Dragons 3 : Le monde caché - Un point final (presque) à la hauteur

16/03/2019

Titre : Dragons 3 : Le monde caché

Réalisateur : Dean DeBlois

Avec : Donald Reignoux, Florine Orphelin, Féodor Atkine, ...

Genre : Animation, aventure

Durée : 1h44

Nationalité : Américain

Sortie : 6 février 2019

Résumé : Harold est maintenant le chef de Berk aux côtés d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonné l’existence. Alors que leurs véritables destins se révèlent, dragons et vikings vont se battre ensemble jusqu’au bout du monde pour protéger tout ce qu’ils chérissent.

Peu importe le média utilisé, conclure une saga n’est jamais une chose aisée à faire. C’est le point final dans lequel auteurs comme réalisateurs mettent leur ultime force dans la bataille pour terminer leur œuvre en beauté mais aussi la faire perdurer dans la mémoire collective. La récompense ultime pour une licence cinématographique à succès, c’est de vous faire verser une larme d’émotion, parce que des adieux au cinéma, ça doit forcément être déchirant. Pendant près d’une décennie, le projet Dragons, porté par le réalisateur Dean DeBlois, n’a cessé de nous surprendre en devenant l’une des sagas les plus populaires et rentables d’Hollywood. Une aubaine pour les studios Dreamworks qui peinent toujours à rivaliser avec le mastodonte Disney. 2019 signe la fin des aventures d’Harold le viking rêveur et de son dragon Krokmou avec le dernier volet de la trilogie, Dragons 3 : Le monde caché. À la lumière des premières affiches et de la bande-annonce, on s’attendait forcément à des au revoir émouvants avec notre duo d’éclopés et leur univers fabuleux. Mais était-ce vraiment à la hauteur des précédents opus ?

Après les événements terribles de Dragons 2, Harold et Krokmou, devenus respectivement les chefs de leurs semblables, tentent de préserver leur mode de vie où dragons et vikings cohabitent paisiblement ensemble. Avec leur bande d’amis, ils s’opposent régulièrement à divers chasseurs de dragons, libérant et recueillant ces derniers dans la ville de Beurk, devenue le sanctuaire des dragons. Mais la surpopulation de dragons cause beaucoup de dégâts dans la petite ville. Pire encore, leur action de sauvetage les met dans le collimateur d’un dangereux chasseur de dragons qui ne désire qu’une chose : rajouter une Furie nocturne à son tableau de chasse. Acculé de tous les côtés entre ses responsabilités de chef et ses envies d’évasion et d’aventure, Harold va devoir faire ses preuves et des choix cruciaux concernant l’avenir des siens.

A titre personnel, mon histoire avec cette saga est à l’image de la relation entre Harold et Krokmou : BEAUCOUP de méfiance avant l’adoration. Il faut dire que la formule du réalisateur Dean DuBois est d’une efficacité redoutable, qu’il a su exploiter intelligemment. En effet, malgré des schémas narratifs assez similaires, les 3 films se différencient par une évolution constante des personnages et de leur situation. Le premier film fut une belle et agréable surprise, introduisant un univers vikingesque peuplé de dragons dans une intrigue initiatique et symbolique. Le second métrage fut une claque monumentale aussi bien visuellement, avec une animation époustouflante et de grande qualité, que narrativement, en optant pour une intrigue beaucoup plus adulte. L’excitation était de mise pour le 3ème, qui vient achever l’évolution d’Harold. Nous avons eu l’enfant et l’ado, voici venu le temps de l’adulte.

Le film est prometteur dès les premières minutes en se lançant dans plusieurs sous-intrigues ou thématiques, mais qu’il peine à exploiter. Et c’est le principal reproche que j’ai avec le film, il ne va pas au bout de ses idées et ne prend pas le temps de les explorer et surtout de les conclure. C’est d’autant plus flagrant avec les mésaventures de Krokmou. Là où le film se différencie de ceux qui le précèdent, c’est qu’il se centre un peu plus sur le dragon, ou en tout cas il essaye, par le biais d’une romance. La dynamique des autres films faisait d’Harold l’élément déclencheur de chaque changement dans l’univers, mais ici c’est le dragon qui est le moteur de l’action. Une bonne idée en soi mais qui est maladroitement mise en place et exploitée. L’intrigue manque de scènes fortes et décisives où le dragon se retrouve déchiré entre sa loyauté et ses désirs.

Le constat est le même en ce qui concerne le « monde caché ». La promesse du titre n’est pas respectée, car la quête d’une nouvelle terre où dragons et hommes vivraient en paix n’est clairement pas la priorité du film, vu la manière dont il survole les questions qu’elle soulève. Je pourrais citer d’autres sous-intrigues mineures, délaissées par le scénario et qui auraient mérité plus d’attention si le film avait duré plus longtemps. Car c’est son autre point faible, il est trop court, une demi-heure aurait largement suffi à conclure presque toutes ces intrigues.

En contrepartie de ces inconvénients, le film jouit de plusieurs autres atouts concernant la mise en scène. Même si le film est beaucoup moins spectaculaire que le précédent, il reste visuellement et artistiquement beau grâce à un travail esthétique et graphique recherché, qui n’a cessé de s’améliorer au fil des films au lieu de se reposer sur ses acquis. Que ce soit le chara-design des personnages et des dragons, dont on découvre de nouvelles espèces et aptitudes, ou les décors et environnements imaginés, tout est fait avec minutie. L’animation, toujours plus fluide, fourmille d’informations et de détails, ce qui donne lieu à de magnifiques scènes totalement muettes où tout repose sur l’image et la musique. Le jeu des couleurs et de la lumière rend certains moments magiques et oniriques, comme les fameux ballets volants de séduction de notre ami ailé, ou la découverte du monde caché. Ce sont d’ailleurs les plus belles scènes du film.

En ce qui concerne les personnages, ils restent fidèles à eux-mêmes. Harold est bien le fils de son père, toujours aussi déterminé et buté. Malgré ses nouvelles fonctions, il reste le garçon rêveur et ingénieux des premiers films. Toujours aussi attachant, même si ses hésitations et ses doutes sur lui-même, c’était un peu du déjà-vu. Son déni face aux réalités de l’avenir qui se profile en dit long sur ses réticences à endosser pleinement son rôle, ce fameux passage de l’enfant à l’adulte, illustré par ses interactions avec les habitants de Beurk, Krokmou et surtout Astrid. Astrid, qui est très présente et qui a toujours les bons mots pour le remotiver. Nous assistons au renforcement d’un couple aux fondements solides, mais aussi d’un duo de dirigeants dévoués. J’ai adoré voir l’importance que pouvait avoir cette jeune fille en tant que coéquipière et compagne d’Harold. Ne dit-on pas que derrière chaque grand homme se cache une femme ? Le film rend justice à ce proverbe.

Le constat est le même pour Krokmou qui, au contact de cette belle Furie nocturne, voit le champ des possibles s’élargir, même si son évolution est beaucoup moins palpable que pour Harold. La scène de la parade en dit beaucoup sur ce personnage. C’est un dragon domestiqué (un mix entre le chien et le chat, il faut le dire) et influencé par l’homme ; sa relation avec Harold le rend unique en son genre, il est son foyer et sa famille. L’apparition de la Furie nocturne vient bouleverser cet équilibre. Mais lorsqu’on se penche sur les personnages secondaires, c’est une autre histoire. Les compagnons de route d’Harold restent drôles et hilarants à suivre mais ils tirent un peu trop sur la corde de l’humour et de la débilité. Quant aux parents d’Harold, leur importance dans l’intrigue est inégale, avec une mère beaucoup trop effacée comparé au souvenir du père qui est omniprésent.

Mais que serait Dragons sans un bon vilain ? C’est aussi une des réussites de la saga : avoir construit de bons antagonistes. Grimmel, le chasseur de dragons le plus compétent et effrayant du nord, est d’un charisme et d’une perfidie redoutables. Il est rusé, manipulateur et déterminé dans sa quête de trophée. On est bien loin des vilains sans cervelle, bêtes et méchants, auxquels sont accoutumés les jeunes spectateurs. Mais à l’échelle de la saga, je l’ai trouvé moins effrayant que son prédécesseur, que ce soit en termes d’intensité ou de puissance de nuisance.

En conclusion, Dragons clôt dignement sa trilogie. À la manière d’un chef d’orchestre, le réalisateur Dean DeBlois a misé sur  un final cohérent dans son ensemble. Là où le deuxième film se reposait sur un visuel spectaculaire et un récit épique et dantesque, Dragons 3 : Le monde caché, recentre son propos sur une intrigue plus intime. Le réalisateur et son équipe ont insufflé à ce dernier film tout ce qui a fait de cette saga un succès. Des personnages drôles et attachants en constante évolution, un univers riche et foisonnant, qui invite à l’aventure, sans oublier une musique inoubliable et une animation qui ne cesse de s’améliorer. Dragons 3 n’est pas parfait mais malgré les points cités plus haut, il reste une bonne conclusion et un film divertissant rempli de bonnes intentions. Comme pour la licence Toy Story, le temps a joué en la faveur de Dragons. En une décennie, à l’image d’Harold, de nombreux jeunes spectateurs seront devenus de jeunes adultes, laissant l’innocence de l’enfance et la fougue de l’adolescence derrière eux et prêts à affronter cet inconnu qu’est l’avenir. C’est ce que je trouve le plus beau dans la conclusion d’une saga, constater le chemin parcouru. Si ce n’est pas déjà fait, allez voir ce film.

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Hello !!! Moi c’est Greycie alias Satshy. Comme la plupart de mes camarades, je n’ai pas reçu non plus de lettre pour Poudlard mais les Vacances au Camps des sangs-mêlés dans le bungalow d’Athéna me semblaient plus attrayantes ^^
Enfant des années 90, née sous le signe du taureau et du mouton (calendrier lunaire), je suis du genre déterminée et espiègle. Etudiante en Master cinéma, je me définis comme une enthousiaste. Dès que j’ai une passion, je m’y livre à fond (cheval, cuisine, manga, Japon, voyage, danse classique, etc.), tout y passe depuis deux décennies. Je suis donc une touche à tout mais la passion qui accapare tout mon temps actuellement (et pour longtemps), c’est la littérature. Romance, fantasy, BD, contemporain, manga, historique, science-fiction, … Je lis, que dis-je, dévore de tout ; avec une nette préférence pour le genre dystopie et le young adult. Couplé avec le cinéma, c’est le combo gagnant pour s’évader vers d’autres horizons.
Mes bouquins préférés sont la saga « Percy Jackson » avec les « Héros de l’Olympe » de Rick Riordan ainsi que « Orgueil & préjugés » de Jane Austen. Côté séries, ce sont Once Upon a Time et Outlander et pour le 7ème art la Saga Star Wars et l’adaptation encore une fois de Orgueil et préjugés de 2005.
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