A.B.C. contre Poirot - Un roman visionnaire !

19/01/2019

Titre : A.B.C. contre Poirot

Auteur : Agatha Christie

Editions : Le Masque (collection Facsimile)

Prix : 9,90 €

Parution : 7 novembre 2018 (réédition)

Nombre de pages : 256 pages

Genre : Policier

Résumé : Bien sûr, la retraite a ses charmes... Cependant, Hercule Poirot ne peut s'empêcher, de temps à autre, de reprendre du service. Oh! pas pour n'importe quelle affaire, bien entendu. Un détective aussi célèbre que lui ne se dérangerait pas pour un meurtre ordinaire. Non, Hercule Poirot ne s'intéresse qu'aux crimes les plus déroutants, les plus passionnants, les plus... Bref, à la crème des crimes. Et quelque chose lui dit que cette curieuse lettre signée A.B.C. va l'entraîner dans un mystère suffisamment épineux pour qu'il daigne faire fonctionner ses petites cellules grises. Oui, de toute évidence, A.B.C. fait partie de la crème des assassins... De quoi réjouir la crème des détectives !

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Il me semble que A.B.C. contre Poirot fait partie des incontournables d’Agatha Christie. A l’image de Dix petits nègres, Le Crime de l’Orient-Express ou encore Le Meurtre de Roger Accroyd, il s’agit d’un de ces romans références auxquels on pense immédiatement lorsque le nom de la reine du crime est prononcé. Pour ma part, je dois avouer que c’est l’une des rares fois où je me suis lancé avec appréhension dans une histoire écrite par mon auteure préférée. J’avais en effet un souvenir très précis de l’épisode éponyme de la série télé avec David Suchet qui ne m’avait pas du tout séduit à l’époque où je l’ai vu. C’est sans doute cet état d’esprit qui explique l’excellente surprise que j’ai finalement eue en me plongeant dans ce roman pour le moins atypique pour l’envoi duquel je remercie les éditions Le Masque. 

Ce qui m’avait principalement dérangé dans l’épisode de la série, c’était l’atmosphère générale, bien loin de l’ambiance so british qui caractérise l’oeuvre d’Agatha Christie. La mise en scène était très sombre, voire macabre, la musique oppressante et les personnages carrément angoissants. Maintenant que j’ai lu le roman, je peux vous confirmer qu’il s’agit selon moi d’une mauvaise adaptation qui ne reflète absolument pas la qualité du livre. 

Alors c’est sûr que A.B.C. contre Poirot se distingue vraiment du reste de la bibliographie de l’auteure autant dans sa construction que dans son contenu. Je crois que c’est l’une des seules fois où on pourrait dire qu’Agatha Christie a véritablement abordé la thématique du tueur en série. Même si dans les autres romans plusieurs meurtres étaient commis par la même personne, ils étaient rarement prémédités par celle-ci dès le départ. La plupart du temps il s’agissait effectivement de dégâts collatéraux qu’on ne pourrait pas vraiment attribuer à un serial killer. Or, A.B.C. contre Poirot met en scène un assassin qui choisit ses victimes dans un annuaire et les tue dans l’ordre alphabétique avant de laisser ledit annuaire près du corps…  

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans cette affaire, c’est la difficulté que va rencontrer Hercule Poirot, habitué à interroger un groupe de suspects précis qui auraient pu commettre le meurtre dont il est question. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’un huis clos puisque non seulement les victimes n’ont rien à voir les unes avec les autres, mais surtout, elles n’ont pas été tuées au même endroit. Le célèbre détective va donc devoir se mesurer au plus redoutable adversaire de sa carrière dans une partie d’un jeu dangereux dont l’issue est plus qu’incertaine…

En somme, j’ai adoré ce roman qui m’a permis de découvrir une nouvelle facette du talent immense d’Agatha Christie. Véritable visionnaire, elle a, d’une certaine façon, lancé cette mode des tueurs en série qui sont très populaires actuellement. Je suis donc très content de rajouter ce titre à ma collection et suis d’ores et déjà impatient de me procurer le prochain dans cette édition prestige !  

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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2 Comments

  1. J'ai toujours trouvé A. Christie bien meilleure qu'A.Conan Doyle : car Holmes fait souvent appel à des connaissances que le lecteur ne possède pas, alors qu'à la fin d'un roman d'A. Christie, on se dit : "Mince, j'avais tout sous les yeux, pourquoi n'ai-je pas compris ?!"
    A.B.C. contre Poirot est, à mon avis également, une des plus belles constructions narratives pour égarer le lecteur :)

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