Le prince charmant existe... je l'ai inventé - Un chick-lit en demi-teinte

24/01/2019

Titre : Le prince charmant existe... je l'ai inventé

Auteur : Catherine Monroy

Editions : Pygmalion

Prix : 18,00 €

Parution : 13 juin 2018

Nombre de pages : 288 pages

Genre : Comédie, chick-lit

Résumé : Camille - divorcée, deux enfants - assume et revendique son statut de femme seule et heureuse, jusqu'au moment où, à la veille de Noël, son patron, Maxence, lui fait des avances. Ne voulant pas blesser son ego, Camille s'invente un amant imaginaire. Un prince charmant virtuel taillé sur mesure qui va bouleverser sa vie comme celle de son entourage, bien au-delà de ce qu'elle aurait pu imaginer.

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La vie est cruelle. Petits, elle nous fait miroiter un idéal de bonheur, celui du prince charmant et du happy end : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Tout un programme pour y parvenir et une fois arrivé, la satisfaction d’avoir accompli sa mission avec succès. Mais rien, aucun Disney ou conte, ne nous prépare à la suite : la présence des enfants, la routine du couple et du quotidien, l’âge qui avance, l’obligation d’être disponible dans notre vie aussi bien professionnelle que personnelle, et fatalement le divorce. Tous ces tue-l’amour qui nous grignotent et font tout imploser. La littérature et le cinéma investissent de plus en plus ces moments de la vie d’une femme aussi bien sous le ton de l’humour que du drame. Et pour Catherine Monroy, cela prend la forme d’une comédie romantique un poil loufoque et décalée à travers les mésaventures de Camille.

Jeune quadra dynamique, Camille est aussi mère de deux charmants enfants : Anna, jeune adolescente qui prend un malin plaisir à taquiner sa mère, et Théo, son petit garçon qui croit encore au Père Noël. Camille se définit comme une femme libre et indépendante qui assume totalement son célibat depuis que son ex-mari l’a quittée pour une femme plus jeune et plus jolie qu’elle. Entre sa vie de maman rythmée par les caprices de sa fille, celle de working-girl sous la coupe d’un patron exigeant et celle de célibataire que tout le monde pointe, notre Camille semble avoir trouvé un équilibre plutôt fragile et qui va montrer ses limites lorsqu’en plus de son entourage (enfants, ex-mari, amies et maman…), son tyrannique patron, en pleine phase difficile dans son couple, jette son dévolu sur la jeune femme. En plein désarroi face aux avances de son chef et acculée par les exigences de ses proches, Camille s’invente une vie ou plutôt un Jules pour sortir de cette impasse. Mais voilà, plus le temps passe et plus elle s’enfonce dans son mensonge, un mensonge qui devient très vite trop gros pour être dissimulé.

Habituellement je suis plutôt bonne cliente des comédies de ce genre, mais étant mon 4ème chick-lit depuis que je lis, j’ai bien l’impression qu’en littérature j’ai du mal à apprécier ces histoires de femmes, contrairement aux téléfilms ou aux films. Le roman de Catherine Monroy est une comédie qui s’appuie beaucoup sur les clichés et les types de personnages tirés par les cheveux. À croire que notre héroïne Camille rassemble autour d’elle toutes les personnalités chronophages ou casse-bonbons qui existent sur cette terre. En effet, le récit nous offre un panel de personnalités toutes aussi loufoques les unes que les autres. Si certaines sont plaisantes et drôles à suivre, d’autres m’ont franchement horripilée. J’ai trouvé que ça faisait trop. Même si je comprends où voulait en venir l’auteure en exagérant la situation de Camille vis-à-vis de ses proches, j’ai trouvé que c’était trop et donc invraisemblable. Certains sortaient du lot, comme le petit Théo qui, dans son innocence, mettait sa mère dans des situations délicates, ou Alex, alias Duralex (fallait vraiment le faire cette blague ?), l’ami de longue date qui suit sa comparse dans toutes ses folies, sans oublier Maxence, égocentrique patron de l’entreprise de Camille, dont l’insistance à faire la cour à la dame m’a franchement fait rire. D’autres m’ont vraiment fatiguée et bizarrement, ce sont toutes des femmes. De toute la bande de copines de notre héroïne, Chacha, l’adultérine qui assume de cocufier son mari, m’a agacée au plus haut point, sans oublier la mère de Camille qui refuse de vieillir et qui se sert de sa fille pour tout et n’importe quoi. Que je les aime ou pas, chaque personnage dit quelque chose de notre société.

Mais celle qui vole la première place, c’est bien évidemment Camille. J’ai aimé ce personnage et son profil. Mère, employée et bonne copine, elle est partout et présente pour tout le monde mais pas pour elle-même. Mais surtout, Camille est humaine et elle a des failles. Ses réflexions sur son entourage étaient à mourir de rire. J’ai apprécié que l’auteure la mette à notre niveau, car oui on peut aimer ses enfants mais les insulter en son for intérieur, oui on peut aussi oublier de les récupérer à l’école et leur mentir pour leur faire plaisir. Ce n’est pas la meilleure chose à faire, mais ça ne fait pas de ces femmes de mauvaises mères.

Le récit montre bien la difficulté d’être soi-même malgré les réflexions parfois sarcastiques des amies qui font mal et surtout l’impossibilité pour les autres de sentir que l’autre ne va pas bien. On pense à sa petite vie, ses petits soucis à soi que l’on vient déverser chez les autres sans prendre le temps de les écouter. De plus Camille, ne sait pas dire non, ce qui la conduit dans encore plus de mésaventures impossibles.  Elle fait plaisir à tout le monde même quand elle n’en a pas envie. Un trait de caractère commun chez pas mal de gens.

Pour ce qui est du texte en lui-même, j’ai trouvé qu’il y avait un certain rythme lorsque Camille racontait ses aventures, un peu comme dans un one man show. La plume ne m’a pas spécialement enchantée : bien que je reconnaisse qu’elle était plutôt fluide et sans prise de tête, je suis restée de marbre face à ce style. Pour les chapitres, c’était quitte ou double. Ou c’était sympa et je dévorais le chapitre, ou je m’ennuyais et mon rythme de lecture ralentissait ; surtout au milieu de l’intrigue où c’était le creux de la vague et où les longueurs étaient les plus visibles. La fin, bien qu’elle soit très précipitée et expéditive pour certaines explications, était vraiment sympathique à suivre et drôle. Les dialogues, bien que limités, font place aux réflexions de notre héroïne qui laisse esquisser un sourire pour les plus difficiles d’entre nous mais un franc rire pour les amoureux du genre. Le vrai point fort de ce livre, outre son personnage féminin, ce sont les comiques de situation et les quiproquos complètement perchés pour la plupart. Le désespoir de Camille pour échapper à son patron est tel qu’on a droit à un défilé d’ex, d’amis, d’amants complètement WTF. J’ai vraiment eu le sentiment que Camille avait la poisse avec les hommes ou qu’elle ne savait pas les choisir, même quand le bon est à portée de main.

En conclusion, « Le prince charmant existe… je l’ai inventé » est une comédie sympathique et décalée, un feel good bien enraciné dans les problématiques de femme de notre temps à qui on demande tout. Catherine Monroy nous offre un portrait de femme frais, drôle et actuel, avec une brochette de personnages secondaires tous plus barrés les uns que les autres et des péripéties du quotidien qui donnent le sourire même si elles sont tirées par les cheveux. Je regrette une écriture qui est pour moi sans charme et quelques clichés trop facilement utilisés. Si vous aimez le style chick-lit et l’humour, ce livre est fait pour vous. Si ce n’est pas le cas, passez votre chemin ou armez-vous de patience, car il y a quand même des réflexions intéressantes lorsque l’on dépasse l’humour. Pour nous autres jeunes adultes encore libres ou en devenir, on y verra une autre idée de la vie de femme loin de cet idéal bisounours, et pour les femmes installées, une manière de déculpabiliser de ne pas être la femme parfaite et de ne pas s’oublier au profit des autres.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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