Smoke - Une grosse déception

16/02/2019

Titre : Smoke

Auteur : Dan Vyleta

Editions : Le Livre de Poche

Prix : 9,70€

Parution : 16 janvier 2019

Nombre de pages : 768 pages

Genre : Fantastique, dystopie

Résumé : Angleterre, fin du XIXe siècle. À Londres s’entassent les classes laborieuses qui par tous les pores exsudent une infecte Fumée, preuve de leur noirceur intérieure et de leur infériorité. À la campagne vivent les aristocrates, d’une blancheur de lys et qui ne fument jamais, signe de leur vertu et de leur droit à gouverner.
Dans un internat d’élite, Thomas et Charlie, seize ans, s’exercent sans relâche à dompter leurs instincts afin de ne pas fumer. Mais le doute les tenaille : comment se fait-il que l’un de leurs congénères, un vrai petit tyran, soit épargné par la marque du vice ? Avec l’aide de Livia, ils enquêtent sur la nature réelle de la Fumée. Et découvrent que l’ordre établi est fondé sur une scandaleuse duperie.
Dès lors, une lutte à mort s’engage : c’est la guerre de la passion contre la raison, du désir contre la bienséance, du droit contre l’injustice – même si leurs frontières sont souvent imprécises.

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Chaque lecteur a un type livre qui lui convient à merveille. Que ce soit les caractéristiques des personnages, le décor de l’intrigue, certains clichés du genre, certains sujets, … Nous avons tous des schémas qui déclenchent directement en nous l’étincelle de la curiosité et – ensuite – le plaisir de traverser les épreuves et les aventures avec les personnages. De mon côté, mes petits péchés mignons littéraires tournent autour du 19ème siècle, du fantastique et de certains aspects de la fantasy. Donnez-moi un roman qui se déroule à Londres en 1880 et je suis ravie. Ajoutez-y un petit quelque chose de fantastique et je suis aux anges.

Forcément, à partir de ce postulat de départ, je me suis ruée sur Smoke. Un roman qui se déroule à Londres à la fin du 19ème et qui a l’air de proposer une réflexion sur le péché, sur ce que l’on montre et sur ce que l’on cache : hello ! – il avait l’air fait pour moi. D’ailleurs en entendant parler de sa sortie au format poche, j’avais regretté de ne pas vraiment en avoir entendu parler lorsqu’il était sorti en grand format.

D’ailleurs le début de Smoke me faisait largement pressentir un coup de cœur massif pour ce roman. Je me voyais déjà, tournant la dernière page du livre, émue, sans avoir vu les 700 et quelques pages passer. Il faut dire que le roman commençait bien. Vraiment très bien. Le lecteur est plongé dès les premières lignes du livre dans l’univers très spécial d’un internat de garçons de bonnes familles. Le jour, les élèves se comportent du mieux qu’ils peuvent afin de maîtriser au mieux la Fumée, cette manifestation de tout type de péchés, de pensées impures ou d’émotions trop intenses. Le soir, les choses ne sont pas si différentes puisque les garçons se retrouvent en secret et Julius – le meilleur élève de l’école – les interroge devant tous les autres. L’enjeu est loin d’être anodin puisque Julius, qui n’émet jamais de Fumée, leur pose toutes sortes de questions gênantes : l’objectif étant de répondre sans fumer. Si l’on considère que le mensonge, la peur, la honte ou encore la douleur font systématiquement produire de la Fumée aux jeunes hommes, on comprend très vite ce que ce petit rituel peut avoir de spécifique.

J’ai vraiment adoré ce début, où le lecteur découvre peu à peu les enjeux d’un monde où la Fumée règne et ce qu’endurent les jeunes gens pour devenir des adultes responsables et dignes de confiance. Pour tout vous dire, j’étais tellement emballée par ce livre que j’avais mis de côté ma lecture en cours pour le commencer et après le premier chapitre, je ne voulais tout simplement plus m’arrêter.

C’est dire à quel point j’ai été déçue de la suite du roman qui n’a été pour moi qu’une suite de déceptions. Après les premiers chapitres se déroulant au cœur de l’internat, les choses se gâtent et surtout traînent terriblement en longueur. Honnêtement, j’ai eu beaucoup de mal à finir ce livre et j’ai plusieurs fois songé à l’abandonner. Mais j’avais tellement apprécié le début que je voulais quand même lui laisser sa chance, voir ce que l’auteur nous réservait pour la fin de l’œuvre.

De toute évidence, l’auteur et moi n’attendons pas les mêmes choses d’un roman. Pour ma part, j’avais vraiment envie de découvrir un complot sous-jacent (d’autant que l’auteur laisse à plusieurs reprises entendre que la Fumée n’a pas toujours existé et que le gouvernement fait tout son possible pour le dissimuler), de voir les deux personnages principaux remettre en question l’ordre établi en s’interrogeant sur cette Fumée qui viendrait souligner tout ce que l’homme a de faible et de mauvais en lui. Je trouvais l’idée de la Fumée tellement originale que j’avais vraiment envie que l’intrigue tourne autour de cette question et que l’on en apprenne plus sur son origine et la manière dont on peut l’envisager. Pour l’auteur, de toute évidence, ce roman a été l’occasion de mener un travail plutôt poussé sur une galerie de personnages et sur les différents milieux sociaux de cette société de la fin du 19ème siècle. Ce qui est dommage, c’est que ce travail a réellement été mené d’une main de maître. Les personnages sont riches et complexes, les lieux sont très spécifiques et en tant que lecteur on voit bien les enjeux de chacun. Ce que je n’ai personnellement pas vu en revanche, c’est l’intérêt de faire passer le lecteur par toutes ces étapes qui n’en finissent plus, sans que cela ait la moindre incidence sur le récit. Pour tout dire, je me suis beaucoup ennuyée durant la lecture de ce roman, et je pense que c’est ce qui m’a tellement déçue. Je n’ai vraiment pas compris l’intérêt pour les personnages de traverser toutes ces épreuves et de passer par tellement de paysages différents. J’ai attendu un moment après la lecture de ce roman en espérant qu’une fois décantée, l’action prendrait sens à mes yeux, mais non. J’en retire vraiment l’impression que l’auteur voulait simplement partager avec nous une série de portraits – de personnages, de lieux et de milieux sociaux – mais sans avoir vraiment réfléchi à comment les relier entre eux.

Je ne voudrais pas que vous vous mépreniez : la galerie de portraits que nous propose Dan Vyleta dans ce roman est très réussie. J’ai notamment particulièrement apprécié l’évolution du personnage de Julius, ainsi que le portrait de la ville de Londres, présentée unanimement comme la ville de tous les vices.

Ce que je reproche souvent aux romans, c’est de mettre en scène des décors ou des personnages sans épaisseur voire interchangeables. Ici ce n’est clairement pas le cas et c’est bien ce qui fait la force de ce roman. Simplement, pour moi, c’est loin d’être suffisant. J’attendais de ce roman une véritable réflexion et pas simplement un voyage. Et surtout, surtout, j’ai été déçue de voir à quel point l’action était superficielle alors qu’il y aurait eu matière à faire tellement plus.

Je serais vraiment curieuse d’avoir votre avis sur ce roman parce que vraiment, j’ai été très désarçonnée par cette lecture !

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Passionnée de lecture et de cuisine, j’adore voyager main dans la main avec les héros d’un roman. J’ai toujours un livre dans mon sac et mon téléphone à la main. Mon éternel compagnon d’aventure dans toutes mes lectures ? Une grande tasse de thé fumante !
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