Baby : que vaut la série italienne de Netflix ?

22/12/2018

Titre : Baby

Créée par : Anna Negri, Andrea De Sica

Avec : Benedetta Porcaroli, Alice Pagani, Riccardo Mandolini, Chabeli Sastre, Paolo Calabresi, Brando Pacitto, Giuseppe Maggio, ...

Format : 42 minutes

Diffusion : Netflix

Genre : Drame

Résumé : Un groupe d'ados en quête d'identité et d'indépendance défient les codes sociaux sur fond d'amours interdites, de pressions familiales et de secrets partagés. Lasses de leur univers huppé qui n'est que paraître, Ludovica et Chiara entament une vie secrète qui n'obéit à aucune règle...

Histoire librement inspirée d’un fait divers survenu à Rome il y a quelques années.

Au début, je n’étais pas attirée par Baby. Celle-ci avait été décrite comme un Elite italien et j’ai été l’une des rares personnes à ne pas avoir aimé la série espagnole. Forcément, cette technique de publicité ne fonctionnait pas sur moi. Puis plus tard, j’ai découvert que la première série italienne de Netflix était inspirée d’une histoire vraie qui s’était produite il y a quelques années en Italie : des jeunes filles riches de 16 ans avaient décidé de devenir escort par ennui. L’affaire avait explosé quand on avait découvert qu’un politique avait fait appel aux services de l’une d’elles. Là, d’un coup, ma curiosité a été titillée. 

Cependant, j’ai très vite déchanté. Sachant qu’il n’y a que 6 épisodes d’environ 42 minutes, j’ai trouvé que l’intrigue avançait beaucoup trop lentement. L’action que l’on attend tarde énormément à arriver. Et même quand ça finit par arriver, c’est un peu bof. Je ne sais pas comment expliquer mais je m’attendais à quelque chose de plus trash, de plus choc, de plus bouleversant. En fait, je ne pourrais pas qualifier la série de plate parce qu’elle ne l’est pas, mais de l’autre côté, elle n’est pas non plus un ras de marée, elle ne prend pas aux tripes, n’est pas passionnante ni même fascinante. Les épisodes sont très lents et je me suis plusieurs fois surprise à m’ennuyer et à me perdre dans mes pensées en plein visionnage. 

En revanche, c’est vrai que ça ressemble à Elite dans l’intrigue et certains traits de caractères de personnages. Mais d’une certaine manière, Baby est beaucoup plus dark et dramatique. On sent une réelle détresse chez les personnages. Et si au début, on a du mal à rentrer dedans, on s’attache aux personnages joués par de très bons acteurs. On entre dans leur jeu et on se surprend à ressentir de la peine pour l’un ou pour l’autre. C’est grâce à eux qu’on s’accroche à la série car si l’intrigue ne suit pas forcément, le développement des personnages est, quant à lui, plutôt réussi. 

Il y a un truc qui m’a également un peu surprise : la série semble vouloir dénoncer le racisme au travers du personnage de Damiano qui a des origines libanaises. Pourtant, plusieurs fois, Baby est complètement passé à côté de ce qu’elle voulait dénoncer. Je m’explique : tout d’abord, à aucun moment les mots « Liban » ou « libanais » ne sont prononcés. Le père de Damiano est ambassadeur et dans certaines scènes se déroulant à l’ambassade, nous voyons le drapeau libanais que j’ai donc reconnu. Mais une personne ne connaissant pas ce drapeau ne pourra pas le deviner puisqu’à aucun moment ils ne le disent. Damiano est juste « un arabe » et je trouve ça dommage et même bizarre de n’avoir jamais voulu préciser son origine. On dirait que c’est tabou et je ne comprends pas ce choix de faire des généralités et de ne pas avoir voulu le dire. Presque comme si c’était un gros mot. Puis, dans l’épisode 5, qu’entends-je ? « On peut manger arabe ce soir ! ». J’ai levé les yeux au ciel. Je n’ai jamais entendu une chose aussi c*nne auparavant. On peut manger marocain, tunisien, libanais, … Mais personnellement, je n’ai jamais entendu une seule personne dire « je vais manger arabe ». Vous allez sûrement penser que je m’arrête trop sur les mots mais non. Dire « manger arabe », c’est comme dire « manger européen » ou « manger asiatique ». Il y a trop de différences, de cuisines différentes et même radicalement opposées pour faire des généralités comme ça. Surtout qu’à la fin, ils mangent libanais… Alors pourquoi ne pas simplement dire « libanais » ? Je n’ai définitivement pas compris pourquoi les réalisateurs ont choisi de nier l’identité libanaise et au final, pour une série qui souhaitait faire genre qu’elle dénonçait le racisme, elle passe à côté et fait même preuve d’une grande maladresse. 

Dans l’ensemble, Baby est une série qui passe complètement à côté de tout ce qu’elle voulait faire. Elle s’inspire d’une histoire vraie mais n’en est pas à la hauteur et manque d’intensité. Elle souhaitait dénoncer le racisme mais plonge elle-même dans une sorte de « racisme ordinaire ». Elle ne dure que 6 épisodes, ce qui laissait présager un rythme effréné, mais est au contraire plus lente que la lenteur. Elle se rattrape seulement grâce à des personnages puissants et poignants, joués par des acteurs remarquables et prometteurs. Mais me concernant, la série s’arrête là. Je ne regarderai pas la saison 2 puisque j’ai déjà eu du mal à me faire les six petits épisodes de celle-ci. 

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Passionnée par les sushis, j’ai appris à maîtriser cet art en regardant mes séries télé préférées. Entre deux makis, je m’intéresse aussi à l’univers d’Harry Potter, de Disney, au cinéma et à la photographie. Sinon, est-ce que je vous ai dit que j’aimais les sushis ?
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