The Hate U Give : TOUT LE MONDE doit voir ce film

23/01/2019

Titre : The Hate U Give

Réalisateur : George Tillman Jr.

Avec : Amandla Stenberg, Regina Hall, Russell Hornsby, Anthony Mackie, Issa Rae, Common, Aglee Smith, KJ Apa, ...

Genre : Drame

Durée : 2h13

Nationalité : Américain

Sortie : 23 janvier 2019

Résumé : Starr est témoin de la mort de son meilleur ami d’enfance, Khalil, tué par balles par un officier de police. Confrontée aux nombreuses pressions de sa communauté, Starr doit trouver sa voix et se battre pour ce qui est juste.

Que ce soit aux États-Unis ou en France, nous avons tous déjà entendu parler de ces contrôles d’identité qui tournaient au drame. Des personnes arrêtées par la police qui se faisaient alors tuer par balles par un officier. Ces personnes ont toutes un point commun : elles sont noires. Et dans la majorité des cas, elles ne présentaient strictement aucun danger justifiant cette réaction dramatique. Adapté du best-seller du même nom, c’est ce dont traite The Hate U Give, La Haine Qu’On Donne en français. Reprenant « Thug Life » de Tupac qui signifie « The Hate U Give Little Infants F*cks Everybody », soit littéralement « La haine que vous inculquez aux petits enfants finit par vous n*quer ». Et c’est encore une fois, ce que développe ce film d’une intensité presque inhumaine. 

Vous l’aurez compris à la note que je lui ai donnée : ce film m’a complètement transcendée. Et alors que parfois je commençais à taper mes chroniques directement lors du visionnage (pour ne pas oublier) ou tout de suite après la fin, là, j’étais incapable d’écrire. D’abord, parce que j’étais dans un état pas possible puis parce que j’avais les mains qui tremblaient encore. Alors je me suis enregistrée sur le dictaphone de mon téléphone et en me réécoutant, je me rends compte que j’ai la voix qui tremble comme quand je vais me mettre à pleurer. Je ne vous raconte pas ma vie pour vous la raconter : c’est pour vous montrer à quel point ce film peut vous chambouler.

Ce film est bouleversant. Tout le long, j’avais le cœur serré, la gorge nouée, les joues chaudes de colère, les mains qui tremblaient, les larmes aux yeux et je me suis retenue de pleurer (si j’avais été seule, ça aurait été les chutes du Niagara). J’ai rarement été aussi remuée par un film. Il est choquant. Il est bouleversant. Il est prenant, percutant, violent mais réel. Ce n’est pas juste une fiction, ce n’est pas juste « un film », c’est la vérité et aussi dure à regarder qu’elle, il fallait la regarder et il faut que tout le monde la regarde. 

On est vraiment happé par l’intrigue et le jeu extraordinaire d’Amandla Stenberg. Elle est magnifique dans ce film, plus que dans tous les autres films où vous auriez pu la voir. Tous les acteurs sont incroyables : je ne pense pas qu’ils ne faisaient que jouer. Et pourtant, au début, j’étais un peu en colère : je ne comprenais pas ce choix d’avoir fait genre « la jeune noire qui s’éloigne du quartier pour étudier dans un lycée privé avec des blancs, qui traîne qu’avec des blancs, qui sort avec un blanc et qui a deux versions d’elle – celle avec les blancs et celles avec les noirs » (ses mots, pas les miens). Je ne comprenais pas pourquoi on n’avait pas voulu montrer une noire dans son quartier et qui était « noire » pas que physiquement mais aussi d’un point de vue socio-politique. J’étais même en colère qu’on mette en avant le type de PoC qui veut « fit in » et qui n’assume pas tellement son côté black (que le personnage fait complètement taire aux côtés de son copain et ses amies même face au racisme ordinaire et à l’appropriation culturelle). Puis j’ai compris. 

Tout prend sens. The Hate U Give voulait montrer que cela pouvait arriver à n’importe qui. Que la réalité de la couleur de peau avait vite fait de vous rattraper que vous le vouliez ou non. Que vous auriez beau rejeter tous les clichés et stéréotypes qu’ont les gens de vos origines, ces derniers ne les oublieront jamais et auront vite fait de vous les renvoyer à la gueule à la première occasion. Et c’est pour ça qu’il faut foncer voir ce film. Parce qu’aussi violent soit-il, c’est la vérité et il faut que tout le monde la voie pour que les choses changent des deux côtés. Et c’est ça que j’ai aimé : il est réaliste et ne fait pas dans les faux-semblants. C’est injuste ce qu’il s’y passe et c’est difficile à regarder, le cœur a du mal à tenir, mais en même temps, c’est la vérité. Ils n’allaient pas faire semblant que non, au final, les choses s’arrangent et justice est faite puisque non, dans peut-être 90% de ces cas dans la vraie vie, justice n’est pas faite. 

Et j’en suis ressortie frustrée. Non pas à cause du film en lui-même mais à cause de la réalité qu’il retranscrit. C’est frustrant de voir qu’il se passe encore des choses comme ça dans notre monde et que cela reste impuni. Et c’est précisément pour ça qu’il faut que tout le monde aille voir ce film : peut-être que si un maximum de monde le voit, les choses pourraient changer ou tout du moins, évoluer dans un sens plus positif. 

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Passionnée par les sushis, j’ai appris à maîtriser l’art de sa dégustation en regardant mes séries télé préférées. Entre deux makis, je m’intéresse aussi à l’univers d’Harry Potter, de Disney, au cinéma et au voyage. Sinon, est-ce que je vous ai dit que j’aimais les sushis ?
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