Les fantômes du vieux pays - Un roman américain comme on les aime !

16/11/2018

Titre : Les fantômes du vieux pays

Auteur : Nathan Hill

Editions : Folio

Prix : 10,50 €

Parution : 23 août 2018

Nombre de pages : 960 pages

Genre : Contemporain

Résumé : Scandale aux États-Unis : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public par une femme de soixante et un ans qui devient une sensation médiatique. Samuel Anderson, professeur d’anglais à l’Université de Chicago, reconnaît alors à la télévision sa mère, qui l’a abandonné à l’âge de onze ans. Et voilà que l’éditeur de Samuel, qui lui avait versé une avance rondelette pour un roman qu’il n’a jamais écrit, menace de le poursuivre en justice. En désespoir de cause, le jeune homme promet un livre révélation sur cette mère dont il ne sait presque rien et se lance ainsi dans la reconstitution minutieuse de sa vie, à la découverte des secrets qui hantent sa famille depuis des décennies.

.

Ce roman m’a fait de l’œil dès l’instant où je l’ai vu exposé en librairie. Cela faisait un petit moment que j’avais envie de me plonger dans une grande épopée américaine pleine d’aventures et de rebondissements. Lorsque les éditions Folio (que je remercie au passage) m’ont proposé de le recevoir, je n’ai pas hésité longtemps avant d’accepter malgré les 960 pages qui auraient pu me faire peur. J’emploie volontairement le conditionnel car une bonne saga familiale est forcément dense, autrement elle en perd de sa saveur. Étant donné que je souhaitais absolument en découvrir une, je savais donc à quoi m’attendre ! 

Je pense que vous l’avez compris à ma note mais, sait-on jamais, je vais quand même être très clair : j’ai A-DO-RÉ ma lecture. Pour tout vous dire, je ne sais toujours pas s’il s’agit d’un coup de cœur mais il est certain que Les fantômes du vieux pays m’a profondément marqué. C’est le genre de récits dans lesquels vous vous immergez complètement dès les premières pages grâce à un style fluide et incisif, et à une intrigue prenante, addictive et pleine de surprises. Une fois commencé, ce roman est quasiment impossible à lâcher tant on se sent pris dedans. Tout ça pour vous dire de ne pas avoir peur des 960 pages car on ne les voit honnêtement pas défiler. 

Les fantômes du vieux pays c’est l’histoire de Samuel, un prof d’anglais qui voit sa vie basculer le jour où il reconnaît sa mère (qui l’a abandonné lorsqu’il n’était qu’un enfant) à la télévision. Au cœur d’une polémique, cette femme l’intrigue et le pousse à enquêter sur sa propre vie, son passé dont une bonne partie lui est inconnue, au risque de découvrir des secrets de famille enfouis. Au cours de ma lecture, j’ai remarqué par mal de similitudes entre le roman de Nathan Hill et 22/11/63 de Stephen King, à commencer par la profession de Samuel et la quête dans laquelle il va se lancer. Néanmoins, j’aurais tendance à dire que les deux œuvres se complètent, plutôt que se ressemblent. Tout comme Stephen King, Nathan Hill fait le portrait d’une Amérique qu’on ne connaît pas, plus violente, plus sombre, bien loin du « american dream » dont on entend tant parler. Et malgré cette vision assez critique, certaines scènes sont purement sublimes et pleines d’espoir. Entre l’humour et le drame, l’amour et la haine, la plume de Nathan Hill vacille avec une précision chirurgicale d’une phrase à l’autre, créant un équilibre remarquable faisant tantôt pleurer tantôt rire un lecteur constamment sur ses gardes.

C’est également grâce à ses nombreux personnages aux psychologies complexes et étudiées que Les fantômes du vieux pays est un grand roman. Aucun protagoniste n’est manichéen, même les plus antipathiques finissent par attirer la sympathie à un moment ou un autre. Évoluant dans un pays soumis à des changements incessants, ce sont toutes les catégories socio-professionnelles qu’on découvre au fil des pages. 
Il s’agit d’ailleurs d’un roman profondément politique où le rôle du citoyen occupe une place prépondérante. La notion de liberté est notamment questionnée car au fil des époques de nombreux combats ont été menés par différentes classes sociales (les geeks, les hippies, etc.), bâtissant ainsi l’idée du fameux « american dream » qui fait rêver.

En conclusion, si vous cherchez une histoire pleine de rebondissements, de suspense, de rires et de larmes, de remises en question et de révélations, Les fantômes du vieux pays répondra indéniablement à vos attentes. N’ayez pas peur des longueurs car, parfois, il est tellement agréable de se poser avec un roman et d’en parcourir chaque page avec attention et émotion.

.

Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
1 I like it
0 I don't like it