De Brume, de Métal et de Cendre - Le digne héritier du 1er tome !

18/02/2019

Titre : De Brume, de Métal et de Cendre

Auteur : Gwendolyn Clare

Editions : Lumen

Prix : 15,00 €

Parution : 17 janvier 2019

Nombre de pages : 472 pages

Genre : Fantasy, YA

Résumé : Et si on pouvait vraiment créer un monde avec de l'encre et du papier ?
En s'armant d'encre et de papier, il est désormais possible de voir naître sous ses doigts des univers entiers. Il suffit, pour accomplir ce miracle, de respecter les règles complexes d'une discipline toute récente, la scriptologie. Elsa est l'un de ces nouveaux savants aux pouvoirs vertigineux. Quand elle découvre avec stupeur que sa mère a mis au point un livre capable de modifier le monde réel, elle n'a plus qu'une idée en tête : récupérer ce dangereux ouvrage avant que ne survienne un drame irréparable.
Mais il est déjà trop tard... Non content de la trahir, Léo, l'ami le plus cher d'Elsa, s'est emparé du précieux livre-monde pour le remettre à son père, le terrible Garibaldi. Ce fou furieux entend bien unifier l'Italie, quel qu'en soit le prix.Dès lors, il ne reste plus qu'un espoir à la jeune fille – et à l'humanité tout entière : celui que ses ennemis échouent à déchiffrer le manuscrit qui pourrait bien réduire à néant la planète...

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Il y a quelques mois, Greycie vous parlait de sa lecture de De Verre, d’Encre et d’Acier à propos duquel elle avait un avis assez mitigé. Comme je suis une tête de mule, je voulais moi aussi lire le roman et me forger absolument ma propre opinion sur l’univers proposé par l’auteur. Il faut dire que le concept de ce roman m’inspirait terriblement : un univers où certaines personnes peuvent donner vie aux mondes qu’elles inventent et où tout un chacun peut entrer dans ces mondes par le biais des livres. Je veux dire : soyons honnêtes, le concept même de ce roman criait mon nom.

Si je ne suis pas d’accord en tout point avec la chronique qu’a faite Greycie de ce premier tome, je partage néanmoins un point commun avec elle : nous avons toutes deux été passablement déçues par ce premier tome. Il faut dire que j’ai eu moi aussi le sentiment de promesses non tenues par rapport à ce que nous annonçait la quatrième de couverture, et comme Greycie le disait très justement : le résumé tentait (tant bien que mal) de combler certaines lacunes de ce premier tome et ce n’est à mon sens jamais bon signe.

Pourquoi me lancer dans la suite alors ? Eh bien, voyez-vous, j’avais quand même espoir que ma déception ne soit due qu’à l’effet d’un premier tome un peu trop introductif et j’avais véritablement espoir de voir le second éclairer certains points d’ombre, voire relancer un peu certains aspects de ce roman.

Malgré tout, je dois bien avouer que j’ai à nouveau été plutôt déçue. Si j’ai trouvé ce roman moins long et moins introductif que le premier, je n’ai cependant pas trouvé ce que j’y cherchais depuis le début, à savoir un véritable recours à la scriptologie. En effet, dans l’univers alternatif proposé par l’auteure, les scriptologues ont la possibilité de créer des livres-mondes et de s’y rendre par le biais de portails. Je m’attendais alors à ce que l’auteure fasse part des mécaniques de la scriptologie à ses lecteurs, mais tout reste extrêmement vague tout au long des deux romans. On comprend bien qu’il y a des règles à la scriptologie, mais on ne sait pas lesquelles ni comment cette discipline fonctionne. Pire encore, les deux scriptologues que l’on suit dans le récit, Porzia et Elsa, sont toutes deux des scriptologues accomplies et aucune ne commet la moindre erreur (ce qui aurait pu être intéressant d’un point de vue narratif et apporter un rebondissement différent). Plus tard, alors que nous sommes amenés à rencontrer un troisième scriptologue bien moins expert, ce dernier non plus ne commet pas d’erreur – simplement des maladresses que Porzia et Elsa ont tôt fait de résoudre en un claquement de doigts. J’ai bien conscience qu’il s’agit là d’une discipline totalement inventée et que – de fait – il peut y avoir parfois quelques petites incohérences, mais dans la série, j’ai vraiment eu l’impression que l’auteure se refusait à expliquer cette science, tout simplement pour s’économiser. Au bout de deux livres (dont la scriptologie est l’un des thèmes principaux), on en sait finalement toujours aussi peu sur la scriptologie qu’en ayant lu la quatrième de couverture du premier roman. Malheureusement, comme le sujet est fréquemment abordé, le lecteur est obligé de « regarder » les personnages scripter, sans toutefois en comprendre les enjeux. Cela m’a un peu fait le même effet que si dans Harry Potter et la Coupe de Feu, J. K. Rowling s’était contentée d’écrire « Ils regardèrent la coupe du monde de Quidditch ».

Par ailleurs, si j’ai trouvé que cette discipline était trop peu explicitée, j’ai aussi – surtout ! – trouvé qu’elle était sous-exploitée. Je veux dire, nous avons là un roman où une partie des personnages sont en mesure de créer des mondes complets. Comme le récit est construit autour d’une certaine course contre la montre (arriver à récupérer un livre avant que les adversaires l’utilisent), je m’attendais vraiment à voir les personnages passer de monde en monde, traverser des univers créés par d’autres et s’interroger sur la nature de ces créations. Pourtant, les personnages ne font appel aux autres mondes que comme source d’équipement inépuisable. Ainsi, lorsqu’il ont besoin de tel item très spécifique, il leur suffit de le scripter dans leur monde-laboratoire afin d’aller le récupérer. Et personnellement, j’ai trouvé que c’était réellement très dommage parce que l’auteure s’est à mon sens privée de la richesse première de son propre univers. Je ne dis pas qu’une course-poursuite au travers de 25 mondes différents aurait été passionnant, mais finalement, je ne peux pas m’empêcher de me questionner sur la pertinence d’un univers où il est possible de créer différents livres-mondes si l’objectif est de maintenir les personnages dans le monde réel d’un bout à l’autre du récit.

En dehors de cet aspect, le roman est assez classique, même s’il a su me surprendre par moments. J’ai trouvé que certains personnages auraient mérité d’être plus développés, notamment les adultes qui sont les grands absents de ce récit, toutefois, je comprends où l’auteure a voulu aller et pourquoi elle a laissé les adultes en dehors de l’intrigue. Par ailleurs, si elle explique plutôt bien pourquoi les adultes sont absents, j’ai regretté que ce deuxième tome ne soit pas l’occasion de leur laisser une place un peu plus grande – notamment au personnage de Jumi, qui est présente en creux dans tout le premier tome.

J’aurais beaucoup aimé qu’on traite plus en avant la question des relations familiales dans cette histoire parce que l’auteure a réellement fait l’effort de nous proposer quatre familles vraiment très différentes et qu’il aurait été assez intéressant de mettre en parallèle.

Au final, je ressors de ma lecture assez perplexe puisque j’aurais souhaité que plein d’aspects du livre soient creusés et que je reste vraiment sur ma faim, alors que j’ai trouvé en revanche qu’il y avait beaucoup de longueurs. Je reste donc sur un avis mitigé car il est évident qu’aucun de ces deux tomes n’est allé dans la direction que j’espérais. Néanmoins, peut-être que la faute me revient pour avoir trop plaqué mes attentes sur ce roman.

En définitive, si vous avez aimé le premier tome, je suis certaine que vous apprécierez le second qui est plus tourné vers l’action et vers les révélations autour des personnages et de leur passé. En revanche, si le premier tome n’avait pas su vous convaincre, je vous conseille de passer votre chemin, celui-ci en est le digne héritier !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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