Ropero - Une lecture touchante et pertinente

01/11/2018

Titre : Ropero

Auteur : Cathy Berna

Editions : Hachette

Prix : 15,90€

Parution : 1 juin 2018

Nombre de pages : 278 pages

Genre : Young adult, romance

Résumé : Elle, c'est Léonie, seize ans. La musique, c'est tout ce qu'elle a. Ça et la maladie. Sa vue baisse inexorablement. Bientôt, elle ne verra que du noir. Lui, C'est Ezra. Il trace la route dans son camion, accompagné de son chien et d'une tortue. Solitaire et instable, il cherche à fuir sa propre histoire. Eux, c'est une rencontre. Une nuit d'été inédite lors d'un festival d'électro. Un moment suspendu, avant qu'une tempête puis le chaos de leurs vies ne les rattrape...

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Certaines histoires commencent par des légendes et d’autres par des rencontres qui changent une vie. Mais en réalité, l’un ne va pas sans l’autre si on réfléchit bien. Et pourtant, il suffit de peu de choses pour voir sa vie basculer. Pour Léonie et Ezra, il aura suffi d’une nuit d’été et d’un festival pour qu’ils soient emportés dans le tourbillon de beaucoup de choses en réalité. Alors chers lecteurs, installez-vous bien et laissez-moi vous raconter l’histoire d’une musicienne presque aveugle et d’un vagabond en perdition.

Adoptée très jeune à l’étranger, la jolie Léonie a eu la chance de compter sur des parents très aimants et protecteurs, qui lui ont donné le goût de la musique. Mais son corps frêle, et particulièrement ses yeux en amande, la trahissent. En effet, malade des yeux, la jeune fille voit sa vue baisser inexorablement. Angoissée par les conséquences de sa cécité à venir, Léonie s’est peu à peu renfermée sur elle-même, limitant sa vie à un quotidien bien réglé autour de la musique et d’une mystérieuse prophétie. Mais voilà, aujourd’hui la musique n’arrive plus à combler le vide qui la grignote, jusqu’à cette fameuse nuit, où drame et passion se nouent pour bouleverser à jamais sa vie. Où Ezra, un jeune marginal, va tout changer avant le chaos.

À la lecture de cette petite mise en bouche, beaucoup verront en Ropero une énième histoire d’amour adolescente entre deux individus que tout oppose mais qui vont contre toute attente vivre une romance, la romance de toute une vie. Mais le livre est bien plus que ça et va au-delà de tout ce que j’avais imaginé en le sélectionnant il y a quelques mois. Le livre est divisible en 2 parties, avec dans un premier temps les événements du festival et dans un second temps les conséquences. La première partie est simplement magique, presque irréaliste. La connexion entre les deux personnages est immédiate et se prolonge vers une relation de confiance mutuelle que j’ai rarement vue entre deux ados qui n’auraient jamais dû se rencontrer tant ils viennent d’univers différents. La deuxième partie est plus longue et tout aussi forte en émotions, même si à certains moments j’ai senti poindre l’ennui et la lassitude. Car certains passages étaient plutôt lents, ou alors certaines actions me déroutaient. Je ne savais pas trop où cela allait m’emmener. Et l’inconnu, c’est aussi grisant qu’inconfortable.

Et que dire de la plume de l’auteure ? Elle est simplement exquise. À la fois douce, sensible et poétique mais aussi brute, familière et percutante. Une ambivalence que j’ai rarement vue chez d’autres écrivains mais que j’ai beaucoup appréciée. Il se dégage de ce texte beaucoup de pudeur et de maturité, donnant libre accès à des moments intimes et personnels très profonds où l’âme lutte sans cesse pour trouver un chemin vers l’apaisement et la quiétude.

Je ne saurais pas quoi dire de Léonie et Ezra, que l’habituel blabla que je sors sur les personnages principaux. Oui, ils sont attachants, oui, ils ont de belles personnalités et des intentions louables. Mais je pense que je me suis plus intéressée à leurs relations qu’aux personnages eux-mêmes. J’ai été touchée par leur détresse, révoltée par le sort qui s’acharne sur eux et captivée par leur histoire personnelle. Mais c’est leur lien que j’ai le plus retenu de cette histoire, cette manière de vouloir réparer alors qu’on est soi-même en vrac. Dans tous les cas, l’auteure a très bien construit ses personnages, je ne leur trouve pas de défauts. Un autre point très bien géré dans ce roman, c’est le traitement réservé aux personnages secondaires. Ils ont chacun droit à leur quart d’heure de gloire sans exception. L’auteure a pris soin de les développer suffisamment pour que l’on s’attache à eux, qu’on comprenne leur point de vue, leur comportement sans pour autant que cela n’alourdisse le récit et surtout sans qu’ils n’empiètent sur la trame principale. Bien au contraire, ils se greffent parfaitement à elle, la complétant pour former un tout harmonieux, plein de sens.

Des sujets, le livre en aborde beaucoup. Il met l’accent sur des valeurs classiques mais ô combien indispensables que sont l’amour, la famille, l’amitié, le courage, le deuil ou la différence, mais aussi d’autres plus inédites. Celle du handicap, cet inconnu que l’on ne sait pas toujours comment appréhender, nous les valides. On est plongé dans la peau et l’esprit d’une malvoyante au moment du basculement. Toutes ses appréhensions et ses peurs nous sont communiquées et c’est dur. Idem pour Ezra, qui souffre d’un autre mal plus psychologique, des blessures de l’âme qui le poussent à fuir. Ensemble ils vont se réparer, se réconforter et se découvrir autrement.

La musique est centrale à l’intrigue avec des allusions à certains groupes de musique de la scène française, plus ou moins connus. Et comme toujours il est plaisant de lire et d’écouter en même temps les musiques citées. La playlist n’est pas bien grande. On y voit la beauté du classique aussi bien que l’ingéniosité de la musique électro-rock. Cathy Berna ne se limite pas seulement à l’interprète, au son produit par la guitare ou même à la sensation de cette dernière, mais elle nous fait découvrir à travers ses mots cette passion pour l’instrument en lui-même. C’est un aspect du livre que j’ai adoré, particulièrement ce lien ténu et magique entre le luthier qui forge l’instrument et le musicien qui lui donne vie. N’importe quel musicien sincèrement passionné par la musique vous dira qu’un instrument n’est pas un objet quelconque pour lui, mais qu’il est le prolongement de lui-même.

En conclusion, Ropero de Cathy Berna est un mélange de plein de bonnes choses. Un livre sur les peurs, sur la manière de dépasser ses angoisses. Sur ce mal silencieux qu’est la dépression, sur la découverte de l’amour et la construction d’un nouveau lien avec Léonie et Ezra. C’est aussi celui d’un entourage impuissant mais présent dans la difficulté grâce à des personnages secondaires bien développés. C’est aussi une intrigue portée par la musique qui attendrit les cœurs, le tout drapé dans une atmosphère fantastique apportée par la prophétie d’une diseuse de bonne aventure. Un programme chargé mais bien mené malgré quelques passages lents. Ce petit livre est très touchant et surprenant grâce à une plume à la fois délicate, sensible mais aussi naturelle et véridique. C’est vraiment le point fort de ce récit, car les mots ont un pouvoir et ça, Cathy Berna l’a bien compris.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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