Dans la neige - Une lecture très particulière...

09/02/2019

Titre : Dans la neige

Auteur : Danya Kukafka

Editions : Sonatine

Prix : 21,00 €

Parution : 7 février 2019

Nombre de pages : 352 pages

Genre : Roman noir

Résumé : Au milieu de l'hiver glacé du Colorado, ce portrait d'une communauté traumatisée est noir, intense, poignant : une révélation !

Dans cette petite ville du Colorado, on adore ou on déteste Lucinda Hayes, mais elle ne laisse personne indifférent. Surtout pas Cameron, qui passe son temps à l'épier, ni Jade, qui la jalouse terriblement. Encore moins Russ, qui enquête sur sa mort brutale. On vient en effet de retrouver le corps de Lucinda dans la neige. Chacun leur tour, Cameron, Jade et Russ évoquent la jeune fille, leurs rapports, leurs secrets. Vite, ce drame tourne à l'obsession : tous trois savent en effet que la vérité peut les sauver ou les détruire.

Ce tableau d'une petite communauté provinciale en forme de traversée des apparences est un portrait saisissant d'une Amérique bien-pensante travaillée par des pulsions obscures, dont tous les repères sont en train de voler en éclats.

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A la lecture du résumé, j’ai immédiatement été intrigué par ce premier roman d’une auteure saluée par la critique. Au-delà de l’histoire en elle-même (meurtre, communauté en deuil, secrets), c’est également le cadre qui m’a donné envie de me lancer, le Colorado étant une région des États-Unis finalement peu représentée dans la littérature. Et autant vous dire que cette lecture, en plus d’être très particulière, s’est révélée plus marquante que je ne l’aurais pensé. Un grand merci donc aux éditions Sonatine pour leur envoi ! 

Je me rends compte en rédigeant cette chronique qu’il est assez difficile de parler de ce livre, plus complexe qu’il ne semble l’être au premier abord. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, Dans la neige n’est pas un thriller. Ou en tout cas il ne faut pas l’aborder comme tel. Il s’agit plutôt d’un roman profondément noir traitant des thématiques qui le sont tout autant par le biais de personnages torturés mais ô combien réalistes. 

Dans la neige fait partie de ces histoires atmosphériques dont se dégage indéniablement une aura singulière. Dès les premières pages j’ai été embarqué dans l’intrigue proposée par l’auteure en m’y sentant complètement immergé du début à la fin. Le style de Danya Kukafka y est pour beaucoup, à la fois poétique et cru, parfois même brutal, voire provocateur. J’ai eu la sensation que chaque phrase était étudiée, chaque mot savamment pesé avant d’être écrit. C’est d’ailleurs pourquoi la découverte de ce roman passe obligatoirement par une phase d’adaptation, durant laquelle on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’un page-turner au rythme effréné qu’on va dévorer en quelques heures. Dans la neige appartient en effet à la catégorie des romans qu’on savoure, qu’on déguste, qu’on prend le temps de digérer au fur et à mesure. 

Au fil des 350 pages, on va suivre trois personnages principaux dont les points de vue vont s’alterner d’un chapitre à l’autre. Deux d’entre eux sont des adolescents, mal dans leur peau et dans leur tête. L’un a un cadre de vie instable au sein d’un cercle familial inexistant, l’autre est en proie à des pulsions qui font de lui un reclus de la société. Le troisième protagoniste est quant à lui un flic dont la vie professionnelle est loin d’être épanouissante, à l’image de son couple qui bat de l’aile. 
C’est plutôt rare mais en l’occurence je me suis autant attaché à Cameron et Jade qu’à Russ. Sans doute parce qu’à un moment ou un autre je me suis identifié à chacun d’entre eux. Notamment parce que le traitement qui leur est réservé s’est révélé particulièrement juste et dénué de stéréotypes.

Je pense que j’aurais pu avoir le coup de coeur si seulement la partie « enquête » était davantage mise en avant. Elle est finalement rapidement reléguée au second plan et la révélation finale est par conséquent loin d’être mémorable. 
Il n’empêche que j’ai passé un moment de lecture très singulier et particulièrement marquant grâce à ce roman qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. Quant à l’auteure, je crois que nous avons là une figure qui deviendra incontournable dans les années à venir tant son style se distingue des autres.

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Contrairement à beaucoup de gens, j’ai eu la chance de recevoir ma lettre d’admission à Poudlard et j’ai obtenu mon diplôme de sorcellerie il y a quelques années déjà. Depuis, je me suis spécialisé dans l’étude de la littérature des moldus et je prend un grand plaisir à découvrir une nouvelle forme de magie : celle des mots.
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