaire possible. Désormais libre, le mage noir est déterminé à rallier le plus grand nombre de sorciers à sa cause, à savoir sortir de l’ombre et dominer et soumettre à leur volonté les Non-Maj. Seul le professeur Albus Dumbledore semble en mesure de rivaliser avec le criminel, mais pour une raison inconnue, il ne peut livrer bataille contre sans ancien ami. Il fait donc appel à Norbert, son ancien élève, pour enquêter et arrêter Grindelwald, qui a élu domicile à Paris.  

Nous avons donc là un synopsis qui promet beaucoup de choses, notamment la présence du mythique Dumbledore, une escapade dans notre chère capitale et toujours plus de magie et de créatures fantastiques qui vont remplir notre collection de figurines Funko Pop sur les étagères. Mais en réalité; il apporte peu de réponses et surtout crée de nouvelles questions. L’univers et le récit se complexifient, mais pas dans le bon sens. En tant que néophyte à cet univers, comme une partie des spectateurs, mes connaissances dans le sujet se limitent au visionnage des films de la précédente saga. Tout naturellement, beaucoup d’éléments me sont donc inconnus. Là où le premier volet de la saga avait su me captiver et me faire entrer dans la danse, c’est qu’il avait cette fraîcheur de la nouveauté que je ne retrouve plus vraiment ici.

Certes, il y avait avec le premier volet cette volonté de se raccrocher à l’univers existant d’Harry Potter, mais c’était vraiment discret. David Yates et J. K. Rowling avaient réussi à se démarquer et à apporter une autre patte à cette nouvelle franchise, en étendant l’univers à l’international, ici New York, en misant sur une époque antérieure donc plus historique, et une palette de personnages radicalement plus matures et originaux. Mais surtout, il renouait avec le merveilleux et le côté bon enfant de la magie, que j’avais tant aimé dans le premier film de Chris Colombus. Les Crimes de Grindelwald est plus orienté pour les grands fans : en permanence le long-métrage se réfère à la saga avec l’évocation de lieux ou de personnages emblématiques de HP avec plus ou moins de finesse. Alors oui, c’est sympa et nostalgique, mais cela a pour effet d’annuler tout le travail de différenciation. Et pour les non-initiés, adhérer au film va être compliqué s’ils n’ont pas lu les livres. Or, un film adapté ou non doit se suffire à lui-même et dans le meilleur des cas donner envie d’approfondir.   

En somme, ce que je viens de relever en amont passe encore et n’est pas le pire défaut du film. Cet honneur revient au scénario. Il ne se passe pour ainsi dire pas grand-chose, ou du moins rien qui ne fasse vraiment avancer l’intrigue. Le récit de J. K. Rowling se limite à placer ses pions au bon endroit en prévision du troisième film, de ce fait elle brasse beaucoup d’air pour occuper les 2h11 du film. Le scénario use et abuse de facilités scénaristiques et n’introduit pas bien ses personnages, voire pas du tout pour certains, là où encore une fois le premier film le faisait efficacement. J’ai même parfois eu l’impression que la présence ou non de notre quatuor n’avait pas véritablement d’impact sur l’avancée du plan de Grindelwald, car présent ou pas le résultat serait le même. On se concentre un peu trop sur les histoires de famille ou les soucis sentimentaux de certains personnages à grands renforts de flash-back qui sont soit pas suffisamment introduits, soit qui nous sortent de l’action. En soi, une pause dans le récit pour digérer des infos c’est bien, mais ici il y en a beaucoup trop et parfois trop rapprochées.

En ce qui concerne les personnages, on est tous ravis de les retrouver mais moins du traitement réservé à certains. Certains personnages font de la figuration et les relations sont peu approfondies. Norbert a toujours cette naïveté attendrissante et ce décalage amusant de l’anti-héros. C’est un électron libre qui ne veut pas s’impliquer dans les affaires des sorciers. Sa passion pour les créatures fantastiques est toujours aussi palpable. Tina… ben c’est Tina, toujours ce besoin de faire ses preuves et d’enquêter mais pas de réelle évolution dans son personnage. Jacob, qui est mon personnage préféré, m’a posé problème. Il avait un rôle non négligeable dans le premier film, il était le personnage le plus humain et rationnel du film. Grace au tandem Norbert/Jacob, on découvrait ou redécouvrait l’univers des sorciers. Norbert représente le Potterhead qui découvrait les coutumes des sorciers des USA alors que Jacob représentait les non-initiés qui découvraient la magie de l’univers des sorciers. La présence d’un Moldu ou Non-Maj conscient de la magie qui l’entoure m’avait fait grandement plaisir et j’avais trouvé sympathiques ses interactions avec Norbert et Queenie. La question était de savoir si on « l’oubliettait » ou pas, mais dans ce deuxième film, il ne sert quasiment à rien et n’apporte rien à l’intrigue.

Je n’ai pas été spécialement impressionnée par Johnny Depp en Grindelwald. Clairement il porte le film, contrairement au quatuor de héros. Je ne m’attendais pas à ce qu’il cabotine ou joue les Jack Sparow (surtout pas) mais il était un peu fade, contrairement à Jude Law qui campe impeccablement Albus Dumbledore même s’il était peu visible à l’écran. Pour ce qui est de Croyance, interprété par l’original Ezra Miller, il reste un personnage teinté de mystère et imprévisible avec une partition touchante même s’il est assez transparent.

Leta Lestrange, jouée par la jolie et sexy Zoë Kravitz, faisait partie des personnages que j’attendais avec impatience. Le crush de Norbert ado a un vrai développement mais tardif dans l’intrigue. On sent qu’un truc la travaille. L’intrigue ne fait l’effort de la rendre importante qu’à la fin pour servir son final WTF de révélation farfelue. Mais sans ça, ses interventions pour faire avancer l’intrigue ou notre approfondissement de Norbert sont trop timides. Pour Alison Sudol, qui joue Queenie, c’est pire. Le personnage reste étrangement dans son esprit coincée aux USA avec ses interdictions et ses obstacles. Elle se résume à une fille frustrée qui ne peut pas vivre sa romance, et cela ne peut à lui tout seul justifier les choix qu’elle prend tout au long de l’intrigue. En plus, survolée, elle n’évolue pas vraiment. Pour finir, Nagini, je ne sais que faire de ce perso. Autant j’ai apprécié le jeu de l’actrice coréenne Claudia Kim, autant je ne sais pas à quoi elle a servi ici. Pour un personnage mythique de HP, grande faucheuse de Voldemort et Horcruxe, elle m’a paru… sympathique mais pas développée.

Là où je suis plutôt conquise, c’est dans la mise en scène. La direction artistique m’a vraiment plu, avec des scènes visuellement époustouflantes, comme l’évasion rocambolesque de Grindelwald (si vous tenez à vos mirettes, les 5 premiers rangs vous éviterez, parce que ça envoie du lourd). J’ai retrouvé cette atmosphère de mystère et de secret avec les tonalités visuelles auxquelles David Yates nous a habitués, mais pas le Paris que je m’attendais à voir. On est à Paris, et pourtant je n’y ai pas vraiment cru, contrairement à New York. Le film n’a pas été tourné en France (trop cher lol) mais certains lieux connus de la ville Lumière on été reconstitués. Mais mettre des accordéons en fond sonore, des terrasses de café, des images de carte postale de la Tour Eiffel ou de Montmartre fantasmé par les touristes, ça ne suffit pas pour me faire me sentir à Paris. Mais si ce n’était que ça… Le ministère de la magie made in France m’a posé problème. Alors là, je pense que c’est peut-être le moment où j’ai fait une mini sieste (les flashs lumière ont eu raison de mes yeux) mais c’est loin d’être une scène mémorable. Les lieux sont intéressants avec un édifice en verre, mais pour ce qui est de ses agents, de leurs règles ou mœurs, je cherche encore. Qui est à la tête de ce lieu? Pourquoi ? On ne rencontre personne du terrain là-bas. Le film Mission Impossible faisait mieux en confrontant ses personnages à la réalité française.

Les créatures ne sont plus centrales à l’intrigue, presque des figurantes, quand elles ne sont pas des deus ex machina. Et c’est dommage car le titre, c’est quand même Les Animaux Fantastiques et non les aventures de Norbert. Le film a perdu ce discours pro sauvegarde et protection de la faune magique contre les sorciers, ce qui est encore une fois dommage. SPOILER (surlignez à vos risques et périls) Pourtant, il y avait moyen de faire un truc sympa avec le cirque Arcanus en traitant par exemple de la maltraitance animale avec le cirque et le personnage de Nagini, qui ne sert pas à grand chose. Mais le film se limite à refaire le coup de la visite de la valise de Norbert avec cette fois sa maison en Angleterre, qui abrite une superbe ménagerie mais qui reste le seul moment où les animaux brillent par leur présence.

Pour finir, les sujets du film reposent sur deux enjeux majeurs, avec une recherche de filiation sortie un peu de nulle part, qui piétine beaucoup avant de… tout faire péter (sérieux, ça m’a fait le même effet que « le Martha » du film Batman vs Superman, j’ai bugé). Mais ce sont surtout les ambitions de notre sombre et dangereux antagoniste qui restent en mémoire, avec un discours en résonance directe avec l’époque de l’entre-deux-guerres et la montée des extrêmes (particulièrement le fascisme), mais aussi avec des événements plus contemporains. La notion de figure du chef qui galvanise les foules et capitalise sur les peurs, les craintes et les colères pour faire adhérer le plus grand nombre à un concept tout en instaurant la méfiance vis-à-vis des autorités. C’est terriblement d’actualité, vous ne trouvez pas ???

En conclusion, Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald est clairement un film transitoire qui ne fait même pas l’effort de le cacher. La faute à un scénario pauvre en péripéties et aux enjeux banals et plats. Le film de quand même plus de 2 heures n’est pas complet et pose plus de questions qu’il ne donne de réponses, avec un dénouement prenant et des révélations WTF. Les partis pris artistiques et la figure imposante de Grindelwald sauvent un peu la mise. Mais paradoxalement, j’ai passé un bon moment. Si vous êtes là juste pour retrouver l’univers, les personnages et les nombreuses références à la première saga, vous prendrez votre pied. Mais si vous recherchez un récit qui avance, avec de la consistance et des personnages développés, je vous garanti qu’une fois sorti de la salle, le charme sera rompu et la déception pointera le bout de son nez.
Cela se sent : le troisième film prépare quelque chose d’imposant. Mais il faudra attendre 2 ans pour en savoir plus sur le devenir des sorciers et des moldus. On espère quand même que pour la suite de la franchise, qui est passée de 3 à 5 films, J. K. Rowling et David Yates auront matière à raconter et surtout, à titre personnel, qu’ils oseront mettre à l’honneur d’autres continents. On a parlé de l’Amérique du Sud mais je serai curieuse d’avoir une escale de notre quatuor en Asie ou en Afrique.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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One Comment

  1. Tu as fait un super article purée ! Tu as réussi à mettre des mots sur ce que je ressentais :) Je suis heureuse de ce film mais on sent que le film suivant va encore être plus intéressant. Vivement la suite !

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