Organigramme - Addictif mais souvent invraisemblable...

02/12/2018

Titre : Organigramme

Auteur : Jacques Pons

Editions : Hugo Thriller

Prix : 19,95 €

Parution : 20 septembre 2018

Nombre de pages : 379 pages

Genre : Thriller

Résumé : La vision sans exécution n'est qu'hallucination.
Telle est la devise du célèbre patron de la Maison Louis Laigneau, fleuron du luxe français. Martelée en chaque occasion, de séminaires de créativité entre beautiful people en conference calls des membres du CoDir, elle va également devenir celle d'un tueur dont le seul but est d'anéantir de façon brutale, méthodique et cruelle l'intégralité de l'entreprise et de ses salariés.

Quelles sont ses motivations? Quelles sont réellement ses cibles? Pourquoi un tel déferlement de haine froide?

Une chose est sûre : rien ni personne ne sera épargné dans la réalisation de ce mortel projet.

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A sa sortie, on a appris que ce roman était finaliste pour le prix VSD RTL du meilleur thriller français avec Les Jumeaux de Piolenc. Sachant que j’avais détesté ce dernier, j’étais à la fois excité et effrayé à l’idée de me plonger dans Organigramme. Et honnêtement, même si plusieurs éléments m’ont assez dérangé, je l’ai trouvé largement au-dessus du lauréat… Je me demande d’ailleurs pourquoi il n’a pas remporté le prix car selon moi, il n’y a vraiment pas photo ! Bref, quoi qu’il en soit, je remercie les éditions Hugo Thriller pour leur envoi et l’auteur pour la gentille dédicace. 

Alors s’il y a une chose qu’on ne peut pas enlever aux romans de cette maison d’édition, c’est leur rythme. Tous les thrillers français de la collection respectent effectivement une charte éditoriale avec des chapitres courts, de longueur plus ou moins identique (entre 6 et 7 pages chacun) et des rebondissements incessants. Organigramme ne déroge pas à la règle et franchement, une fois entamé, il est vraiment difficile de le lâcher. Dès le prologue j’ai été captivé par l’histoire qui m’a tenu en haleine du début à la fin au point de ne pas voir le temps défiler. Il faut dire que l’intrigue est construite de façon à ce que chaque fin de chapitre donne envie de lire le suivant, et celui d’après, et puis un dernier, jusqu’à arriver à la fin en à peine quelques heures. Sur ce coup-là, toutes mes félicitations à l’auteur : le pari est réussi ! 

D’autre part, je me suis également attaché aux personnages. Ils sont certes nombreux et certains sont plus importants que d’autres mais il n’empêche qu’on développe rapidement de l’affection à leur égard. L’alternance des points de vue, quant à elle, permet d’avoir un regard omniscient (d’autant qu’on se retrouve aussi à plusieurs reprises dans la tête du tueur) tout en offrant une plus grande immersion au sein de la Maison Louis Laigneau. 

Malheureusement, et ce malgré tous les bons points précédemment cités, ma lecture a totalement été entachée par les nombreuses incohérences et facilités scénaristiques. Trop de grosses ficelles et d’invraisemblances qui, à force, ont desservi le récit qui avait pourtant du potentiel. J’aurais par exemple préféré que l’accent soit davantage mis sur les rouages d’une entreprise de mode (surtout que Jacques Pons fait lui-même partie de ce milieu) que sur un groupe de mafieux dont les péripéties ne m’ont que peu emballé.
Et surtout, le plus gros problème de ce roman, c’est son dénouement. J’ai eu la sensation désagréable d’une promesse non tenue. Moi qui m’attendais à une fin explosive, elle est en réalité comparable à un pétard mouillé… Tandis que l’identification du tueur arrive comme un cheveu sur la soupe, la scène finale (celle avant l’épilogue), qui se veut spectaculaire, manque finalement de crédibilité.

En somme, Organigramme est un premier roman qui a le mérite de prouver que son auteur a du potentiel. Il sait tisser des intrigues et tenir son lecteur en haleine, il n’y a pas de doute. En revanche, il me semble qu’il gagnerait beaucoup à soigner la fin de son prochain roman car n’oublions pas qu’il s’agit d’un ingrédient essentiel dans un bon thriller.

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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