Ameline, joueuse de flûte : un conte à la Tim Burton

09/12/2018

Titre : Ameline joueuse de flûte

Auteur : Clémentine Beauvais, Antoine Deprez

Editions : Alice jeunesse

Prix : 15,00 €

Parution : 25 janvier 2018

Nombre de pages : 40 pages

Genre : Littérature jeunesse

Résumé : Ameline vit chez son grand-père, qui lui raconte souvent la même légende, une histoire de rat et de flûte. A sa mort, la petite fille doit se rendre dans un village inconnu, pour y rejoindre sa nouvelle famille adoptive. Sur le chemin, elle croise trois drôles de gamins aux noms bizarres et aux pieds trempés. Et il n'y a pas que les enfants qui soient bizarres : dans le village rôdent des dizaines de chats et il est interdit de siffler... 

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L’histoire commence par une mise en abîme. Petite fille, Ameline est fascinée par les contes que lui raconte son grand-père, et plus particulièrement par un. Macabre et funeste, le conte du joueur de flûte semble éveiller la curiosité de la petite fille qui, pourtant, refuse d’y croire pleinement.

Malheureusement, l’innocence d’Ameline s’efface soudainement avec la mort de son Popi. Du haut de ses dix ans, la jeune fille aux allures de grande dame doit trouver un nouveau foyer. Cette fois-ci, le récit du conte passe du personnage au lecteur et nous rappelle de nombreux incipits : l’histoire d’une fille orpheline qui va être confiée à une famille adoptive, dans un lieu lointain.

Les magnifiques illustrations d’Antoine Deprez convoquent l’atmosphère mystérieuse, parfois glauque, imposée par les mots de Clémentine Beauvais. On entendrait presque le vent et une musique macabre s’échapper des couleurs pastels et sombres des images. L’entrée dans le village se fait d’ailleurs par une illustration en double page, représentant un cimetière venteux, gouverné par des chats peu accueillants. Comme si la fin funeste du conte du flûtiste prenait le pas sur la réalité d’un paysage dévitalisé.

Seul contraste : la grande maison isolée, lumineuse et engageante qui, avec l’aide de propriétaires bienheureux, accueillent chaleureusement Ameline, lui offrant ainsi un nouveau foyer. Mais, lorsque la jeune fille, pleine de confiance, découvre l’environnement extérieur aperçu à son arrivée, des choses étranges se produisent.

Sorti tout droit d’un film de Tim Burton, un groupe d’enfants accueille également la nouvelle venue. Vêtus d’habits vieillots, la modernité et la luminosité d’Ameline semblent étrangement contraster avec celles plus éteintes des enfants du village. Mais, emballée par leur enthousiasme et son souci d’intégration, la jeune fille ne relève pas ces quelques anomalies et reste sourde aux appels dubitatifs de sa nouvelle famille face à ce groupe inconnu.

Émerveillé par la fantaisie lugubre de ce conte, un jeune lecteur découvrira aux côtés d’Ameline ce nouveau monde fascinant. Mais le lecteur attentif pourra déceler quelques indices semés par l’autrice et par les contrastes de couleurs de l’illustrateur… Et si le vieux conte macabre raconté par le grand-père n’était pas qu’une introduction ?

 

Ameline, joueuse de flûte, fée lumineuse… Dans ce conte à la fois lugubre et éblouissant, Clémentine Beauvais et Antoine Deprez jouent sur les contrastes, les nuances. Texte et images s’allient magnifiquement pour nous offrir un superbe album rempli de vie, de vitalité.

Merci aux éditions Alice pour la découverte de ce très beau livre !

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Chroniqueuse littéraire, je suis tombée dans la marmite de livres étant petite. Libraire dans l’âme, attachée de presse dans la vraie vie, je m’attache à transmettre le grand secret de la vie éternelle : la lecture (et la pierre philosophale pour les plus chanceux) !
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